‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 86 sur 266 · Napoléon · texte numérisé non relu

Napoléon

Sous la Restauration, il avait été frappé 442 millions en or et 1.247 millions en argent. Sous le règne de Louis-Philippe, la frappe a été de 216 millions en or et 1 757 millions en argent (dont 1.693 millions en pièces de 5 francs).

La monnaie a-t-elle gagné ou perdu de sa valeur durant le gouvernement de Juillet ?

Pendant la Restauration et le gouvernement de Juillet, la production annuelle des métaux précieux a été moindre qu'elle n'avait été à la tin de l'ancien régime. De 1810 à 1847, elle a été d'environ 170 millions de francs, dont un quart en or, tandis que de 1781 à 1810 elle avait été de 258 millions. La révolte des colonies espagnoles et les agitations révolutionnaires des nouvelles républiques paralysaient l'exploitation.

C'est vraisemblablement une des causes principales de la diminution du prix de beaucoup de marchandises. Pour mesurer cette diminution, la statistique douanière de la France fournit un document irrécusable. Jusqu'en 1847 les prix qui servaient à calculer chaque année la valeur des importations et des exportations avaient été fixés en 1826 : c'étaient les « valeurs officielles ». A partir de l'année 1847, l'administration, tout en conservant encore pendant quelques années les valeurs officielles, appliqua au calcul les « valeurs actuelles », c'est-à-dire les prix de l'année déterminés par la commission des valeurs de douane. Or, en représentant par 100 l'ensemble des valeurs officielles, prix de 1826, on trouve, en l'année 1847, les nombres indices suivants de la valeur actuelle: 97,5 pour les produits naturels à l'importation et à l'exportation et 87 pour les produits manufacturés. Il y a donc eu diminution. Cette diminution était même en réalité plus grande, parce que le total des prix de 1847, année de disette, a été affecté par une grande cherté du blé. En effet, le nombre-indice de la valeur actuelle des produits naturels n'a été que de 88 en 1848. Les produits manufacturés, grâce aux progrès de l'industrie et surtout à la fabrication mécanique, ont plus baissé de prix que les produits naturels '. Comme exemples de diminution de prix dans le commerce, nous pouvons citer les tissus, industrie que la machine avait transformée : eu 1847 le nombre-indice des tissus de coton à l'exportation est 34, celui des tissus de laine 39 ; celui des couleurs, industrie qui relève de la chimie, est de 64, tandis que le nombre-indice du chanvre et du lin, produits naturels, est 125 et celui des bestiaux 130.

Les places de commerce. — Les villes qui, après Paris, occupaient les premiers rangs sous le rapport de l'activité commerciale étaient à peu près les mêmes que sous l'ancien régime, parce que les causes de leur importance demeuraient malgré les changements de la

i. Cette question a été traitée en détail dans mon Tolume La question de Cor publié en 1858.

politique. Ces villes étaient à peu près celles que nous avons citées comme ayant une banque départementale ou un comptoir de la Banque de France; en première ligne Lyon, Marseille, Bordeaux et même Bouen ; en seconde ligne Le Havre, Nantes, Lille, Strasbourg, Beims, Saint-Etienne, Saint-Quentin, Montpellier, Caen, Le Mans, etc.

Lyon a toujours été une grande ville de commerce. Sa situation au confluent du Bhône et de la Saône lui donne deux voies navigables très importantes. La première la met en communication avec les déparlements du Midi et les pays riverains de la Méditerranée ; mais la navigation y est difficile à cause de rencaissement de sa rive droite et de la rapidité et de la variabilité de son courant ; cependant, au moyen du halage par chevaux ou par bœufs, le transport sur le Bhône entre la mer et Lyon a été en moyenne annuelle (1834-1837) de 68 millions de kilogrammes, consistant principalement en vins, eaux-de-vie, denrées coloniales, bois de teinture, sel, soie. Il y a un service de bateaux à vapeur sur le Bhône jusqu'à Avignon et sur la Saône jusqu'à Chàlon.

