‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 105 sur 251 · V. Fin dfs rolfmies de In rire septentrionale du Pont · texte numérisé non relu

V. Fin dfs rolfmies de In rire septentrionale du Pont

de la domination génoise, le consul de Soudak remplissait en même temps les fonctions de gouveimcui' de la place ( casteüanus) ; aussi lui était- il formellement interdit de découcher, sous peine de destitution; chacune des citadelles était commandée par un soas -gouverneur. Le soin de pourvoir à l’approvisionnement de la place en vivTes et armes, ainsi qu’à l’entretien et à la réparation des ouvrages de fortification incombait à un conseil d’approvisionnement: pour subvenir à ses dépenses, il avait une caisse entretenue au moyen des impositions payées par les habitants et du produit des amendes.'

Citons encore une troisième forteresse importante, celle de Cetnbalo (Balaclava). La citadelle proprement dite (castrum S. Nieolai; était construite sur la hauteur qui limite le port à l’est; de cette hauteur descendaient, à droite et à gauche, deux murs reliés entre eux, au bas de la côte, par un troisième qui courait le long du port; aux extrémités de ce dernier mur s’élevaient deux tours, l’une située du côté du village actuel de Balaclava, l’autre bâtie à l’entrée même du port et le commandant complètement, vu son peu de largeur; ces deux touj-s tonnaient, à ce qu’il semble, en même temps, le flanquement de la citadelle basse, placée sous l’invocation de S. Georges.' Le chiffre réglementaire de la garnison des deux citadelles était fixé par le statut de 1449.»

Toutes ces colonies avaient fini pai' former un ensemble assez considérable, et il était devenu nécessaire de créer une organisation intérieure: ce travail marchait parallèlement à celui de la construction des fortifications destinées à les protéger à l’extérieur. X Gênes, les

' On peut ge rendre compte de l’orgnniaation adminiatrative de cette colonie au temps de la domination génoise, eu lisant le Statut de Soldaja de 1449: Atti delta Soe. Lig., VII, 2, p. 662 et h. DuboU de llontpéreux donne une deocription excellente de l'aapect que présente la ville moderne de Soudak avec les ruinea de l’époque (Texte, V, 323 et ss. ; Atlas, 2* série, pl. 45, 64 ; 3° série, pl. 29); voyez encore Pallaa, op. cit., II, 222 et sa., et Mourawiew-Apoetol, Reiee naeh Taurien. 160 et 8. Lee inscriptions et les armoiries encastrées dans les murs sont reproduites dans Oderico, Lett. ligust., tav. 11 — 14; Waxel, Recueil d'anliq., n“ 17 — 19, Dubois de Hontpéreux, V, 362 , 367 et s.; et Jurgiewiex, Sap,. .V, 169 — 176. M.

Pbil. Bruun a publié en langue russe des matériaux pour servir à l’histoire de Soudak (Odessa, 1871).

’ Alti délia Soc. Ltg., VI, p. 279.

‘ Ibid. VII, 2, p. 661 et ss. Les ruines des fortifications de Balaclava sont décrites dans Demidoff, Reiee in die Krim, trad. Neigebaur, H, 44; Dubois de Hontpéreux leur consacre un chapitre particulier, VI, 116 et s. (avec une vue, dans l’Atlas, 2® série, pl. 64). Les pierres sur lesquelles étaient gravées des inscriptions et des armoiries ont été pour la plupart transportées à Gênes: Canale, Crimea, II, 343— 346. Voy. dans Sap., V, 176 et s. une inscription très ancienne, dont j’ai parlé plus haut.

