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Le chiffre était de 29 millions

mère libres sans le vœu préalable, libre et spontané des colonies, mais que les gens de couleur nés de père et mère libres seront admis dans loutes les assemblées paroissiales et coloniales futures, s'ils ont d'ailleurs les conditions requises » ; puis, par une instruction spéciale, l'Assemblée fit savoir que ce décret ne dérogeait en rien au décret du 8 mars 1790. Le 24 septembre 1791, elle abrogea le décret du 15 mai et décida que le régime intérieur des colonies appartiendrait entièrement aux assemblées coloniales.

L'Assemblée Législative supprima (11 août 1792) la prime à l'exportation des noirs qui avait été établie en 1784. Elle accorda le droit de suffrage à tous les hommes libres, blancs et mulâtres (28 mars 1792) et décréta (22 août 1791) que les colonies enverraient des députés à la Convention.

Le Ifi pluviôse an II (4 février 1794), un député de Saint-Domingue, homme de couleur, vint exposer les souffrances des esclaves. Aussitôt des députés, Levasseur de la Sarlhe, le premier, demanda que, fidèle à la Déclaration des droits de l'homme, la Convention décrétât •< dès ce moment que l'esclavage est aboli sur tout le territoire de la République ». L'abolition de l'esclavage fut immédiatement votée par acclamation '. L'Assemblée eut le tort de le faire sans prévoir aucune mesure de transition ni d'indemnité pour les propriétaires d'esclaves. Elle eut le tort aussi, par une exagération du principe de l'unité nationale, d'insérer dans la Constitution de l'an III un article portant que les colonies, « faisant parties intégrantes de la République, sont soumises à la même loi constitutionnelle et divisées en déparlements ».

Cependant des troubles entre blancs, qui voulaient être seuls les maîtres, et hommes de couleur libres, qui réclamaient l'égalité des droits, avaient ensanglanté Saint-Domingue depuis 1790; les esclaves massacrèrent des colons. Pour les calmer, le commissaire de la Convention avait proclamé l'émancipation (31 octobre 1793) avant même le décret de l'Assemblée. Mais les blancs appelèrent les Anglais et les Espagnols à leur secours ; l'anarchie fut complète. Par le traité de Bâle (1795) l'Espagne céda à la France la partie orientale de l'île d'Haïti et le calme se rétablit à peu près sous l'administration de Toussaint Louverture qui chassa les Anglais de Port-au-Prince (1795) et d'autres places.

La rguerre venait d'être déclarée à l'Angleterre. La Convention ouvrit aux navires des Etats-Unis (19-21 février 1793) tous ses ports

1. La Constitution du 24 juin 1T93 porte: Art. 2. « Ces droits sont l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » Art. 3. « Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi. » La Constitution du o fructidor an III reproduit (art. 1") l'article 2 de 1793. L'article 15 porte : « Tout homme peut engager son temps et ses services, mais il ne peut se vendre ni être vendu ; sa personne n'est pas une propriété aliénable. »

des colonies que la marine française ne pouvait plus approvisionner. En 1793, les Anglais appelés par les planteurs hostiles à l'émancipation, s'emparèrent de la Martinique (22 mars 1794) et de la Guadeloupe (21 avril). Dans cette dernière île, les habitants, hommes libres et anciens esclaves auxquels les commissaires de la Convention vinrent annoncer leur libération, prirent les armes et, après sept mois de lutte, ils expulsèrent les Anglais. Cette colonie commençait à se ranimer à la fin du xvine siècle.

Dans l'Océan indien, à la Réunion (île Bourbon), et à l'Ile de France, l'assemblée coloniale ne laissa pas même publier le décret d'émancipation et il ne se produisit pas de désordres.

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