ESSENCE
m PÉTBOLB
Barils et Caisses
APPBNDICti — CHARB0N6 331
CHABBONS
Ce qui assure à Marseille, sur tous les ports de la Méditerranée, une incontestable snpériorité, c'est l'avantage de posséder derrière elle des bassins carboniques d'une richesse inépuisable; ce sont les mines de la Loire, de Portes, de Bessèges, de la Grand'Combe, de Graissesac et de Fuveau. Grâce à l'abondance et à la bonté de leurs extractions, Marseille est parvenue à éliminer complètement de sa consommation les charbons anglais. Ainsi, en 1857, elle recevait encore 83,390 tonnes de charbons anglais ; en 1860, elle n'en a plus reçu que 10,647 tonnes, et, en 1862, ce mouvement a à peu près cessé (1).
Les charbons qui arrivent sur la place de Marseille se divisent en deux grandes catégories, destinées, l'une à la consommation des diverses industries locales, l'autre aux besoins de la navigation à vapeur.
La consommation de Marseille, en 1862, s'est élevée, tant pour les besoins de l'industrie locale que pour ceux de la marine à vapeur, à 486,000 tonnes.
Les charbons arrivés à Marseille par les diverses barrières de terre, et qui s'élèvent en totalité à 113,000 tonnes, proviennent exclusivement des mines de lignite du bassin de Fuveau.
La Chambre de Commerce insiste pour obtenir la création d'un chemin de fer qui permette d'exploiter ces mines dans des conditions favorables, a L'exploitation de ce « bassin considérable de combustible minéral, qui est employé concurremment avec « les houilles sèches, dit-elle, n'attend, pour prendre un très grand essor, que Texé- <( cution d'un embranchement de voie ferrée de 16 kilomètres, d'Aubagne aux mines a de lignite par Roquevaire. H serait temps que des combustibles placés en quelque (c sorte sous notre main, puissent nous arriver sans être grevés d'une surcharge de « frais de transport égale, en l'état, aux firais payés par les charbons sur plusieurs « chemins de fer, pour un parcom*s de 150 à 200 kilomètres ».
Le total des arrivages de 1863 est supérieur, de plus de 100,000 tonnes, aux arrivages de 1862 (587,000 au lieu de 486,000), et cette augmentatkMi appartient tout entière aux charbons français. La compagnie du chemin de fer de la Méditerranée a fait de
(1) Ces rensdgoeiBenu aoot extraits d*oa exoeUent oaTra^e iotitalé : MctrseiUe, ton pa$$é^ ton frètent et ton acenir^ qui t été pabSè, m ittt, par M. À. Cbpier, anden dépaté.
louables efforts pour faciliter aux mines françaises l'exportation de leurs produits, en accordant quelques faveurs aux charbons de la Loire et du Gard destinés à l'ex* portation.
La Chambre de (Commerce signale à Inattention de l'Administration municipale la situation fâcheuse faite aux charbons lignite , qui ayant une valeur intrinsèque et commerciale inférieure d'au moins 1/5 à celle de la houille, sont pourtant assujettis au môme droit d'octroi que la houille. Elle fait remarquer qu'une pareille inégalité devant l'impôt , ne saurait être maintenue sans injustice à l'égard des combustibles produits par notre propre département , qui , s'ils n'ont droit à aucune faveur, ne devrait pas, cependant, être traités plus durement que les combustibles étrangers à notre localité.
Les arrivages de 1865 sont inférieurs de 26,000 tonnes à ceux de 1864, et la consommation , dans le rayon de l'Octroi , a fléchi de 48,000 tonnes.
Cette diminution sur le total de la consommation du charbon en 1865 , trouve en partie son explication dans le maintien du droit d'Octroi qui frappe ce combustible dans le rayon de Marseille.
La Chambre de Commerce constate avec regret une nouvelle diminution dans la consommation des charbons , qu'elle attribue aux droits d'Octroi qui les frappe. « C'est ainsi, dit-elle, que, depuis plusieurs années, notre consommation diminue (( de plus en plus dans le rayon de l'Octroi, tandis que la consonmiation hors le rayon <( tend à s'accroître. Ces faits ne viennent quQ trop malheureusement justifier nos « tristes prévisions, pour notre industrie, du maintien des taxes locales qui grèvent « les matières premières. »
Les arrivages augmentent, mais la consommation dans le rayon de l'Octroi diminue. Le chiffre des exportations s'est élevé de 138,000 tonnes à 179,000.
