PÉTROLE
Le pétrole, connu depuis longtemps dans les Indes et dans quelques contrées d'Europe et d'Afrique, n'est exploité sur une grande échelle, que depuis une quinzaine d'années.
Les Américains, qui ont, les premiers, tiré parti de ce bitume, n'ont réellement commencé à le propager qu'en 1861.
Dès l'année suivante, quelques expéditions d'essai ont amené, sur la place de Marseille, 1,929 barils de pétrole brut et 3,289 barils de raffiné, c'est-à-dire de l'huile propre à l'éclairage. Le premier de ces produits s'est vendu à 45 et 46 fr. les 100 kilogr.; le second, de 68 à 84 fr. l'hectolitre.
En 1863, Marseille a reçu 28,127 barils de pétroles bruts ou épurés.
La plus grande partie des pétroles bruts a été absorbée par les usines de notre ville qui, au nombre de quatre, peuvent épurer environ 160 barils par jour*
Malheureusement, le décret du 16 juillet 1863 est venu paralyser à son début l'essor de cette intéressante industrie, en abaissant de 15 à 3 fr. le droit d'entrée sur les huiles de pétrole épurées.
Il est arrivé sur notre marché, en 1864, 100,513 barils de pétrole, savoir :
Pétrole brut 51,874 barils.
Id. épuré 48,639 id.
Total 100,513 barils.
Il en a été expédié, par les gares de Marseille, 1,608,773 kilogr., soit environ 10,800 barils.
L'octroi accuse comme sortis des barrières, par terre et par mer, 69,260 barils.
On évalue à 20,000 barils, la quantité de pétrole épurée dans les usines de Marseille.
Ces chiflies indiquent suffisamment la part active et importante que notre place a prise dans le commerce du pétrole.
(1) BHooe liquide qui fournit, par la distillation, diverses matières utiles, telles qu*nne huile eoobnstible, une espèce d'essence eomparable k celle de térébenthine — la parasine. — pour la fabrication des bougies, et quelques autres bas produits.
Les chiffres suivants, puisés dans les registres de l'octroi, font connaître l'importance de l'industrie et du commerce des pétroles dans notre ville pendant l'année 1865 :
Sorties par mer 110,454 hectolitres.
Sorties par terre 61,558 îd.
Consommation locale 13,814 id.
Total du mouvement. ... 185,826 hectolitres, soit en tout
123,884 barils.
Sur ce chiffre, il avait été épuré par les fabriques de Marseille, 40,0C0 barils environ.
Rien à signaler en 1866; ms^is l'année 1867 a vu se produire un fait intéressant : nous voulons parler de la naissance et du développement de la consommation des essences de pétrole pour l'éclairage. Ce développement a été assez rapide et assez considérable pour faire monter les prix, de 27 à 28 fr. qu'ils étaient en janvier, jusqu'à 75 et 80 fr. en décembre.
Les conséquences de ce fait sont d'une grande importance. Les essences étant restées jusqu'ici sans emploi et à des prix inférieurs à ceux des épurés, il y avait avantage à les mêler aux huiles épurées ; cet avantage disparaissant par l'emploi des essences, les épurés se trouveront de plus en plus dépouillés de la partie inflammable et dangereuse.
Les arrivages de pétrole présentent, en 1868, une augmentation de 17,135 barils brats et de 2,449 barils épurés, auxquels il faut ajouter 182,996 caisses, équivalant à 45,000 barils environ.
Cettef augmentation ne saurait être comparée avec celle qui s'est produite dans les autres grands marchés européens, notamment de Brème et d'Anvers, et avec celles des autres ports de la Méditerranée : « Nous devons reconnaître, dit le compte- « rendu publié par la Chambre de Commerce, que nous sommes chaque jour plus « distancés par nos concurrents et que Marseille est menacé de perdre son importance « comme grand marché et comme entrepôt. En effet, l'Espagne, l'Italie, l'Autriche
APPENDICB — PÉTROLE 329
c( et même le Levant, autrefois tributaires de Marseille pour leur approvisionnement « de pétroles , reçoivent aujourd'hui directement la presque totalité des quantités « qu'elles consomment, et le cercle de notre consommation est presque limité à notre « localité, aux départements qui nous environnent et à l'Algérie, d
Pendant l'année 1869, le commerce de Marseille a livré, tant pour la consommation locale et intérieure du pays que pour l'exportation, 75,058 barils d'huile épurée et 94,384 caisses d'huile également épurée. La fabrication de Marseille a produit, dans le courant de la même année, 34,000 barils d'huile de pétrole épurée.
Le commerce des huiles de pétrole tend de plus en plus à se restreindre à Marseille. Les espérances que l'on avait pu concevoir, il y a quelques années, de voir s'établir, sur notre place, un grand marché pour cet article, paraissent ne pas se réaliser.
Pendant l'année, le commerce de Marseille a livré, tant pour la consommation locale que pour l'exportation, 65,253 barils et 54,853 caisses d'huile épurée, ce qui représente, sur l'année 1869, une différence en moins de 9,805 barils et de 39,531 caisses.
Par suite des événements de 1870 , le commerce des pétroles a eu un accroissement sensible^ Marseille. Paris étant bloqué, la province dût s'approvisionner sur notre marché, et des prix rémunérateurs attirèrent dans notre port un certain nombre de chargements flottants.
Le chif!re des importations s*est élevé de 32,797 barils d'huile épurée, à 62,398 barils , et de 9,500 barils ou caisses d'essence, à 14,873.
Une grande diminution dans les arrivages s'est produite pendant ces deux années.
Malgré la forte baisse du pétrole aux États-Unis, dans le courant de 1874,
l'importation française présente , dans son ensemble , une diminution sur les années
précédentes.
On l'attribue généralement aux droits d'entrée très^levés qui frappent les pétroles épurés. Aussi voyons-nous le commerce du pétrole épuré, avec T Amérique, se restreindre chaque j our davantage.
Ifarseille qui recevait, en 1871 , 62,398 barils et 57,159 caisses de pétrole épuré, n'en a reçu , en 1874, que 25,638 barils et 24,815 caisses.
C'est le contraire qui tend à se produire pour le pétrole brut, dont le droit d'entrée, comparativement plus modéré que pour l'huile épurée , donne , à nos deux usines locales , une protection suffisante pour le développement de leur fabrication.
Le chiffre des importations du pétrole brut , qui était de 36,905 barils en 1871 , s'est élevé, en 1874, à 49,039 barils.
Nous reproduisons ci-après , d'après les indications fournies par la Chambre de Commerce , un tableau récapitulatif des importations de pétrole à Marseille , depuis 1862 jusqu'en 1874.
PETROLE
ANNÉES