‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtansChapitre 166 sur 186 · DIVERS · texte numérisé non relu

DIVERS

TOTAUX

APPBNDICB — HDILBBIBS

1' HUILES O'OLIVB — 2" HUILES DB OEAINEB

Le commerce des huiles à Marseille a pris une grande extension et a changé de nature depuis l'établissement des huileries.

Autrefois, les opérations de cette place se bornaient à l'importation des huiles d'olive servant presque exclusivement à la fabrication des savons ; une faible portion était réexpédiée à l'intérieur et h l'étranger comme huile lampante.

Aujourd'hui , l'importation des huiles d'olive a beaucoup diminué ; mais ce déficit a été amplement compensé par la production des huileries de graines , dont une portion importante s'expédie comme huiles lampantes et mangeables.

!■ Honea d'oUve

On distingue plusieurs qualités d'huiles d'olive.

1' L'huii^ d'olive, dite à fabrique, qui est importée trouble et chargée de mucilages. Une partie de ces olives est employée par la savonnerie ; l'autre , après avoir été dépouillée du brut et être devenue lampante, est réexpédiée, soit à l'intérieur, soit en entrepôt à l'étranger, pour servir au graissage des machines et des laines , ou au luminaire ;

2" Les huiles d'olive grasses, appelées aussi ressences et raffinées, qui sont exclusivement employées dans la fabrication du savon dit de Marseille ;

y Enfin, les huiles d'olive à bouche, dont la majeure partie est réexpédiée.

Les huiles d'olive à fabrique sont presque entièrement importées de la Bégence de Tunis, du Maroc , de l'Ile de Candie et des diverses échelles du Levant, La Proveocc, l'Algérie et la Corse ne nous en fournissent en général que de faibles quantités.

Les ressences sont fournies par la Provence , la Corse et l'Italie.

Enfin , les huiles à bouche sont expédiées de la Provence et de l'Italie.

Il résulte du tableau comparatif transcrit ci-après que l'importation des huiles d'olive a diminué de près de ta moitié depuis vingt ans.

Italie 8,598,999 kilogr. 3,800,000 kilogr.

Espagne 288,000 id. 2,500,000 id.

A reporter 8,886,999 kilogr. 6,300,000 kilogr.

330 HISTOIRE DU COMMEttCE DE MARSEILLE

Repart 8,886,999 kilogr. 6,300,000 kilogr.

États-Barbaresques 11,790,595 id. 2,000,000 id.

Algérie 1,325,638 id. 800,000 id.

Cîorse » id. 200,000 id.

Turquie 1,986,876 id. 100,000 id.

Autres pays (voie de terre). . . . 70,666 id. 5,800,000 id.

Totaux 24,060,774 kilogr. 15,200,000 kilogr.

Descendues à 16 millions de kilogr. en 1865, et à 5 millions en 1870 , les importations d'huiles d'olive se sont élevées à 22 millions en 1871 pour redescendre à 15,200,000 kilogr. en 1874. Voici dans quelles circonstances ces diverses fluctuations se sont produites :

Sur les 10,500,000 kilogr. d'huiles étrangères importés en 1865, plus de 9,000,000 de kilogr. ont été expédiés par le Royaume d'Italie et la Régence de Tunis.

Malgré l'abaissement des droits de douane de 6 fr. à 3 fr. par 100 kilogr. sur les huiles d'olive et d'Espagne , la savonnerie a continué à payer l'ancien tiroit de 6 fr. sur les huiles d'olive dites à fabrique, qui lui venaient en très-grande partie de la Régence de Tunis. La Chambre de Commerce insiste pour obtenir du gouvernement la réduction à 3 fr. par 100 kilogr. de droits de douane sur toutes les huiles d'olive, sans distinction de provenance, en attendant leur admission en franchise.

Le commerce des huiles d'olive n'offre aucun fait saillant à signaler. Les importations de 1866 ont été légèrement inférieures à celles de 1865.

Cependant, le gouvernement a enfin donné satisfaction aux réclamations du commerce, en réduisant les droits de douanes sur les huiles d'olive de toutes provenances, à 3 fr. les 100 kilogr. bruts, droits dont jouissaient seules les huiles d'olive importées d'Italie et d'Espagne.

Les arrivages d'huiles d'olive se sont élevés, en 1867, à 15 millions de kilogrammes.

La fabrication des huiles extraites, à l'aide du sulfure de carbone, des noyaux d'olive et des pulpes ayant servi à faire des ressences , a pris une grande extension dans le courant de cette année. Il n^y avait , en 1866 , que deux ou trois usines aux

APPENDICE — HUILBBIES 321

environs de notre ville, produisant annuellement .300^000 kilogr. de ces huiles extraites par le sulfure ; à la fin de 1867, le nombre de ces usines établies , soit dans notre banlieue, soit dans les départements voisins , s'âevait à neuf, pouvant fabriquer, par an , 2,500,000 à 3,000,000 de kilogr. de cette sorte d'huile.

