‹ Histoire du commerce de Montpellier, antérieurement à l'ouverture du port de Cette, rédigée d'après les documents originaux, et accompagée de pièces justificatives inédites;Chapitre 5 sur 23 · S HISTOIRE DU COMMERCE · texte numérisé non relu

S HISTOIRE DU COMMERCE

leurs annes , avaient , en outre , à toute heure , à la disposition de leur commerce, un passage qu'il ne dépendait que d'eux d'interdire , et des vaisseaux dont il convenait de s'assurer les services.

Nos marchands étaient d'autant plus intéressés à vivre en bonne intelligence avec les Narbonnais et à se ménager de ce côté une route toujours ouverte , que la mer ne leur apparaissait pas également libre partout. Pour ne rien rappeler des obstacles apportés à la cir^ culation par les corsaires, cette plaie jadis inhérente au commerce maritime de presque tous les peuples , ils ne furent pas constamment dans les meilleurs termes avec les Marseillais. Marseille et Montpellier étaient deux rivales , entre lesquelles , sauf une part réservée à Narbonne et à quelques autres ports moins importants, se divisait le commerce français de la Méditerranée. Mais les deux villes , à cause même de cette rivalité , ne demeurèrent pas continuellement d'accord. Elles eurent beau se lier, en 1229, par une promesse de mutuelle harmonie ; le traité qu'elles échangèrent au profit de leur commerce reçut plus d'une atteime ; et elles avaient , du reste , prévu la dificulté d*en assurer perpétuellement le maintien , en en limitant la durée obligatoire à une période de cinq ans ^ . Ce fut un traité modèle, qu'on prorogea ou reproduisit à diverses reprises ; il en existe une rénovation presque conforme ,

1 Voy. le texte de ce traité dans notre Hittoire de la Commune 4$ Montpellier, II, 467.

datée du 19 décembre 1254 \ Mais avant cette rénovatioD , et postérieurement aussi , la paix fut plusieurs fois troublée entre les deux villes. Les marchands de Montpellier et de Marseille n'étaient pas rivaux seulement sur mer ; ils Tétaient , en outre , dans les comptoirs du Levant, et à Saint-Jean d'Acre en particulier, l'un des plus considérables. Ce fut dans ces parages surtout qu'éclatèrent leurs conflits^. Us engendrèrent de funestes excès , et la concorde ne put se rétablir que grâce à l'intervention du puissant comte de Provence Charles d'Anjou. Encore fallut-il, pour triompher du mauvais vouloir des Marseillais, la double médiation du pape Alexandre IV et du saint roi Louis IX'. La paix fut signée à Brignoles entre les représentants des deux villes , le 9 juillet 1257 , à condition que celle d^ Montpellier paierait à l'autre 60,000 sous royaux , pour réparation des dommages causés * ; somme importante , qui semblerait attester, avec une fâcheuse supériorité des marchands montpelliérains dans la lutte , l'existence de pertes notables , qu'ils auraient infligées à leurs adversaires.

' Nous Tavons également éditée dans VHiitoire de la Commune de Montpellier, II , 477. .

> Voy. la charlo du 40 mai 4S49, éditée dans VHiitoin de la Commune de Montpellier, II « 465.

* Arch. muo. de Monlp., Arm. E, Gass. IV, No 44, et Gr. ThaL<, fol. 46 po. — P. J., XXVI et xxvii.

4 Arch. muQ.de Montp., Arm. A , Cass. X, No 6. Cf. Hiet. gén,de Lang.f III , 4S4 , et Pr. 5S9 » et Hiet. de la Comm. de Montp., U , 44 .

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