C. I. Apptirition des Tatars
khans Mongols,' quelques joure de voyage conduisaient à leur temtoire. Enfin, l'empire mongol s’étendait sur une partie de l’Europe, et là, il renfermait une étendue de côtes d’un accès facile par mer; la côte septentrionale de la mer Noire et Icü côtes de la mer d’Azov en entier. Les Tatars, en véritables fils de la steppe,* ne [(rofitèrent pas de la possession des ports qu’ils avaient là pour se créer une marine; les navires étrangers pouvaient donc y aborder sans crainte d’y rencontrer de rivaux.
Dès lors s’ouvrirent au commerce deux routes par les<iuelles les Occidentaux pénétrèrent jusqu’au cœur du monde tatai-. L’une, partant de la Petite - Arménie ou de l’empire de Trébizonde, menait d’abord en Perse; parfois, de là, le voyageur, s’embarquant sur le golfe Persique, poussait jusqu’à l’Inde ou à la Chine. L’autre avait pour point de départ le sud de la Russie actuelle et traversait l’Asie centrale pour aboutir à la Chine. Nous allons étudier d’abord la première.
2* La Petite -Arménie,
. considérée comme vestibule de l'Asie centrale.
Après un éclat pa.ssager, la principauté d’Antioche, boulevard septentrional des états croisés, réduite depuis nombre d’années à la ville d’Antioche et à quelques places fortes, avait succombé définitivement sous les coups victorieux des sultans d’Égypte, longtemps avant la chute d’Acre. Cette perte enlevait au commerce de l’Occident les deux marchés d’Antioche et de Laodicée; il fallut s’occuper d’en cheroher de nouveaux, mais diverses conditions s’impo.saient: ces marchés devaient être situés sur une partie de la côte encore à l’abri des atteintes des infidèles ; on devait être assuré que le marchand y serait bien accueilli; enfin ils devaient offrir un débouché commode aux produits expédiés de l’intérieur du continent asiatique vers l’ouest. Heui-eusement, il existait encore un pays qui réunissait tous ces avantages; c’était un ro5'aume chrétien, situé au sommet de l'angle formé par les côtes de l’Asie-Mineure et la Sy'rie; depuis longtemps, nous le savons, les nations commerçantes entretenaient avec lui des relations amicales. Là, sui' la côte qui contourne le golfe d’Alexandrette, existaient deux ports. Le moins important des deux était celui de Palli (Pals), portus PaUorum (Palorum), portus de Palldms, auquel on donnait encore le nom de Porto di Plas.* 11 était
' Guill. (le Rnbrouek, |>. 216.
* oi-T#*; .TWKriÀMç , écrit à
propos d'eux C;autacuz., III,>192.
’ Voyez le* acte* notariés dont
parlé un peu plu* loin; et encore; Sanuto, dan* Bongars, II, 88 et *., et les Portulans du Moyen-Age.
74 Deuxieme juriode. — II. Déi^elap/tement du commeree du Ijcvutd.
situé à dix milles italiens au nord-ouest de rembonchiire du Djilian.' Des actes notariés des années 1274 et 1300 nous font connaître que c’était une station fréquentée par un cei tain nombre de navires marchands de Gênes et de Barcelone.* La durée de cette période d’activité ne semble pas s’étre étendue beaucoup au delà de l’année 1300, car, en 1330, dans un rapport sur les ports du bassin oriental de la Méditerranée capables de contenir une flotte au cas où les i)rojets de croisatle en préparation viendraient à être exécutés, le frère Brochait parle déjà de celui de “Palores“ comme d’un port abandonné, trop petit d’ailleui's et trop étroit pour une pareille flotte.” (’e nom se rctianive bien encoiT siu' les cai'tcs maritimes de la deuxième moitié du XIV® siècle et même sur celles du XV®; mais il ne faudrait pas conclure de là que cette localité eût conservé aucune importance comme port de mer: le motif en est tout sim-
plement que les auteui’s des cailes se contentaient de copier celles de leurs prédécesscui's. A dix milles seulement de là, an nord-est, non loin des ruines de l’antique Égée, s’élevait une ville autrement importante, celle de ImJuzzo; située au fond de la baie de ce nom, elle avait sur .sa voisine l’avantage de posséder un vaste port et d’être protégée par deux forts dont l’un était bâti sur une ile, en face de la ville.'. Au
dépaid de cette ville, poui' gagner le nord de la Syrie, le voyageur
n’avait qu’à longer le golfe d’Alexantbettc et à traverser le col de Beïlan; c’était l’alfaire de quehiucs joiu’s. De l’autre côté, il avait le DJihan: ce fleuve, navigable sur une assez longue i)artie de son cours, se jetait dans le golfe non loin de Lajazzo et mettait cette place en communication, d’une part avec la région du haut Euphiatc, de l’autre avec les provinces de l’Asie-Mineure séparées de l’Arménie par la chaîne du Taums. Enfin, par mer on communiquait facilement avec Chypre et la Syrie.
Aboulféda parle de Lajazzo comme d’un port célèbre, comme d’un rendez-vous auquel accourent les marchands par terre et jjar mer, mais il ramène l’origine de sa prospérité à une époque postérieure à la desi
' V. Sauuto, 1. c. et le» remarque» de MM. Deeimoni et Rey au sujet de ce i>a»sage, dans le» Arehites de l'Or, lai., I, 436; U, 1, 34».
’ Arckir. de l'Or, lai., I, 451, 473.
* Adrù directif, |). 303. Un lit tout le contraire dans un écrit antérieur d’un certain nombre d’années et renfermé dan» un codex de la bibliothèque bodléienue, dont M. Rey donne l’extrait suivant; “imrt a il un des meillior» don monde, la ou
tote» les nave» dou monde iiorroieut yverner, c’est assavoir le port de Pau», qui est à 4 liens d'Aïas.® L’ensablement aiiraitril fait en ce point des progrès assez raidde» pour motifer cette divergence?
* Sanut., Kpist; à la suite de» Secret, ftdcl. crue., p. 289 et s., 297 ; Weil, Oeseh. der Chalif., IV, 345. 361 ; Aboulf., Oiwjr., II, 2, p. 27. Les chartes font une distinction entre le castrum terræ (c. pr<'pe, ante i)ortamV, et le castrum insulte: Areliir. de l'Or, lai., I, 495. 505.