PROTECTORAT
En 1829 le total du commerce spécial de la France avec ses six colonies était de 117 millions (55 à l'importation et 62 *a l'exportation, numéraire non compris).
En 1846 (y compris l'Algérie) il était de 162 millions (58 à l'importation et 104 à l'exportation).
En 1869 ce total pour l'Algérie et huit colonies était de 365 millions (195 à l'importation, 170 à l'exportation). Il avait triplé en quarante ans, et il a augmenté de 242 millions.
En 1909 le total pour l'Algérie, la Tunisie et neuf colonies ou protectorats a été de 1.310 millions (610 à 1 importation et 700 à l'exportation). En quarante ans il a presque quadruplé, et il a augmenté de 945 millions.
Les quatre possessions les plus importantes sous le rapport du commerce sont: l'Algérie, la Tunisie, les territoires français de l'Afrique occidentale et l'Indo-Chine française. Nous avons fait connaître dans des chapitres précédents les progrès et l'état actuel de ce commerce. Il y a lieu d'en présenter ici un bref résumé, afin de mesurer la part relative des possessions françaises et celle de l'étranger dans l'ensemble du commerce de la France.
1° L'Algérie. — La valeur du commerce spécial de la France avec l'Algérie a été, année moyenne, par périodes décennales (millions de francs).
Périodes Imp. Exp. Périodes Imp. Exp.
LES IMUNCll'.U X CLIENTS DE LA i'KAMI «SI")
En 1867-1876 la moyenne décennale du commerce spécial avec la France élait de 2*26 millions, dont % à l'importation et 130 à l'exportation. En 1897- 1901) la moyenne avait plus que doublé : 508 millions. Les chilïres ont beaucoup augmenté encore dans les trois années suivantes, dont la moyenne, malgré la crise de 1907, est de 674 millions. Ils continueront à augmenter.
La métropole exporte plus en Algérie qu'elle n'importe d'Algérie. 11 en a toujours été ainsi ; la différence tend même à augmenter depuis une quinzaine d'années.
2° La Tunisie. — La valeur du commerce spécial de la France avec la Tunisie a été, en moyenne, par périodes décennales (millions de francs) :
Périodes lin p. Kxp.
En 1909 57 100
Les céréales, les phosphates, l'huile d'olive, les éponges ont été, avons-nous dit, les principaux articles de l'importation en France. La France expédie aujourd'hui en Tunisie beaucoup plus de marchandises qu'elle n'en reçoit.
3° L'Afrique occidentale française. — La Direction des douanes n'a engistré à part pendant longtemps que le commerce avec le Sénégal et établissements français de la Côte occidentale d'Afrique, lequel en effet n'était pour ainsi dire qu'un commerce côtier. Ce commerce (com merce spécial) n'était que de 4,3 millions en 1827-1836, de 8,8 en 1837- 1846, de 9,6 en 1847-1856 II a commencé à se développer sous l'Empire, surtout grâce à l'extension que Faidherbe a donnée aux relations du Sénégal : 17,2 millions en 1857-1866, 18,2 en 1867-1876, 26 en 1877- 1886. Le développement est devenu plus grand sous le régime de la politique coloniale de la République : 38 millions en 1887-1896, et 73 millions en 1897-1906. Les chiffres de l'année 1909 sont 162 millions dont 104 à l'importation en France et 58 à l'exportation.
4° L' Indo-Chine. — Dans la période 1877-1886 elle figurait encore au commerce spécial que pour 10 millions ; dans la période suivante de 1887-1896 le chiffre s'élevait déjà à 27, 8 millions ; il est monté à 96 (39 à l'importation en France, 57 à l'exportation) et en 1909 il a été de 171 millions, dont 99 à l'importation en France et 72 à l'exportation.
Ces quatre possessions françaises représentent à elles seules un total de 483 millions (243 à l'importation, 240 à l'exportation) en 1887-
1. Avant 188*1 le commerce de la Tunisie était confondu avec celui des Etats Barharesques.
1896, de 759 millions (346 à l'importation, 413 à l'exportation) en 1897- 1906; de 1.157 millions en 1909 (530 à l'importation et 627 à l'exportation), c'est-à-dire environ les trois quarts du commerce de la France avec ses possessions. En vingt ans leur commerce avec la France a plus que doublé.
Dans les possessions françaises, contrairement à ce qui a lieu pour les pays hors d'Europe, c'est l'exportation qui l'emporte. Mais elle l'emporte grâce surtout au privilège douanier que la loi a conféré depuis 1892 aux produits français importés dans les possessions françaises. Ce privilège, profitable aux exportateurs français, rend aux colons et aux indigènes la vie plus coûteuse. Mais ce ne sont pas les colons qui font les lois de douane.
Les autres colonies. — Le commerce des vieilles colonies sucrières a beaucoup faibli. A la fin de la Restauration et à la fin du règne de Louis-Philippe, la Guadeloupe, la Martinique et Bourbon se classaient au nombre des quinze principaux clients de la France. En 1869 et en 1909 elles n'y figurent plus 4. La suppression du travail servile, le changement de politique électorale et le progrès du sucre de betterave ont paralysé leur énergie productrice.
En 1909 leur commerce spécial avec la France ne s'élève qu'à 101 millions, à savoir : Martinique 31, Réunion 29, Guadeloupe 22, Guyane 19.
Avant elles se placent Madagascar et dépendances 45 millions, Saint-Pierre et Miquelon (y compris la grande pêche) 39.
Les périodes du commerce des possessions françaises. — Le groupe des possessions françaises d'outre-mer, qui avait eu une part importante dans le commerce extérieur de la France vers la fin de l'ancien régime, en a pris de nouveau une très importante sous la troisième République. Après avoir donné quelques détails sur chaque possession, il est utile de résumer par périodes l'accroissement de ce commerce.
Vers la fin de la Restauration, en 1829, le commerce des colonies * avec la France était de 132 millions au commerce général (65,1 à l'importation, 66,7 à l'exportation) et de 119 millions au commerce spécial (55,7 à l'importation et 63 à l'exportation).
Vers la fin du règne de Louis-Philippe, en 1846, le commerce de l'Algérie et des colonies avec la France était de 174 millions au commerce général (89,8 à l'importation, 84,5 à l'exportation) et de 146 millions au commerce spécial (71,3 à l'importation et 75,4 à l'exportation .
Vers la fin du second Empire, en 1869, le commerce avec la France de l'Algérie et des colonies, dont le nombre avait augmenté (12 grou-