Les expéditions de charbons pour l'étranger continuent à s'accroître. L'Italie, l'Algérie et nos possessions sénégalaises prennent la plus grande part de ces envois*
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Les importations se sont élevées, en 1872, à 811,000 tonnes , soit une augmentation de 159,000 tonnes sur l'année 1871 , et 184,000 de plus qu'en 1870.
Ces augmentations se sont produites sur les importations par le chemin de fer et par la voie de mer. Quant aux arrivages par la voie de terre , ils accusent , au contraire , une notable diminution ; ce qui s'explique par le ralentissement forcé des travaux aux mines de lignite du bassin de Fuveau , par suite de l'inondation des galeries. L'embranchement de Valdonne , ouvert depuis un an et demi , a également contribué à diminuer de plus en plus le transport des ligniteâ des Bouches-du-Rhône par charrettes.
Les arrivages de charbons de toutes provenances se sont élevés, en 1873, à 1,045,000 tonnes. En déduisant de ce chiffre 226,000 tonnes, livrées à la consommation dans le rayon de l'Octroi , et les 1 12,250 tonnes expédiées à l'étranger , il reste une quantité de 706,750 tonnes, qui représente la consommation de Marseille, hors du rayon de l'Octroi.
Les importations de charbons anglais , qui avaient successivement diminué depuis une dizaine d'années et étaient descendus , en 1871 , à 40,000 tonnes , ont atteint , en 1873 , le chiffre de 86,000 tonnes.
Nos expéditions de charbons pour l'Italie tendent à reprendre l'importance qu'elles avaient en 1869. Les exportations pour les possessions anglaises et la Russie ont également augmenté.
L'Angleterre, malgré une grève pour réduction de salaires, qui a suspendu presque toute production dans l'un de ses districts les plus importants, a réduit ses prix de près de 40 0/0 , et ses charbons reviennent déjà alimenter une partie de nos bateaux à vapeur. Un pas de plus dans cette voie et les charbons français peuvent être délaissés , cependant les importations de charbons anglais ont diminué de 6,000 tonnes, sur l'année 1873.
Les exportations pour l'étranger se sont accrues dans des proprortions considérables; elles se sont élevées à 231,707 tonnes, soit 119,486 tonnes de plus qu'en 1873.
Nos producteurs semblent dédaigner notre consommation locale ; leurs faveurs sont toutes pour l'exportation. De sorte que nos industriels n'ont plus seulement à lutter contre le traitement de faveur dont la Compagnie du Chemin de fer de la Méditerranée
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fiùt jouir les charbons destinés à l'exportation , mais encore contre l'entoite de certaines Compagnieâ houillières, qui facilite et généralise Ce résultat déjà ancien et toujours regrettable, que nos voisins d'outre-mer reçoivent chez eux le charbon de notre région, s'embarquant dans notre port, au-dessous du inix de revient dans les usines k Marseille.
L'exploitation du bassin houiller du département des Bouches-du-Rhône compte trois établissements, qui occupent 1,325 ouvriers , 75 femmes et 373 enfants. La production de ces établissements s'est élevée , en 1874, à 358,258 tonnes de charbon. Il y a six ans à peine, les quantités de lignite extraites de ce môme bassin, n'atteignaient encore que le chiffre de 242,402 tonnes.
Les importations de charbons ont suivi, depuis 1858, la progresâon ci-après :
1858 278,000 tonnes.
1859 308,000 id
1860 391,000 id.
1861 440,000 id.
1862 486,000 id.
1863 587,000 id.
1864 609,000 id.
1867 621,000 id.
1868 756,000 id.
1869 672,000 id.
1870 627,000 id.
1871 -. . 652,000 id.
1872 811,000 id.
1873 1,045,000 id.
1874 759,000 id.
Le chiffre des exportations n'est donné par la Chambre de Commeroe que depuis une dizaine d'années : ,
1864 296,000 tonnes.
1871 88,000 tonnes.
1872 100,000 id.
1873 112,000 id.
1874 231,000 id.
Nous ne saurions mieux terminer cette monographie qu'en transcrivant ici une partie des renseignements qui ont été fournis, en 1873, sur l'état de l'industrie houil* lère dans le département des Bouches-du-Rhône, par la Société pour le développement et la défense du commerce et de Pindustrie de Marseille.
âTAT DBS CONCESSIONS DE MINES DE HOUILLES OU DE LIGNITES