‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 70 sur 266 · Loi du 2 juillet · texte numérisé non relu

Loi du 2 juillet

2. La fabrication avait continué à se concentrer: il y avait 547 fabriques en 1839- 1840 et 308 en 1847.

3. La production coloniale augmenta jusqu'en 1845, où elle atteignit 900.000 quiataux. Après la Révolution de 1848, l'émancipation des esclaves produisit une longue crise qui assura le triomphe définitif du sucre de betterave.

4. C'est en 1845 que Frédéhic Bastiat publia: Cobden et la Ligue, ou l'agitation anglaise pour la liberté du commerce.

lalion et comme le signal d'une croisade. Au mois de février 1846, il se forma à Bordeaux une « Association pour la liberté des échanges », grâce au zèle du maire, Dufour-Dubergier, et de Basliat,dans le t but de provoquer par tous les moyens légaux la réforme des tarifs douaniers » ; elle recueillit dès la première séance publique 5'2.000 francs de souscriptions.

L'exemple fut suivi à Paris, à Marseille, à Lyon, au Havre, à Reims, et un journal spécial, Le Libre-Echange, fut fondé '.

A Paris, l'Association fondée au mois de juillet 1846 tint, sous la présidence du ducd'Harcourt, sa première réunion publique le 28 août 1846 dans la salle Montesquieu '. Elle cherchait à former l'opinion publique par la discussion. C'était le plan hautement avoué par les statuts: «L'objet de l'Association est de propager le principe de la liberté des échanges ; d'éclairer l'opinion publique sur les atteintes que porte aux intérêts du pays un système de protection qui ne peut donner d'avantages spéciaux à certaines branches d'industrie qu'aux dépens de toutes les autres et de tous les consommateurs de produits privilégiés; de démontrer enfin que l'intérêt du gouvernement et du pays est en cela d'accord avec celui des consommateurs, les droits modérés étant les seuls qui, cessant d'être prohibitifs, deviennent une source de richesses pour les finances publiques. » Les séances eurent du succès. On reçut à Paris Richard Cobden, et on fêta, avec le héros de la Ligue, l'avenir de la liberté commerciale en France.

Guizot, quoique résolu à maintenir un régime protecteur, voyait sans déplaisir cette agitation : « Soyez forts, avait-il dit, et nous vous protégerons '. » Le parti libre-échangiste cherchait à devenir fort et commençait à former, avec les libres-échangistes des autres pays, une ligue contre les préjugés commerciaux. En septembre 1847 fut tenu à Bruxelles le Congrès des économistes, qui donna le premier à l'Europe l'exemple de ce genre de réunions scientifiques *.

Les champions de la protection considéraient les adeptes du « laissez-faire » comme de dangereux utopistes et n'étaient pas éloignés de les confondre avec les révolutionnaires. Un des orateurs du protectionnisme, le comte Jaubert, l'insinuait: « D'une part, ce sont les aristocrates qu'on attaque ; de l'autre, les grands industriels ; et les uns et les autres excitent la même jalousie ; d'une part, c'est le laissezfaire l'effervescence populaire ; d'autre part, c'est le laissez-faire la réforme commerciale.... Et ainsi on nous laisse entrevoir dans l'avenir

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