La Saône, dont les basses eaux sont un obstacle à une navigation régulière, met par le canal du Centre et le canal de Bourgogne Lyon en communication avec le bassin de la Seine et Paris, par le canal du Bhône au Bhin avec l'Alsace ; le trafic y est considérable. En 1834-1836, il est sorti en moyenne des entrepôts de Lyon (non compris les expéditions de la banlieue) 65.000 hectolitres de vin et 73.000 hectolitres d'eau-de-vie ; un chemin de fer relie Saint-Etienne et Bive-de-Cier à Lyon et a apporté en 1837 2 millions 1/2 de tonnes de houille.

Les produits chimiques, la chapellerie, l'orfèvrerie et la bijouterie sont des industries qui exportent. La construction mécanique est en développement. La grande industrie de Lyon est la soie, qui, malgré de douloureuses crises, s'est relevée. En 1835 la fabrique lyonnaise expédiait en articles de soie 142 millions de francs dont 20 étaient consommés en France et 122 étaient exportés.

En 1836 a été fondée, au capital de 2 millions, la Banque de Lyon, avec privilège exclusif d'émettre des billets de banque dans le département du Bhône. En 1837 son mouvement de caisse a été de 375 millions.

Marseille n'a pas cessé d'être le grand port de la France sur la Méditerranée. Mais ce port, d'entrée assez difficile et peu profonde, était encore, comme dimensions, ce qu'il avait été dans les siècles passés ; il pouvait contenir environ 1 200 navires. La construction du port de la Joliette fut décidée en 1844. Marseille avait renoncé au bénéfice de port franc que la Bestauration lui avait rendu et son commerce s'était développé; sous le règne de Charles X, le cinquième des importations de la France s'est fait par Marseille \ En 1835 il entrait dans les entre-

1 . — 122 millions en moyenne sur une importation totale de 598 millions.

pots de Marseille une valeur de 130 millions et il en sortait à peu près la même valeur. Le mouvement de la navigation était en progrès: à l'entrée 6.000 navires jaugeant 425 000 tonneaux en 1829 et 6.350 navires jaugeant 540.000 tonneaux en 1835.

Marseille est le bureau le plus important du transit pour la Savoie, la Suisse, l'Allemagne ; il recevait en 1832 le tiers (5 millions de kil.) du transit total de la France. C'est avec les pays méditerranéens que ses relations maritimes sont le plus importantes : avec les Deux-Siciles qui lui envoient huile, laine, coton, soufre, etc., d'une valeur d'environ 30 millions (en 1835), tandis qu'il ne leur expédie en retour qu'une valeur de 7 millions-en sucre, café, etc. ; avec les autres Etats d'Italie, surtout avec les ports du golfe de Gênes ; avec l'Autriche par Trieste, port nouveau ; avec l'Espagne (16 millions à l'importation, 9 à l'exportation) ; avec Constantinople et les Echelles du Levant où il expédiait, comme parle passé, des draps, des objets d'ameublement, etc., contre le coton, la laine ; dans cette région le commerce était moindre qu'avant 1789, principalement à Smyrne : environ 24 millions à l'importation et 17 à l'exportation en 1832. Il n'y avait pas non plus progrès en Egypte, ni à Odessa, devenu le grand port de la Mer noire ; le régime de l'échelle mobile avait paralysé le commerce des blés. « Nos exportations en Syrie, écrivait Louis Reybaud, seraient beaucoup plus considérables si nos fabricants prenaient la peine d'étudier les goûts et les fantaisies des Orientaux. L'industrie française en beaucoup d'articles est, à l'étranger, placée au-dessous de ses rivales. » Depuis la conquête d'Alger, le commerce avec la Tunisie avait un peu augmenté à la suite d'un traité conclu avec le bey. Avec Alger le commerce avait augmenté aussi, mais l'exportation (11 millions en 1834) avait pour principal objet l'approvisionnement de l'armée.

Les relations avec les colonies françaises avaient repris une partie de l'activité qu'elles avaient eue sous l'ancien régime : en 1835, 8 millions (importation et exportation) avec la Martinique, 6 millions avec la Guadeloupe ; autant avec l'Ile Bourbon ; 3 millions avec le Sénégal ; en tout environ 22 millions.

Le grand et le petit cabotage étaient assez actifs.

