CÉRÉALES
Un fait d'une grande importance s'est produit pendant la période que nous étudions : l'échelle mobile a été supprimée avec le cortège de restrictions qui marchait à sa suite, c'est-à-dire, la division de la France en zone, la différence des droits d'entrée d'une zone à l'autre, l'obligation de l'identique, la limitation du périmètre par lequel le produit fabriqué devait aller à l'étranger , et enfin les droits variables et progressifs destinés , les uns à protéger la production nationale , et les autres la consommation intérieure.
Au moment de la suppression de l'échelle mobile , un déficit considérable , sans précédent dans nos annales commerciales , se produisait dans la récole de la France. Mais ce déficit , que les statistiques portaient à quinze millions d'hectolitres , fut immédiatement comblé et le port de Marseille prit une large part dans l'approvisionnement de nos greniers.
L'application du principe de liberté , inauguré par la loi du 15 juin 1861, a donc été favorable au commerce de Marseille, L'importation des céréales a sensiblement augmenté depuis cette époque. Ainsi , pendant la période quinquennale qui a précédé
cette loi , en y comprenant même les années 1862 et 1863 , il a été reçu à Marseille , en moyenne 4,130,000 hectolitres de blé, et pendant les dix années suivantes, soit de 1864 à 1873, cette moyenne s'est élevée à 6,449,000 hectolitres (1).