‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 34 sur 266 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

1806, 3 mois.

tait la cour. Paris donnait plus que jamais la mode aux salons, même à l'étranger. Le commerce suivait la victoire.

Deux expositions de l'industrie pendant le Consulat et une sous l'Empire, en 1806, cette dernière beaucoup plus brillante que les précédentes, témoignèrent du progrès de l'industrie, particulièrement des industries de la filature mécanique et du tissage. Lyon occupa jusqu'à 12.700 tisserands avant la crise de 1812 ; Tours, Nîmes, Avignon employaient ensemble 20.000 ouvriers au tissage de la soie. Reims produisait plus qu'au temps de Louis XVI. Ses fabriques, ainsi que celles de la Normandie et de l'Alsace, se trouvaient sur le même marché, sans être séparées alors par aucune barrière de douanes et ne paraissaient nullement incapables de soutenir la concurrence les unes des autres, non plus que la concurrence de la Belgique devenue française. Une note administrative de la fin de 1806 signalait ainsi cet état prospère : « La situation des manufactures est dans ce moment aussi heureuse qu'on peut le désirer ; celles qui travaillent dans les lainages et la draperie sont dans une activité constante ; les produits qui en résultent obtiennent toujours le succès. Quelques-unes ont fait de grands progrès, surtout les étoffes rares, les casimirs (Belgique, Amiens, Abbeville, ci-devant Languedoc). Les filatures, fabrication d'étoffes et de bonneterie, prennent un tel accroissement que bientôt on signalera avec la plus grande surprise le peu de temps qui s'est écoulé depuis l'institution des premiers établissements en ce genre. »

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