‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtChapitre 124 sur 167 · RÉSULTATS OBTENUS — AMELIORATIONS PROPOSEES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS OBTENUS — AMELIORATIONS PROPOSEES

exagérées y et provoquent ainsi un avilissement des prix de fret, dont on ne peut espérer le relèvement (1).

Les intérêts de nos armateurs ne sont peut-être pas compromis autant que ceux-ci le prétendent , puisqu'il leur est facultatif d'acheter des navires étrangers , et par conséquent , de bénéficier des conditions favorables dans lesquelles ces navires ont été construits ; mais l'industrie des constructions navales souffre réellement de cette situation , et il est vivement à désirer que le gouvernement puisse accorder à nos constructeurs , des primes , des réductions d'impôts , ou toute autre compensation qui leur permette de lutter contre la concurrence étrangère.

Cette question demande à être étudiée sérieusement et appelle une prompte solution.

La question des transports par la voie de terre n'est pas moins intéressante. Le commerce et l'industrie se plaignent , à juste titre, de l'insuffisance des lignes ferrées et de l'élévation des tarifs de la Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

L'immense mouvement commercial de la ville de Marseille n'est , en effet , desservi que par un seul chemin de fer, et il est facile de prévoir que l'encombrement, qui est déjà considérable, deviendra bientôt irrémédiable, quand on songe que le trafic kilométrique de la ligne de Marseille à Lyon , produit chaque année une somme énorme de 218,600 francs (2).

Ce chemin, unique , est dans une situation particulière : un éboulement , un accident quelconque venant à fermer le tunnel de la Nerthe, la ville de Marseille est immédiatement isolée, et son commerce tout entier reste en souffrance jusqu'à ce que le dommage soit réparé.

n n'en est pas ainsi dans les grands ports étrangers : à Londres , à L iverpool , à New- York, par exemple, où convergent tant de voies ferrées; à Chicago, où quatorze ralways mettent la ville en relation avec cinquante lignes différentes.

Non seulement , Marseille n'a qu'une seule ligne sur Lyon et Paris , mais encore , elle n'a qu'une seule gare. La Compagnie des Docks dispose, il est vrai, d'un

(1) Congrès maritime de France. Lettre k MM. les Sénateurs etk MM. les Députés , du 20 avril 1876.

(2) Un seul chemin de fer, en France , produit davantage ( 231,800 francs), le chemin de Ceinture de Paris; mais on va remédier à Tencombrement bien constaté de cette ligne, en construisant une seconde ligne, qui prendra le nom de grand chemin de Ceinture» Le trafic kilométrique de tous les autres chemins de fer est inférieur à celui de la ligne de Marseille k Lyon ; ainsi , le prolongement de cette voie , de Lyon k Paris . ne produit que 161,000 francs par kilomètre. Le chemin de fer du Midi, de Cette k Toulouse 84,500 francs et de Toulouse k Bordeaux 57,700 francs. Aucune autre ligne ne rend plus de 50 k 70,000 francs par kilomètre. *

embranchement qui met ses entrepôts en communication avec le chemin de fer de Paris , mais cet, embranchement vient aboutir à la gare centrale et en augmente l'encombrement. •

Depuis plus de dix ans, la Compagnie de la Méditerranée promet de relier la gare maritime des Docks à la gare de l'Estaque, de manière à dégager la gare centrale de Saint-Charles (1) ; mais, jusqu'à ce jour, et malgré les incessantes réclamations du commerce, il n'a été rien fait.

Cette amélioration en apparence peu importante, offrirait cependant de sérieux avantages : au lieu de former les trains à la gare de Saint-Charles, on les organiserait directement à la Joliette, et ces trains iraient prendre la grande voie à la gare de l'Estaque. Le parcours serait ainsi réduit de deux kilomètres, ce qui procure toujours une réduction de frais. La Compagnie de la Méditerranée y trouverait ellemême- une économie de traction; les pentes du chemin actuel sont telles, en effet, qu'il faut employer deux locomotives pour traîner douze v^agons, alors que sur l'autre voie, une seule locomotive suffirait pour traîner quarante wagons.

Cette modification serait très utile, et le commerce en retirerait un assez grand avantage; mais il serait urgent, pour faire cesser l'encombrement, qui arrête si souvent l'expédition des marchandises, de créer une seconde ligne de Marseille à Lyon. Il s'agirait tout simplement de rejoindre, à un point convenablement choisi, le chemin de fer de la rive droite du Rhône.

Déjà cette seconde ligne est en pleine activité de Lyon au Theil ; et du Theil à Nîmes elle est concédée depuis le mois de juillet 1875. II serait donc très-facile delà raccorder au port de Marseille.

Il résulte des études qui ont été faites, en prévision de l'exécution de ce projet, par un ingénieur très-compétent, M. Hoslin, que le parcours de la nouvelle voie, entre Marseille et Orange, pourrait être diminué de 24 kilomètres.

Indépendamment du grand profit que le commerce tirerait de l'ouverture de cette seconde ligne, au point de vue de la prompte expédition des marchandises, il trouverait, dans la réduction de la distance, une sérieuse économie. En effet, au prix moyen de 0,07 c. par kilomètre et par tonne, les frais de transports seraient réduits de 1,68 c. par la suppression de 241 kilomètres. Et si l'on multiplie 1,68 par deux millions de tonnes, chiffre du trafic actuel, on obtient un total de 3,360,000 francs.

(l) La Compagnie a été autorisée, par un décret du 11 juin 1863, U construire cet embranchement

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