PREMIÈRE PARTIE Importations
A. — Importation de denrées alimentaires.
1° L'importation du blé (en grains et en farines) avait été, jusqu'en
1. Pour tous les articles, nous ne mentionnons, à l'importation et à l'exportation, que les marchandises qui occupent les premiers rangs.
1845, inférieure à 3 millions d'hectolitres ' et même le plus souvent à 2 millions. La très mauvaise récolte de 1846 l'a fait monter tout à coup à 5 millions en 1846 et à 10 en 1847. Elle est retombée ensuite et ne s'est relevée qu'à l'époque des mauvaises récoltes de 1853 et 1855. En 1856 elle a atteint près de 9 millions d'hectolitres. La suspension de l'échelle mobile, qui était un grand obstacle au commerce des céréales, facilita alors cette importation. Une mauvaise récolle (1860) nécessita une importation de près de 13 millions 1/2 d'hectolitres en 1861. A partir de 1867 l'importation annuelle devint en général plus forte. El même, après la désastreuse année 1871, elle remonta subitement à 14 millions. L'augmentation a été bien plus considérable encore à la suite des récoltes relativement médiocres de 1875-1878 terminées par la désastreuse récolte de 1879 \ En 1879 l'importation a atteint le chiffre de 29.800.000 hectolitres. De 1878 à 1884, en six ans, l'excédent de l'importation sur l'exportation a été de 123 millions d'hectolitres, quantité qui équivaut à celle d'une très bonne récolte aujourd'hui. Les agriculteurs ont été effrayés de cette grande importation américaine qui a coïncidé avec une longue période de bas prix des denrées agricoles. Ils ont instamment réclamé pour se défendre et ils ont obtenu un. droit à l'importation du froment, d'abord de 3 francs en 1885, puis de 5 francs en 1887 et de 7 francs à partir de 1894. De 1880 à 1894 l'importation n'est descendue que trois fois (1884-1886) au-dessous de 10 millions, tandis qu'elle s'est élevée à 27 1/2 et à 26 millions en 1891 et en 1892, années de mauvaise récolle pendant lesquelles il a fallu suspendre la perception du droit de douane sur le blé. En 1899, à la suite aussi d'une mauvaise récolte, l'importation a dépassé 26 millions. De 1900 à 1909 elle s'est maintenue très bas, entre 5 millions d'hectolitres et 1 million.
Mais la mauvaise récolte de 1910 qui laisse un déficit d'environ 20 0/0 relativement à la moyenne des cinq années précédentes nécessite à la tin de 1910 et en 1911 une forte importation.
La valeur moyenne annuelle de toutes les céréales (blé et autres) importées a été par périodes décennales :
Commerce spécial (millions de francs).
1. La France ne produisait pourtant guère plus de 60 millions d'hectolitres en moyenne de 1827 à 1847 ; la population était d'environ 35 millions.
2. La récolte n'a été que de 63 millions d'hectolitres, alors que la moyenne de 1876 à 1885 a été de 95 millions d'hectolitres.
3. Il y a comme contre-partie une exportation de céréales (23 millions en 1887- 1896).
Si l'on considère le froment seul, on trouve les résultats suivants vers la fin du règne de Louis Philippe, du second Empire et dans les deux années 1908 et 1909:
En 1846 l'importation du blé a été forte (la récolle de 1840 ayant été, avons-nous dit, très mauvaise) : 4.809.000 quintaux valant % millions de francs. Elle provenait des États Sardes, de la Turquie, de l'Allemagne.
En 1869 elle a été de 1.338.000 quintaux valant 31 millions 1/2, provenant de Turquie, de Russie, d'Allemagne, d'Italie.
En 1908 l'importation de froment a été de 749 000 quintaux valant 18 millions.
En 1909 elle a été de 1 million 1/2 de quintaux valant 35 millions 1/2 de francs et de 43.670 quintaux de farine valant 1.608.000 francs. Celle importation provenait surtout de l'Algérie (1.135.000 quintaux), de la Tunisie (179 .600 quintaux), de la Russie, d'Aulriche-Hongrie.
Si l'on considère l'ensemble on trouve que l'importation totale des céréales (commerce spécial) a été de 9 millions de quinlaux valant 174 millions de francs en 1908 et en 1909 de 12.800.000 quintaux valant 245 millions.
Celle importation est en parlie balancée par l'exportation : 5 millions de quintaux en 1908 valant 115 millions de francs et, en 1909, 4 à 6 millions valant 119 millions.
Sous le rapport de la valeur à l'importation, les autres céréales se classent aujourd'hui dans l'ordre suivant : maïs (42 millions en 1908), avoine (29), froment et farine (28), orge (14) '.
L'avoine (2 millions 1/2 de quintaux) venait de la Russie, de la République Argentine, de la Roumanie ; l'orbe (165.000 quinlaux) de Russie, de Roumanie ; le maïs (2.845.000 quinlaux) de la République Argentine, de la Russie, de la Roumanie 2. Ces trois articles avaient, en 1909, une valeur de 115 millions de francs. L'importation des États- Unis est devenue presque nulle.
Un mot de l'exportation dans les siècles passés ; sous l'ancienne monarchie, la France a été souvent exportatrice de blé ; elle ne l'est plus, du moins depuis 1880. Ce n'est qu'exceptionnellement (de 1849 à 1852, de 1858 à 1860, de 1864 à 1866) que l'exportation l'a emporté sur l'importation. Celle exportation a varié de 1890 à 1908 entre 101 .000 et 505 000 quinlaux ; dans la campagne 1908 1909 elle a été exceptionnellement de 927.000 quintaux à la suite d'une très forte récolte.
2° L importation des bestiaux, peu importante jusqu'au milieu du xixe siècle, a augmenté sous le second Empire et a été particulièrement forte après la guerre franco-allemande.