H68 Troi/tih»u‘ jvriodf. — Déradpure du commerce du Ijerant

personnages chargés de rédiger des statuts spéciaux pour les colonies du Pont n’avaient nullement la présomption de croire qu’il fût possible d’atteindre du premier coup la perfection. On y expédia à plusieurs reprises des commissions chargées d’étudier sur place la situation et les besoins des colonies. La bourgeoisie de Gaffa envoyait fréquemment des députés* porter ses réclamations ou ses vœux; on les écoutait toujours avec une attention scrupuleuse. En 1398, deux de ces députés, Niccolo Dotto et Gaspare Spinola, se trouvaient à Gênes. Leurs plaintes portaient sur divers points: d’abord sur ce que les fonctionnaires de Gênes toléraient ou introduisaient une foule de nouveautés au détriment de la colonie; en second lieu, sur ce que l’administration prétendait faire désintéresser par la commune les créanciers qui lui avaient fait des avances pour parer à des dépenses extraordinaires, et sur ce que cette même administration avait accueilli sans fondement des demandes à elle adressées par certains individus, à l’effet de se faire payer par la caisse communale etc. Mais le principal objet de leur mission était d’obtenir en faveur de Caffit l’établissement d’une sorte d’hégémonie sur les autres colonies génoises du Pont Le 10 avril 1398, la commission des colonies de Gênes, en réponse à ces réclamations, prit une série de résolutions,* tendant à la réforme de l’administration de la commune de Gaffa et à l’exercice d’un contrôle plus sévère de ses actes: c’est ainsi, par exemple, qu'elle reconnut aux bourgeois un droit illimité de porter plainte par devant le consul. Par contre, on accorda au consul la faculté de nommer, après entente avec son collège de conseillers et avec la commission d’approvisionnement, à une série de fonctions coloniales, soit à Gaffa même, soit dans d’autres colonies du Pont La commission des colonies de Gênes ne se réservait le droit de nomination que pour les postes ci-après, dont il n’est pas besoin de faire ressortir l’importance: 1° les consuls de Gaffa, de Simisso, de Balaclava, de Trébizonde et de Samastri; un codicille du 28 ocL 1399 ajoute ceux de Tana et de Soldaja;’ 2" les massarii préposés à l’administration des finances de Gaffa; 3" les chanceliers ou secrétaires attachés au consulat et à la trésorene (massaria ) de Gaffa* Gette décision constituait pour les consuls de Gaffa une grande extension de pouvoirs; précédemment, sous le régime du statut du 30 août 1316,

’ La bourgeoisie n'avait pas besoin de ' Canale, IkUa Orimea, L 241.

l’agrément du consul pour faire des dé- * Une ordonnance complémentaire, du

marches de ce genre, et il était formelle- 18 avril 1898, excepta formeUement da

ment interdit à ce dernier de mettre des nombre des fonctionnaires laissés i la doentraves au départ des députés ou de se mination du consul de Caffa, les secré-

mêlerde la rédaction de leurs instructions: taires des consuls de Simisso, Balaclsra,

AUi delta Soc. lig., VU, 2, p. 629 et s. 8old^, Trébizonde et Samastri; Atti délia

’ Allé delta Soc. lAg., XIV, 101 — 110. Soc, Lig., XIV, p. 109 et ».

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leur droit de nomination était restreint à l'unique poste du consul de SoliçHt:' dorénavant, ils pouvaient, avec une ajiparence de raison, s'attribuer, comme ils le faisaient parfois, les titres de “consul pour toute la Gazarie" ou de “consul de tous les Génois présents sur le territoire de la Gazai’ie", ou même de “consul de toute la mer Noire et de l’empire d? Gazarie“.’ En somme, ce dernier code colonial attribue à Caffn le rôle d'un centre j)olitique et d’un chef-lieu, tantôt pour tout l'ensemble des (r(donies du Pont, tantôt pour une pai tie de ces colonies.

En 14.34, de nouveaux réglements remplacèrent ceux de 1398;* ces réglements n’ont pus encon; été imbliés, mais iren importe, car noms devons parler maintenant avec plus de détails d’une œuvre légi.slative beaucoup plus importante, émanée quelques années plus tard de la commission des colonies de Gênes. Si la bourgeoisie de Calf'a envoyait de temps à autre des députés à Gênes dans le but d’y ]>rovoquer certaines réformes de la législation coloniale, récii»roquement. la commission des colonies expédiait parfois à Cafîa des commis.saires eliaigés d'y r'éviser les réglements en vigueiu’ poitr les colonies du Pont. Baniaba dei Vivaldi, investi avec quelques autr'os d’une mission de ce genre, dépos<r. à son retour, sur le bureau de la commis.sion des colonit's un projet complet de réforme des réglements pour- Cafta et pour les colonies voisittes. Ce irrojet servit de base à une noitvelle législation et, après avoir- entendu un certain nombre d’habitants de (’aft’a et de personnes rcr-sées dans tos (jirestions, auxquelles on l’avait communiqué, la commission des colonies publia un code complet, connu sous le nom de Statut du dentier fnrier 14411* 11 ne nous est pas possible d’en donnerici une analyse complète. Nous nous bornerons à lui fair-e des emprunts quand r(K-casion s’en prèseirtci-a, à mesure que nous avancerons dans l’étude de l’organisation coloniale et sans nous astreindre à suivie l’oi-di-»* (les matières. (Cependant, avant d’aller plus loin, il e.st bon de jilacer ici quelques obsei-vations d’une natur-e générale.

Plus les Génois étendaient leurs conquêtes sur la côte méridionale de la Crimée, plus se multipliaient les occasions de contact avec des individirs de nationalités et de religions ditférentes. Les autorités génoises de Soudak et de Cembalo ne pouvaient pas se passer d’un

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’ (Merieo. Lelirrr liyit.il., p. liSJ et s.;

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