Voir Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. V, ch. XI
1837, présenta à la Chambre, dès le 15 février 1838, un nouveau projet de réseau général d'une longueur totale de 1.100 lieues.
Le directeur général, rédacteur du projet, ne lésinait pas cette fois sur la louange : « Les chemins de fer, disait-il, sont assurément, après l'imprimerie, l'instrument de civilisation le plus puissant que le génie de l'homme ait pu créer, et il est difticile de prévoir et d'assigner les conséquences qu'ils doivent un jour produire sur la vie des nations. » Les 1.100 lieues se répartissaient entre neuf lignes et devaient coûter 1 milliard. Le projet de loi se bornait aux quatre lignes les plus pressées : Paris à la Belgique, à Rouen, à Orléans, et Marseille à Avignon (la navigation devant compléter la communication avec Lyon), que l'Etat construirait. La commission de la Chambre, par l'organe d'Arago, son rapporteur1, se prononça contre le projet ministériel et opina pour l'exécution non immédiate et simultanée, mais successive, des lignes par des compagnies particulières. C'est surtout sur la question de l'Etat que porta la discussion brillamment soutenue par le cabinet, parle comte Jaubert, par Lamartine qui était un des partisans les plus déterminés de la construction par l'Etat 2, par Caumarlin, Berryer, Billault ; la politique de coterie l'emporta sur l'intérêt économique, et le projet fut rejeté par 196 voix contre 69, moins parce qu'il était fondé sur la construction par l'Etat que parce qu'il émanait d'un ministère impopulaire.
Le ministère revint à la charge avec des projets spéciaux. Adoptant le système des concessions à l'industrie privée pour chaque ligne, il parvint à faire voter par les deux Chambres le chemin de fer de Paris à Rouen, au Havre et à Dieppe par les plateaux de la rive droite avec embranchement sur Elbeuf et sur Louviers (loi du 6 juillet 1838), et la ligne de Paris à Orléans (loi du 7 juillet 1838).
La compagnie de Paris à la Manche, tenue par un cahier des charges onéreux, ne put réaliser les ressources nécessaires et demanda la