En somme Marseille, vers 1835, importait une valeur de 183 millions en coton, laine, denrées coloniales, café, cacao, poivre, soufre, houille, blé et exportait une valeur de 165 millions en fruits secs ou confits, en savons, garance, sucre raffiné, vins, etc.

Bordeaux avait en 1835 une population de 110.000 habitants. Son port, situé sur la rive gauche de la Garonne, à 25 lieues de la mer, était, comme dans les temps antérieurs, un des premiers ports de France. Comme les autres, il avait considérablement souffert du blocus continental sous l'Empire et il souffrait maintenant — dans une bien moindre proportion, il est vrai — du système prohibitif. Les prin-

cipales importations consistaient en sucre, en cacao, en épices, en gomme, en tabac. L'exportation consistait surtout en vins et eaux-devie. Le commerce du vin était distingué en plusieurs classes : la première comprenait les vins du Médoc, grands crus, crus bourgeois, crus ordinaires ; la seconde, les vins de Grave et de Saint-Emilion ; la troisième les vins ordinaires, dits vins de cargaison, dont une partie était convertie en eau-de-vie. Les vins devaient subir des préparations et être conservés plusieurs années avant d'être livrés à la consommation. On évaluait la production du département de la Gironde à 250.000 tonneaux environ, dont 50.000 étaient consommés dans le département, 25.000 étaient convertis en eau-de-vie et 50.000 étaient exportés.

La Banque de Bordeaux fondée, avec un capital de 3 milliards, était investie du privilège de l'émission dans le département ; elle avait en 1832 une circulation de 12 millions 1/2.

Le commerce maritime de Rouen avait été paralysé par le blocus continental. Il a commencé à reprendre quelque activité sous la Restauration ; en 1837 il est entré dans le port 3.564 navires jaugeant 309.000 tonneaux, plus de navires étrangers que de navires français pour la navigation de concurrence.

Les exportations avaient une valeur d'environ 25 millions ; les importations une valeur d'environ 8 à 10 millions. Les premières consistaient principalement en salaisons, cuirs, drogueries, draps, laines, vins et eaux-de-vie; les secondes en coton qui alimente les fabriques de la région, en laine, en drogues tinctoriales. Placé entre la mer et Paris auquel il était relié par la Seine, par des bonnes routes avec service de diligences accélérées, puis par un chemin de fer, Rouen était le grand entrepôt de Paris. La navigation de la Basse-Loire était assez active, quoique gênée considérablement par les bas-fonds et parles rochers de Quillebœuf.

Le Havre est le grand port maritime de la Seine. 11 a l'avantage de conserver la mer haute pendant trois heures : ce qui facilite aux navires l'accès du port. Mais d'autre part la rade est peu sûre, et l'entrée trop étroite du port, l'assèchement de l'avant-port à marée basse sont des obstacles. Au bassin du roi ont été ajoutés pendant la Restauration deux autres bassins à flot, le bassin de la Rarre et le bassin du commerce. Des services de bateaux à vapeur se sont organisés, sous le règne de Louis-Philippe, entre le Havre et Rouen, avec l'Angleterre et d'autres pays étrangers. Il est entré, en 1836, 524 navires (navigation au long cours) jaugeant 160.000 tonneaux. Cette année là, l'importation a été de 260.000 balles de coton, dont près de moitié provenant de la Nouvelle-Orléans; le reste en café, surtout des colonies françaises et de Haïti, en bois de teinture et d'ébénisterie, en cuirs et peaux, en métaux, en tabac, etc.

Nantes se plaignait de la concurrence grandissante du Havre. La Basse-Loire opposait, comme par le passé, de nombreuses difficultés à la navigation : formation et déplacement des bancs de sable, profondeur insuffisante en certains endroits. Les Nantais s'étaient ingéniés à construire des bâtiments d'un faible tirant d'eau. Mais ils n'avaient pu empêcher que le progrès du sucre de betterave ne fit échec à l'importation et à la raffinerie du sucre colonial. Des services de bateaux à vapeur, les premiers datant de la Restauration, desservaient la Loire en amont depuis Orléans, en aval jusqu'à Paimbœuf. En 1836 le port a reçu 277 navires, moitié français et moitié étrangers, apportant le sucre, surtout celui de Bourbon, le café, le cacao, les bois de construction, de teinture et d'ébénisterie, le colon, le poivre, la houille, les métaux.

