‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 13 sur 251 · C. IL La Petite-Arménie · texte numérisé non relu

C. IL La Petite-Arménie

par mer, le trafic se détournait du côté de Lajazzo malgré le surcroît de distance à parcourir.’

Le développement des l'clations avec l’intérieur de l’Asie par Lajazzo profitait aux habitants des districts situés au de là de l’Arménie; par les routes commerciales qui aboutissaient à cette ville, ils pouvaient, eux aussi, se rendre sur la côte et y trafiquer avec les nations commerçantes de l’Occident En 1267, l’amiral génois Luchetto Grimaldi ayant capturé dans le port arménien de Koiykos (Curco) une galère chargée de marchandises de grand prix,’ les propriétaires réclamèrent une indemnité; dans le nombre, il y avait des Arméniens de Lajazzo, des Syriens d’Acre, de Tjt et d’Antioche et des sujets du khan mongol Abaka.’ Les Sarrasins de Syrie apportaient sur le marché de Lajazzo de grandes quantités de coton ;‘ un certain Yousouf, de Bagdad, y possédait, parait-il, un comptoir permanent**

Ainsi, le port et les rues de Lajazzo regorgeaient de marchands de toutes nationalités. Là, le Franc trafiquait ouvertement avec le Sarrasin, et ce qui donnait à ce lieu de rendez-vous un attrait si puissant pour la chrétienté d’Occident à une époque où l’accès des ports .sarrasins était prohibé par le Saint-Siège sous les peines les plus sévères, c’était sa situation en terre chrétienne. Les marchands qui redoutent les foudres du Saint-Siège vont à Lajazzo, dit Sanuto.' Si l’époque de la plus grande prospérité de cette ville correspond à la période où la prohibition prononcée pai- les papes était observée avec le plus de rigueur, ce ne fut pas le résultat d’un simple ha.sard: elle en fut au contraire la conséquence directe.

Reprenons maintenant une à une chacune des nations commerçantes d’Europe qui fréquentaient l’Arménie à cette époque. Nous avons fait déjà l’historique des relations de Venise avec ce pays, jusqu’au traité de 1245. Le traité suivant, conclu en 1271, reproduit d'une manière géné-

' Note de Dulaurier, Ibid, introd., p. xlii.

* Annal. Jan., p. 361.

’ Document du 23 oct. 1868; Mae Latrie, Hùt. de Chypre^ II, 74-79; Langlois, Trésor, p. 149 — 161. Le gouvernement génois fit, effectivement, payer des indemnités à ces marchands orientaux, en 1271, par Jacopo Pallaviciui: Arehir. de l'Or, loi., I, 441. Dans le document de 1268, il n'y a qu'un seul des réclamants qui soit désigné comme habitant de Mussoul (Uosolinus); plusieurs sont indiqués comme habitants de Damas ; dans le second document, daté de l'année 1371, ils sont

au contraire, tous portés comme Hosolini ; pour expliquer cette contradiction, il faut admettre que, parmi les marchands orientaux des pays musulmans qui visitaient les états croisés et l’.^rménie, il y avait un grand nombre d'habitants de Mossoul, et que, par suite, les Occidentaux avaient pris l'habitude de les désigner tous sous le nom générique de Mossoulans (Musoliiii).

* Langlois, Oy>. r.. p. 197 et s.

‘ Ibid. p. 175.

“ Epist. 1', à la suite des Seer. fidel. crue., p. 297.

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