‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 202 sur 266 · vol. in · texte numérisé non relu

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porlalion surtout, procure à un pays : approvisionnement en marchandises que ce pays ne peut pas produire ; garantie contre la disette accidentelle ou contre l'insuffisance permanente quand vient à manquer une marchandise que ce pays produit ordinairement ou quand sa production ne saurait suftire à la consommation ; stimulant pour les producteurs nationaux, qui résulte delà concurrence des producteurs étrangers et qui a pour effet de hâter les perfectionnements industriels et agricoles et de mettre obstacle à une hausse factice des prix et à des coalitions de producteurs ; division du travail développée par le commerce extérieur à mesure que le marché est plus vaste ; économie pour le pays importateur qui se procure à bon marché des marchandises qu'il produirait plus coûleusement. La liberté du commerce est plus nécessaire aux petits Etals et aux Etats spécialement agricoles qu'aux grands Etats où la production est très variée. La France, quoiqu'elle soit un grand Etat, est loin de produire toutes les marchandises dont elle a besoin ; aussi est-elle au nombre de ceux auxquels une certaine liberté commerciale est nécessaire.

Le libre-échange absolu suppose un état de paix et de concorde entre toutes les nations du monde ; tant que l'hostilité reste flagrante entre les grands pays, il ne peut être question de libre-échange absolu et Ton ne peut s'y acheminer que par étapes successives. D'ailleurs, avec les budgets actuels, les douanes sont une ressource nécessaire aux gouvernements. C'est une raison pour ne pas imposer des droits trop forts qui arrêtent l'importation. « L'art économique conseille un système douanier libéral, des droits d'entrée modérés concentrés sur le moindre nombre d'objets possible. » Le système autonome, enfermé entre le tarif général et le tarif minimum, est c antisocial et plus instable que celui des traités de commerce ». Il importe d'accroître simultanément l'importation et l'exportation et à cet effet les traités de commerce sont recommandables.

Quand on calcule le total du commerce du monde, on trouve que la somme des importations est supérieure à celle des exportations ; résultat logique, puisque la valeur de la marchandise importée est accrue des frais de transport. La balance économique qui comprend la totalité des créances et des dettes d'un pays est plus exacte que la balance du commerce qui ne comprend que l'importation et l'exportation des marchandises ; il y a aujourd'hui de par le monde un grand et continuel essaimage de capitaux. Les métaux précieux ne sont pour ainsi dire qu'un appoint ; un pays dont la circulation fiduciaire est largement constituée n'a pas besoin, comme la France, d'une très grande quantité de monnaie métallique.

Il est naturel que l'Angleterre ait un excédent d'importation qu'elle paie avec le revenu de ses capitaux placés à l'étranger, de même que les Etats-Unis paient avec l'excédent de leur exportation l'intérêt des

capitaux que les étrangers ont placés chez eux... Les Etats-Unis ont un marché intérieur si étendu qu'ils peuvent plus facilement que d'autres Etals se passer dans beaucoup de cas du stimulant de la concurrence étrangère. Un pays dont le territoire est petit a plus besoin de recourir au commerce extérieur qu'un grand pays. Aussi conseillet-on avec raison à l'Europe les unions douanières.

Le libre-échange est une question d'application complexe. L'économiste doit distinguer la science et l'art. « Ce qu'enseigne la science, c'est que l'extension du marché, de la division du travail et de la concurrence procure une forte augmentation de la productivité humaine et que ces trois conditions influent en même temps sur la régularité de la production. »

« Quand les douanes intérieures ont disparu, le pays dans son ensemble y a gagné, mais il y a des régions qui ont perdu et où la population a diminué. De là vient que le libre-échange absolu peut parfaitement avoir été utile à une nation et ne pas l'être nécessairement à toutes ; mais toutes doivent s'efforcer néanmoins de s'assurer, autant que les circonstances le permettent, les précieux avantages qui résultent d'un grand marché universel, de la division universelle du travail et de la concurrence internationale. »

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