Lille était à la fois une ville d'industrie et de commerce. Ses fabriques de fil et de toiles de lin, de dentelles faites auparavant en fil de lin, alors surtout en coton, de sucre de betterave, industrie qui se développait rapidement, de produits chimiques, approvisionnaient Paris et le Nord de la France et fournissaient matière à une forte exportation. Placé sur la frontière de la France, Lille faisait en outre avec la Belgique, la Hollande, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal un commerce important, surtout en denrées coloniales et en produits agricoles.

Strasbourg, la capitale de l'Alsace, est le grand entrepôt de cette province avec l'Allemagne. Outre les roules de terre, elle possède un chemin de fer qui la relie à Bâle et des voies navigables d'une grande importance: le Rhin qui conduit ses marchandises en amont jusqu'à Bàle, en aval dans la Basse-Allemagne et dans les Pays-Bas, et sur lequel étaient établis des services de bateaux à vapeur ; l'Ill et le canal du Rhône au Rhin qui conduit à la Saône (le canal de la Marne au Rhiu n'était pas achevé). L'arrivage à Strasbourg par le canal du Rhône au Rhin a été en 1837 de 2.287 bateaux chargés et 865 radeaux. Strasbourg a quatre foires très fréquentées des Allemands, surtout celles de juin et de fin décembre.

Reims, quoique dépourvu alors de bonnes voies de communication (le canal de jonction de l'Aisne à la Marne et le canal de la Marne au Rhin n'existaient pas encore), faisait un commerce important grâce à ses fabriques de lainages et au vin de Champagne. On estimait en 1836 à 80 millions la valeur de ce commerce, dont 25 pour les vins qui étaient en grande partie expédiés à l'étranger, en Russie, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis.

Saint-Etienne avait beaucoup augmenté sa production industrielle de rubanerie, de quincaillerie, de coutellerie, d'armes à feu et d'armes blanches, il avait plus que doublé l'extraction de la houille et, par ses deux chemins de fer, il l'exportait dans des conditions de prix avanta-

geuses. sur la Loire d'un côté, sur le Rhône et Lyon de l'autre côté.

Saint-Quentin avait une industrie très prospère vers la lin de l'ancienne monarchie. Cette industrie, désorganisée pendant la Révolution et l'Empire, était loin d'être remontée à son ancien niveau. Cependant l'introduction de la filature mécanique lui avait rendu de l'activité et la fabrication des tissus de coton, batistes, linons, jaconas, etc., était devenue très importante, ainsi que certains articles de fantaisie. Saint-Quentin avait, au mois de juin^ une foire importante pour les laines.

Montpellier avait cessé depuis des siècles d'être le grand port du Languedoc, mais il faisait un important commerce de ses couvertures de laine, de ses fabriques, de son vert de gris et surtout des vins et eaux-de-vie de la région qui avaient un débit considérable en France et à l'étranger.

.Caen communique avec la mer par l'Orne. L'industrie de la bonneterie et celle de la dentelle avaient seules conservé une certaine activité. Le commerce agricole était important. Caen exportait pour l'Angleterre des fruits, des bœufs, du beurre et pour divers ports de France ou de l'étranger, de l'huile de colza, des céréales, des graines de trèfle, du cidre, de l'eau-de-vie, des pierres à bâtir. Mais ses armateurs ne faisaient guère que le cabotage.

Le Mans était un centre de commerce agricole et industriel. Les toiles et fils, les bestiaux, la volaille et les plumes, le vieux linge, la graine de luzerne et de trèfle étaient les principaux articles de son commerce. Le jour du marché de la toile attirait un très grand nombre de paysans tisserands de la contrée et de marchands.

