‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 64 sur 266 · lbid., p · texte numérisé non relu

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tionale et de ne pas la troubler dans la possession de la consommation du pays. » Quand il présentait l'aVgument du salaire, il le faisait d'un ton menaçant : « Au roi que nous aimons, nous payons sans murmurer d'assez lourds impôts ; nous ne refusons pas nos fils à la patrie ; nos moyens de travail, respectez-les... Surtout souvenez-vous qu'un salaire abaissé a deux fois soulevé Lyon 4. »

« J'ai été appelé, ajoutait-il, en 1827, 1829, 1831, 1832 pour des changements aux tarifs des douanes, et me voilà en 1834 paraissant devant vous pour le même motif. Vous concevez qu'une industrie qui est toujours mise ainsi en jeu, qui est sans cesse menacée dans son existence, ne peut être progressive. Aussi pendant tout ce temps nos progrès n'ont pas été ce qu'ils devaient être. Nous n'avons pas acheté toutes les machines qui nous manquent encore pour arriver à la perfection. Si nous étions certains que cinq années se passeront sans un nouvel examen de cette question, nous travaillerions avec plus d'ardeur. Nous dirions à nos ouvriers : Le gouvernement veille sur vous ; vos salaires, il les a assurés de nouveau. »

Bon nombre de chambres de commerce dans le centre de la France, où l'intérêt manufacturier ne dominait pas, voyaient sans déplaisir une levée de prohibitions et demandaient seulement que la réforme fut lente et modérée.

Dans les places de commerce, les négociants exportateurs pensaient autrement que les industriels. « Tout le commerce rejette la prohibition », disait un négociant de Paris, Legros, qui proposait un droit de 25 0/0 ».

Les fabricants, plus déterminés pour la prohibition des tissus, parce qu'ils en vendaient, réclamaient des facilités d'entrée pour la houille et le fil, parce qu'ils en achetaient. « On a enté, avaient dit ceux de Lille dans une précédente enquête en 1832, la prospérité d'une industrie sur le malaise de toutes les autres. Des lois qui rendraient libres le commerce des charbons et celui des céréales feraient plus pour la marine française que tous les tarifs soi-disant protecteurs qui l'ont mise dans l'état où elle se trouve maintenant. Faudra-t-il que l'exploitation du principal moteur de l'industrie serve exclusivement à la fortune de quelques individus? s » La contradiction est flagrante ; mais l'antinomie se résout par la connaissance du mobile de l'intérêt personnel 4.

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