‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 72 sur 266 · Août · texte numérisé non relu

Août

3. En mai 1847. Il avait été précédé d'une ordonnance de dégrèvement pour certains articles, le 21 novembre 1846.

4. Composée de Thiers, président, Kœchlin, de l'Espée, Saglio, Casimir Périer, Richon des Brees, Lanyer.

minutieux rapport de Lanyer ' prouvaient que l'esprit de la Chambre n'avait pas changé, et qu'en matière de douanes, elle n'était disposée à rien céder. « Il ne fallait pas, disait-il, hésiter en paroles ou transiger en fait entre l'industrie nationale et la liberté commerciale. »

L'avènement de la bourgeoisie avait eu le bon résultat de donner à l'industrie et au commerce une représentation plus autorisée par la réforme des chambres de commerce et des conseils généraux. Mais les hommes que le changement survenu dans la politique avait portés au pouvoir usèrent de leur influence pour maintenir les privilèges douaniers dont jouissaient leurs terres ou leurs manufactures, et les tentatives du gouvernement pour adoucir le régime de la Restauration demeurèrent impuissantes, ou du moins n'aboutirent qu'à quelques améliorations de détail. La coalition des intérêts se fortifia devant les désirs de réforme de certains ministres et devant les protestations des libéraux ; la protection continua à servir de drapeau à un parti puissant que les hommes politiques évitèrent de heurter ou qu'ils s'appliquèrent à flatter, parce qu'il était capable de renverser et de créer des ministères.

1. Moniteur du 25 juillet 1847. Supplément, Rapport de Lanyer sur le projet de loi sur les douanes :

« Autrefois il y a eu, disait-il au début, controverse entre les prohibitions systématiques et la liberté illimitée: deux erreurs. Aujourd'hui, c'est entre la protection modérée et le libre-échange, c'est-à-dire la vérité et l'erreur. Depuis 1830, ce régime de sage protection a fait disparaître des prohibitions inutiles et réduit des droits trop élevés sur la houille, la fonte et le fer. Quand le gouvernement, sans tenir assez compte des progrès légitimes qui justifiaient le système adopté, a essayé de conclure une union douanière avec la Belgique, puis un traité de commerce avec l'Angleterre, l'industrie se souvenant de 1786 et de 1814 s'est émue, et le ministre a déclaré qu'il renonçait à son projet. Le travail national était garanti, le pays était confiant et tranquille.

« Mais depuis, une réforme douanière s'est faite en Angleterre. Les économistes français, qui ne l'ont pas comprise, l'ont prise comme thème pour prêcher le libreéchange, en opposant l'intérêt du consommateur à celui du producteur. »

Plus loin, en parlant des machines, il affirmait que le « meilleur moyen d'abréger la durée de la protection, c'est d'en fortifier l'action ». Il terminait par un certain nombre de conclusions : « La première conclusion adoptée par votre commission et à l'unanimité, c'est donc de maintenir fermement le système protecteur; la seconde, c'est qu'il faut encourager et protéger notre marine. ,»

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