Les foires. — Les foires n'avaient plus la grande importance commerciale qu'elles avaient eue au moyen âge, ni même l'importance bien moindre que plusieurs d'entre elles avaient encore dans les temps modernes sous l'ancienne monarchie. Les habitudes du commerce étaient sous ce rapport complètement changées. Il existait pourtant encore des centaines de foires. Les plus fréquentées étaient en règle générale des foires agricoles, telles que celles de Bourg (Ain) où l'on vendait beaucoup de bestiaux et de volailles, celles de Château-Thierry (Aisne) où l'on faisait un grand commerce de moutons, et de Chauny (Aisne), celles de Tournon et de Saint-Laurent-du-Pape (Ardèche) où il se faisait beaucoup d'affaires en tout genre, dans l'Ariège celles de Foix et surtout celles de Tarascon où l'on vendait du bétail, du fer, de la quincaillerie, dans l'Aube celles de Troyes, encore animées, quoique bien déchues.

Dans le Calvados, celles de Caen, renommées pour leurs besliaux et leurs beaux chevaux, et celle de Guibray (à Falaise). Quoique cette foire qui se tenait au mois d'août n'eût plus son ancienne splendeur, elle

était encore importante par la quantité de beaux chevaux qu'on y vendait pour une valeur de plus d'un million et demi ; on y vendait aussi beaucoup d'étoffes, rouennerie, flanelle, toile, velours d'Amiens, soierie, dentelle, mercerie, orfèvrerie et bijouterie, quincaillerie.

Dans la Charente étaient les foires de Cognac où se faisait un grand commerce d'eau-de-vie et de bestiaux, dans le Cher celles de Bourges, dans les Côtes-du-Nord celles de Guingamp, grand commerce de bestiaux et de beurre, et celles de Lamballe, dans la Drôme celles de Valence et de Montélimar, dans le Gard celles d'Alais, foires de bestiaux, et celle de Beaucaire. Celle-ci, qui se tenait du 22 au 28 juillet dans la ville et dans une prairie voisine, attirait encore beaucoup d'étrangers, Asiatiques, Grecs, Espagnols. Portugais ; on y trouvait les produits les plus variés des pays méditerranéens, et on y faisait grand trafic de laine, soie, coton, toile, drap, épiceries et droguerie ; on estimait sous le règne de Louis-Philippe le chiffre des affaires à 16 millions.

Dans la Gironde les principales foires étaient celles de la Réole où l'on amenait beaucoup de bestiaux, et celles de Bordeaux dont le commerce consistait principalement en vins, chevaux, bœufs, cire, mercerie et quincaillerie ; dans le Jura les foires de Saint-Claude, commerce de chevaux, et de Blelterans, commerce de grains, d'Arlay, commerce de bétail ; dans le Loir-et-Cher la foire de Romorantin ; dans le Maine-et-Loire la foire de Saumur ; dans la Manche les foires de Saint- Lô et de Saint-Flozel où l'on vend beaucoup de chevaux ; dans la Marne la foire d'Epernay où se débite une grande quantité de vannerie et de corderie ; dans la Mayenne la foire très fréquentée de Mayenne ; dans le Nord les foires de Lille et de Valenciennes où l'on vend beaucoup de toiles, et la foire agricole de Valenciennes ; dans la Marne les foires de Châlons qui ont conservé encore quelque chose de leur ancienne renommée. Dans l'Orne les foires de Domfront, de Mortagne où l'on vend des chevaux, des bœufs, des toiles ; dans le Puy-de- Dôme la foire de Glermont-Ferrand ; dans le Bas-Rhin la foire de Strasbourg où figurent les étoffes de coton et de laine, les dentelles et broderies de Lorraine, l'horlogerie, la mercerie de Nuremberg ; dans la Haute-Saône les foires de Vesoul et de Lure où l'on amène beaucoup de bestiaux ; dans la Sarthe la foire du Mans, importante surtout par les bœufs et les toiles, celles de Sablé et de la Châtre ; dans la Seine- Inférieure la foire de Rouen où il se fait un grand commerce de bétail, surtout de chevaux ; dans la Somme la foire d'Amiens où l'on vend surtout des produits fabriqués.

Sauf quelques exceptions, c'est le caractère agricole qui prédomine de beaucoup dans les foires importantes ; à plus forte raison dans les petites foires. Les communications n'étaient pas encore assez faciles pour que les produits de la ferme, bestiaux et denrées, allassent cher* cher leur marché très loin du lieu de production.

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