Moniteur de 1831, p
2. Lois du 9 et du 27 février 1832. Déjà la loi du 18 avril 1831 avait autorisé le roi à étendre par ordonnance le transit et l'ordonnance du 29 avril 1831, relative au transit et aux entrepôts, avait été rendue. Le rapport de la- commission, rédigé par Coulmann, fut favorable au régime libéral (Moniteur de 1831, p. 2337). A. la Chambre un député protectionniste, Pulchiron, affirma que le transit des soies unies serait préjudiciable à l'industrie lyonnaise ; comme on lui fit observer que ce transit existait depuis 1818, il eut l'impudence de répliquer: «Je n'ai qu'un mot à répondre, c'est que Lyon en meurt. »
C'est ainsi que la passion écrit l'histoire.
3. Voir Amé, Elude économique sur les tarifs dédouane et sur les traités de commerce, t. 1er, p. 183. En 1831 et 1832, la France « n'étant plus liée par les liens de famille », dit un ministre, put négocier des traités de commerce avec le Mexique et le Guatemala : elle en négocia avec les Etats-Unis, avec des Etats allemands pour la libre navigation du Rhin.
par des manufacturiers ou par des hommes engagés la plupart, par eux-mêmes ou par leurs électeurs, dans des intérêts industriels. Quand ces intérêts, qui ne concordaient pas toujours avec les intérêts généraux de la France, étaient attaqués, ils se déballaient avec énergie : c'était leur droit ; mais comme ils avaient la parole haute et qu'ils disposaient de nombreux votes dévoués à leur cause, ils balançaient souvent avec succès d'autres intérêts moins spéciaux et plus souvent fondés en justice : c'était un mal. On vit cette lutte se produire à diverses reprises, principalement sur les deux grandes questions du tarif des douanes et des voies de communication.
Le gouvernement s'était abstenu de proposer durant la première année de grandes mesures douanières, parce que les industriels avaient tout d'abord représenté le danger qu'il y aurait à compliquer les troubles politiques par des crises commerciales. Ils voulaient gagner du temps. Bientôt ils reprirent confiance : en 1832, il était déjà trop tard pour obtenir d'eux un bill de renoncement à soi-même. On le vit bien lorsque sous le ministère Casimir Périer, le comte d'Argout présenta, à la fin de l'année 1831, une loi sur les céréales qui, tout en maintenant l'échelle mobile, corrigeait les anomalies du barème des mercuriales de la loi de 1821.
La commission dont Ch. Dupin fut le rapporteur bouleversa le projet. La Chambre accueillit avec faveur un amendement qui modifiait dans un sens plus restrictif encore les modifications de la commission, et malgré les efforts de Duvergier de Hauranne et de Laborde, les manufacturiers se coalisèrent avec les propriétaires fonciers. « Ma conviction profonde, leur dit le baron de Saint-Cricq, est que le jour où la Chambre et le gouvernement auront abandonné la protection de l'industrie agricole, ce jour-là sera la veille de celui où ils abandonneront la production de tous les produits industriels. » Et l'amendement, qui laissait à peu près intactes les dispositions de 1821, fut voté à une majorité de 218 voix contre 24 '. Cette loi remplaçait seulement la prohibition par un droit presque prohibitif à l'entrée, rétablissait l'entrepôt fictif et réduisait la surtaxe sur les pavillons étrangers. Elle ne devait avoir d'effet que pour un an. En 1833 (26 avril), la Chambre la prorogea « jusqu'à la révision des tarifs »; la révision n'eut jamais lieu.
Les protégés étaient résolus à ne céder sur aucun point. Ils se sentaient forts. « Aucune société, disait le comte Jauberl à la tribune, ne peut se passer absolument d'aristocratie ; il en faut une à tous les gouvernements. Voulez-vous savoir quelle est celle du gouvernement de Juillet? C'est celle des grands industriels et des grands manufacturiers ; ce sont là les feudataires de la dynastie nouvelle. » Or, les manufacturiers, pénétrés de la même pensée que le baron de Saint-