‹ Histoire du commerce de Montpellier, antérieurement à l'ouverture du port de Cette, rédigée d'après les documents originaux, et accompagée de pièces justificatives inédites;Chapitre 9 sur 23 · SUCCESSIF DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

SUCCESSIF DE MONTPELLIER

Le voyage d'exploration auquel nous venons de nous livrer, pour recueillir les traces de nos marchands autour du bassin de la Méditerranée et à travers les pays du Nord , nous a permis de les contempler recevant çà et là les encouragements des pouvoirs investis de la mission de surveiller leurs intérêts. Les rois de France occupent une place considérable dans les annales de ce glorieux protectorat , et leur rôle , quoique différent, ne le cède en rien à l'action immédiate des seigneurs locaux. Mais on aurait une idée insuffisante de la part qu'ils ont à revendiquer dans notre développement commercial , si Ton s'en tenait aux indications déjà fournies. Les Archives nous transmettent d'autres renseignements , qu'il y aurait perte pour l'histoh^e à ne pas comprendre dans cet ensemble ; nous allons nous appliquer à les coordonner.

49 HISTOIRE DU COHMERCX

Nous ne ramènerons le lecteur ni en Italie, ni en Espagne , ni dans les comptoirs du Levant ou d'Afrique. ^ Nous nous bornerons à constater l'avantage que découvraient nos rois à stimuler cette lointaine expansion , et les efforts qu'ils firent pour seconder la confiance de nos marchands.

Ils trouvaient bénéfice à les protéger, même avant que Montpellier fût rattaché au domaine de la couronne de France , par le surcroit d'activité qu'en recevait le commerce général de leurs états , et par l'augmentation de recettes dont s'enrichissait leur fisc. Aussi Louis VIII , durant le cours de son expédition contre le parti albigeois , et alors qu'il faisait le siège d'Avignon, honora-t-il, dès le mois de juin 1226, nos bour^ geois d'une sauvegarde privilégiée , où figuraient d'une manière expresse , à côté de précieuses garanties pour leurs personnes , les assurances les plus étendues pour leurs biens , et en particulier pour les objets de leuor négoce. Il leur concéda ces prérogatives non •seulement sur ses terres domaniales , mais dans celles des princes ses alliés ; et S. Louis crut n'avoir rien de mieux à faire que de confirmer ces paternelles dispositions ' .

1 Arch. mao. de Montp., Arm. A, Cass. XVIH, N» 4 , et Arm. B, Tiroir VI, No 3. Cf. Gr. Thaï,, fol. 40, et Livre Nmr, fd. VI. — P. J., VII. — Philippe-Auguste avait frayé la vole, par une charte du mois d*avril 4144, publiée dans V Histoire générale de Languedoc, lU, Pr. 238.

Ia% inraapque0 «uiTiiDts prati^)uèrent à l'envi la mêai^ politique. Mais ce fut surtout à partir de raoqiûsîAion de la «eignearia 4e Montpellier par Philippe de Valois^ esx 1349 9 qu'elle reçut son déploiement murmal. Manl^ pellier devint alors pour les rois de France , non plus aimplement ^ comme naguère , une ville dont il purut boa d -encourager le commerce , au égaiNi aux profits qw pouvait procurer au trésor le passage des mai^ iâiaodises par les possessions royales , mais un vaste Mtrq^t, où les transactions intérjeures elles-mêmes ouvrirent une aource abondante de revenua. Jl y eut ^ an conséquence , rivalité entre les successeurs de Philippe de Valois, à qui favoriserait nos marchands. Le pouvoir royal les avait jusque-là patronnés de pair avec cmx de Marseille, en agrandiasa&t aa protection à maauro qu'il voyait approcher le jour où , l'ombre des rpis de Majorque s'évanouissant , il les compterait pariai ses a^yets immédiats, il les mit désormais bien au-dessus de leurs rivaux de la Provence , dans son estime et ses libéralités. Le gouvernement du roi Jean , par exemple, ne a^ borna pas à leur prouver de toutes manières son intérêt ; il s'attacha particulièrement à les affranchir des entraves que les Marseillais prétendaient infliger à leur commerce ; et comme ceux-ci , dans un moment de désastreuse disette , menaçaient d'arrêter, par vengeance ou par représailles , les Mes que nos bourgeois tiraient de cette partie de la Méditerranée, il aima mieux ae déjuger, en suspendant l'exercice du droit

Page 1