Les huiles traitées par le sulfure de carbone sont diversement appréciées par les fabricants de savon ; pourtant, plusieurs les emploient en grande quantité dans la composition de leurs produits.

La savonnerie ne peut que profiter de cette nouvelle huile qui, précédemment perdue pour l'industrie, va augmenter de beaucoup la quantité des corps gras employés dans la fabrication des savons, et doit nécessairement influencer les cours des huiles de toutes sortes, dès qu'à la suite d'une bonne récolte , les huiles d'olive seront plus abondantes.

Vers la fin de l'année, l'annonce d'une récolte considéi'able d'huiles d'olive dans presque tous les pays producteurs, a amené une baisse excessive ; les. prix sont descendus de 148 fr. à 96 fr. l'hectolitre tant pour la marchandise disponible que pour celle à livrer.

D est arrivé, en huiles de ressences et raffinées, environ 4,300,000 kilogr. contre 5,600,0000 kilogr. en 1867. Les prix, qui étaient à 130 fr. l'hectolitre, sont tombés, en décembre, à 100 francs.

Les arrivages en huiles de ressences et raffinées ont été d'environ 5,800,000 kilogr., soit une augmentation de 1,500,000 kilogr. sur l'année 1868.

Le marché de Marseille a reçu près de 4 millions de kilogr. d'huiles de pulpes et de grignons d'olive traités par le sulfure de carbone.

Il est arrivé, dans le courant de cette année, environ 6 millions de kilogr. d'huiles fines, soit une augmentation de 2,300,000 kilogr. sur 1868.

Une assez notable diminution s'est produite dans le chiffre des importations. Malgré ce déficit, le stock a été plus considérable, au 31 décembre 1870 qu'au 31 décembre de l'année précédente.

Les arrivages d'huile à fabrique ont été en 1871 , beaucoup plus considérables qu'en 1870, ce qui s'explique naturellement par la cessation de la guerre. Les prix,

qui étaient bas au commencement de 1871, se sont relevés dans les six derniers mois. La savonnerie, entravée pendant la guerre, a beaucoup travaillé, dès que la paix a été faite ; aussi la consommation de 1871, en huile à fabrique, a-t-elle été plus forte que celle de 1870.

En comparant les chiffres de 1872 avec ceux de 1871, on remarque que les arrivages d'huile d'olive ont été moins considémbles en 1872, quoique la consommation ait été plus forte. Mais le stock, au 31 décembre, était très important.

La consommation des ressences a été également plus forte en 1872, quoique la production des savons ait été plus faible ; mais, par contre, on constate une diminution dans l'emploi des huiles de pulpes.

Les quantités d'huiles d'olive arrivées ont été plus fortes en 1873 qu'en 1872; ce qui s'explique par l'abondance de la récolte. Les prix des huiles à fabrique, des ressences et des huiles de pulpes ont été, par la même raison, pendant toute l'année 1873, inférieurs à ceux de 1872.

L'importation a été inférieure en quantité à celle de 1873, et la diminution a porté principalement sur l'huile à fabrique (15,200,000 kilogr. au lieu de 17,000,000 ).

L'exportation n'a été que de 4 millions de kilogr., soit 1 million de moins qu'en 1873.

Voici , année par année , le chiffre des importations pendant la dernière période quinquennale :

1865 16,500,000 kilogrammes.

1866 ; 14,500,000 id.

1867 15,500,000 id.

1868 7,900,000 id.

1869 15,600,000 id.

1870 5,000,000 id.

1871 22,000,000 id.

1872 16,000,000 id.

APPENDICE — HUILERIES 323

Quant aux exportations, elles n'ont presque pas varié depuis vingt ans : 3,330,685 kilogr. en 1855; 5,000,000 en 1873 et 4,000,000 en 1874.

29 Huiles de graineB

Les huiles de graines ont divers emplois ; le plus important est celui de la savonnerie dite marseillaise , qui consomme environ la moitié de la production de nos huiles.

Une autre partie est affectée à la fabrication des savons unicolores, qui emploie presque exclusivement les huiles de copras et de palmistes.

Enfin , le solde des huiles de graines fabriquées à Marseille sert à la consommation locale, ou est expédié comme huiles mangeables, huiles à brûler, huiles à Érraisser et huiles pour la peinture.

En moyenne , 100 kilogr. de graines produisent 36 kilogr. d'huile.

Ainsi, d'après une statistique publiée par la Chambre de Commerce, vingt- sept usines ont trituré , en 1861 , 108 à 109 millions de kilogr. de graines et ont livré à la consommation 39 à 40 millions nets de kilogr. d'huiles.

Sur ce chiffre , 20 millions de kilogr. d'huiles ont été employés à la savonnerie marseillaise ; 4 millions environ à la fabrication des savons unicolores , et le surplus a été expédié par le chemin de fer ou exporté par voie de mer.

La production a été à peu près la même qu'en 186L

Il a été expédié, par chemin de fer, 14,800,000 kilogr. d'huiles de graines, et il en a été exporté 1,600,000 kilogr. dont 1,400,000 pour l'Algérie et 118,000 pour l'Italie.

