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LES VOIES DE COMMUNICATION

Sommaire.— Le nouveau régime (103). —Les routes royales et les routes départementales (104). — La canalisation (105). — Les premiers bateaux à vapeur (106). — Les premières voies ferrées (106).

Le nouveau régime. — Les Bourbons rentraient en France, ramenés par les armées étrangères qui campaient sur son territoire et y vivaient comme en pays ennemi. La France les avait pour ainsi dire oubliés et ils ne pouvaient pas y devenir populaires puisqu'ils représentaient en quelque sorte la négation de toute la transformation sociale qu'avait opérée la Révolution et à laquelle était façonnée et attachée la génération présente. Leur restauration, dont le souvenir était inséparable de celui de l'invasion, affligeait le patriotisme des Français et blessait leur orgueil. Ils ne pouvaient se faire pardonner leur origine que par un double bienfait dont la France avait été privée sous l'Empire : la paix et la liberté.

Ils donnèrent en effet la paix. La liberté, quoique très gênée encore, eut plus de champ sous un gouvernement constitutionnel. Mais ce gouvernement, quelle que fût la tendance alternative des ministères libéraux ou cléricaux, n'eut pour fondement de son pouvoir que la base étroite d'une noblesse impopulaire et ignorante des besoins nouveaux et d'une bourgeoisie opulente, propriétaire du sol ou manufacturière.

L'administration resta ce que l'Empire l'avait faite. Mais la politique intérieure prit une autre direction. Les lois douanières, par exemple, bien que semblables à plusieurs égards à celles de l'Empire par leurs effets, furent inspirées par un tout autre esprit.

Le traité de Paris du 30 mai 1814 avait resserré la France dans ses limites de 1792 (en lui laissant cependant en outre Mulhouse, Montbéliard, Annecy et Chambéry en Savoie) et lui avait rendu une partie de ses colonies (moins l'île de France, les Seychelles, Tabago et Sainte- Lucie). Après les Cents jours et la seconde invasion de la France, le traité du 20 novembre 1815 resserra encore davantage la frontière, en séparant de la France Philippeville, Marienbourg, Bouillon, Sarrelouis, Landau et les villes de Savoie.

La Restauration, qui était impopulaire en 1814, le fut plus encore après 1815 et les excès de la Terreur blanche. L'occupation du territoire français parles armées alliées n'était pas de nature à lui concilier les esprits ; cette occupation ne cessa que par le traité d'évacuation du 9 octobre 1818, négocié par le duc de Richelieu. La liquidation des dettes de la guerre, l'indemnité aux alliés, l'occupation et l'évacuation avaient coûté en tout environ 2 milliards de francs.

Cependant la première Chambre des députés, quoiqu'élue par le même corps électoral que sous l'Empire, fut ultra -royaliste et mérita le surnom de <« Chambre introuvable ». L'Ordonnance du 5 septembre 1816, qui en prononça la dissolution, inaugura une politique fermement royaliste, mais plus modérée, et également modérée, suivant l'expression du ministre comte Decazes, « pour ceux qui venaient au roi par la Charte ou à la Charte par le roi ».

L'assassinat du duc de Berry (13 février 1820) fit tomber le pouvoir des mains des libéraux et ramena au pouvoir les ultra-royalistes, qui le gardèrent sous Louis XV1I1 et sous Charles X pendant dix ans, sans autre interruption que le court ministère Martignac. La conversion de la rente en 3 0/0, qui est restée incomplète, l'organisation de la comptabilité du Trésor, sont avec la longue série des lois de douanes qui ont constitué le tarif protectionniste, les principales mesures de nature économique à signaler durant cette période. Elles ont moins préoccupé l'opinion que les mesures politiques, comme les lois sur la presse et les débats sur les questions religieuses.

Les routes royales et les routes départementales. — L'Empire qui avait beaucoup fait pour la construction des grandes routes, en avait négligé l'entretien pendant les dernières années. Ces routes s'étaient de nouveau détériorées et la campagne de France en 1814 leur avait été funeste ; un grand nombre de ponts avaient été détruits. Il restait à la France après les traités de 1815 environ 33.000 kilomètres de routes royales dont moins de 30.000 étaient ouvertes et dont 12.000 à peine étaient en état suffisant d'entretien.

La Restauration s'efforça de réparer le mal ; mais ses ressources à cet effet étaient très limitées. Le gouvernement put cependant fournira ce service en quinze ans un total de 302 millions, dans lequel ne sont pas comprises les dépenses de la voirie parisienne. Les 30.000 kilomètres furent rendus à peu près praticables et le nombre de kilomètres en état suffisant d'entretien fut porté de 12.000 à 18.000. Une trentaine de ponts furent construits ou reconstruits au moyen de fonds spéciaux et d'emprunts (lois du 5 août 1821), sans compter ceux qui furent entrepris sur les fonds ordinaires du budget. Une vingtaine d'autres ponts furent l'objet de concessions faites à des particuliers moyennant péage.

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