L. V, ch. V
entraient en franchise ; les droits sur les produits fabriqués étaient modérés.
Le commerce a-t il souffert de ce régime et l'industrie française a-t-elle succombé sous la concurrence ?
Augmentation moyenne annuelle 1827 1859 1881 de 1827 de 1859
Commerce spécial :
(millions de francs)
Importations .... 414 1.641 .4.863 38 146 Exportations .... 507 2.266 3.561 55 59
Production :
Agriculture: Froment .57 87 99 0.9 0.5
(millions d' hectolitres) Industrie: Fonte . . . 220 864 1.886 20 46
(millions de tonnes)
Consommation :
(1831) Coton (millions de kil.) . 28 82 109 1.7 1.2
Laine importée (millions
de kil.) 4 39 138 1.1 4.5
Soie importée (millions
de kil.) 14 802 1.961 28 53
Houille (millions de tonnes) 2.298 12.418 28.440 316. 728
Ce tableau n'a pas besoin d'un long commentaire. Il fait voir avec évidence que pour ces articles (moins deux) qui donnent l'accroissement de plusieurs branches de l'activité économique, choisies parmi celles qui sont le mieux comparables, cet accroissement a été en moyenne annuelle plus rapide, beaucoup plus rapide même pour plusieurs, dans la période 1853-1881 que dans la période précédente. Dans le commerce spécial il Ta été plus à l'importation qu'à l'exportation : c'était un grief pour les protectionnistes. Sans douté ce n'a pas été sans de grands efforts, sans des souffrances et même des ruines individuelles que la transformation s'est opérée, surtout dans l'industrie cotonnière et métallurgique. Il a fallu un outillage nouveau et plus coûteux, il a fallu se résigner à de moindres profits sur chaque unité produite ; les établissements qui étaient à la limite du moindre profit n'ont pas pu résister. Mais quanta l'industrie tout entière, que penser de la prédiction de Thiers qu'on « verrait tomber en un instant la prospérité du pays » ?