Bien de saillant à signaler pendant l'année 1863.

La production s'est élevée, en 1864, à 41 millions de kilogr. et, grâce à (le nouveaux débouchés qui leur ont été offerts , les fabricants ont pu écouler une partie de leur stock.

*Les expéditions, par chemin de fer, se sont élevées à 13,500,000 kilogr. en 1865 et à 13,200,000 kilogr. en 1866.

Les exportations par voie de mer, en Italie , en Egypte et en Algérie , ont été de 3,578,000 kilogr. en 1865 et de 3,292,000 kilogr. en 1866.

Cette année, la fabrication des huiles de graines a pris un nouvel essor sur la place de Marseille , par suite de l'importation de plus grandes quantités de graines oléagineuses et de l'augmentation de nos débouchés pour les huiles et les tourteaux. Cinq nouvelles usines ont été construites.

Le développement de cette industrie est très-heureux ; il est à souhaiter que notre ville conserve et môme augmente ses débouchés pour les huiles et les tourteaux, et que les importation^ de graines oléagineuses se maintiennent au chiffre élevé qu'elles ont atteint pendant cette can\pagne.

Il a été exporté par mer, en 1866, 7,326,000 kilog. d'huiles de graines, et il en a été expédié , par chemin de fer, 14,250,000 kilogrammes. •

Les huiles continuent à trouver un débouché considérable de leurs produits en huiles comestibles qui entrent, chaque jour, davantage dans la consommation, et elles ont commencé à prendre , cette • année , une part assez large dans la fourniture des huiles de colza qui se consomment dans le Midi de la France.

La fabrication des huiles de graines continue h se développer de la manière la plus satisfaisante.

Les usines , au nombre de 41 , représentent 930 presses en activité. On évalue à 57 millions de kilogr. les huiles de toutes sortes fabriquées par ces usines.

A ce chiffre, il convient d'ajouter 3 millions de kilogr. d'huiles de palmes, de cocos, de cotons et de lins, importés, soit directement des pays d'origine, soit d'Angleterre ;

Ce qui élève à 60 millions de kilogr. le total des huiles de graines entrées dans le commerce de Marseille en 1868. Sur ces 60 millions, il en a été exporté 10 millions par voie de mer, 1 1 millions par chemin de fer, et employé 31 millions par la savonnerie ; le surplus a été consommé sur place ou est resté en magasin.

Quoiqu'il soit arrivé , en 1869, un peu moins de graines qu'en 1868, la quantité d'huiles fabriquées a été plus considérable, parce qu'il est arrivé beaucoup plus de graines à fort rendement, le chiffre de la production s'élève à 60 millions de kilogrammes.

La production s'est accrue de 10 millions de kilogrammes.

D'une part, les arrivages de graines ont été plus considérables que pendant l'année

APPENDICE — HUILERIES 325

précédente^ et nos fabriques, ayant augmenté leur outillage, ont pu triturer davantage ; de l'autre, les graines triturées ont été, en général, d'un rendement plus riche. C'est ce qui explique cette augmentation.

Le débouché a été énorme pour les huiles lampantes et celles à bouche ont obtenu des prix avantageux.

La production d'huiles de graines a été moindre en 1871 qu'en 1870; les arrivages de graines et fruits oléagineux, ont été, en effet, moins considérables.

Cette diminution peut-être attribuée à la guerre et aux événements qui l'ont suivie. Les grandes expéditions de 1870 étaient faites, lorsque la guerre a éclaté et, avant d'entreprendre de nouvelles affaires en 1871, il a fallu nécessairement attendre que la paix et l'ordre fussent rétablis.

Les importations d'huiles de graines se sont élevées à Kil. 5,200,000

La production à 80,000,000

Total Kil. 85,800,000

Il est sorti de la ville :

Par terre Kil. 34,900,000

Par mer 18,700,000

Le surplus, soit 31,600,000

a été consommé à Marseille.

Total égal Kil. 85,200,000

Les importations et les exportations ont augmenté, mais la production est descendue de 80 à 61,700,000 kilogrammes.

La pi*oduction des fabriques d'huiles de graines , à Marseille , 3'est élevée, en 1874, à. KU. 66,000,000

A reporter Kil. 66,000,000

Report Kil. 66,000,000

Il est arrivé sur notre marché , des fabriques de l'intérieur de

la France 10,000,000

Il en a été importé de l'étranger 4,800,000

Total Kil. 80,800,000

n en a été exporté à l'étranger et en Algérie 6,200,000

Reste Kil. 74,600,000

Cette quantité a été expédiée, par terre, à l'intérieur de la France, employée par nos savonneries ou consommée sur place.

Les prix ont varié , en moyenne , ainsi qu'il suit :

Huiles [ Sésames de Fr. 65 à 91 » les 100 kilogr.

à < Arachides

fabrique ( Lin

Huiles i Sésames surfines .

comestibles ( Arachides id.

Huiles ( Sésames

lampantes ( Arachides

Huiles de colzas épurées

Id. de cotons épurées

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

APPENDICE — PâTBOLB 327

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