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l'année entière ; la Conférence permanente du commerce extérieur (président: M. deCoutouly), dont le caractère est libre-échangiste. La Fédération des industriels et commerçants(président : M.Lebon) traite des questions pratiques et défend les intérêts du commerce. En province la Société des études économiques de Marseille, qui date de 1896 et qui combat le protectionnisme douanier, est au nombre des plus actives. En 1910 s'est fondée à Paris, en vue de lutter contre les envahissements du protectionnisme, une Ligue du libre échange dont le président effectif est M. Yves Guyot.

QUATRE PROFESSEURS CONTEMPORAINS, AUTEURS DE TRAITÉS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.

Les quatre maîtres dont nous résumons en dernier lieu l'opinion sur la théorie du commerce et sur la politique douanière sont des professeurs de l'enseignement supérieur, auteurs de traités complets d'économie politique, qui ont su par conséquent mettre cette partie de la science et de l'art en harmonie avec l'ensemble de leur conception du monde économique.

M. Paul Cauwès.— M. Gauwès (Cours d'économie politique, 3e édition, 1893)'défend le protectionnisme contre les arguments du libre-échange. D'ailleurs il ne s'y attache pas comme à un dogme absolu et à une forme permanente ; il le prend en disciple de l'école historique, comme une transition entre l'âge agricole, auquel le libre-échange convient et l'état industriel. « Cette universalisation de la production industrielle est un des plus grands faits économiques de notre époque. Mais peutil s'accomplir sous le régime de la liberté ? » M. Cauwès ne saurait admettre, avec Ricardo et Bastiat, qu'il soit toujours avantageux de s'approvisionner là où les produits coûtent le moins ; il objecte que les produits ne s'achètent pas toujours avec des produits, qu'ils peuvent s'acheter avec les capitaux du pays importateur et appauvrir ainsi ce pays ; d'ailleurs, quand le paysfort auraruiné l'industriedupays faible par des importations à vil prix, il deviendra maître du marché et vendra cher. Enfin c'est moins le produit d'aujourd'hui que la force productive du pays dans l'avenir qui doit préoccuper le politique prévoyant. « Sans doute les nations doivent s'enrichir par le commerce réciproque; mais avant tout elles ont à vivre et à progresser; dans ce but il faut arriver aux moyens de développer les forces productives... Un accroissement de richesses serait peu de chose s'il devait être acquis au détriment du développement progressif de la puissance industrielle. » Comme List il pose en principe que les « nations normales » sont des organismes complets, c'est-à-dire que chaque nation doit, pour

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