VII. IJÊgyptt et la Syrie
pour l’année 1456; la conduite de l’expédition était confiée à des marchands de Montpellier qui avaient été autrefois au service de Jacques Cœur J En 1470, trois galères de France rentrèrent d’un voyage dans le Levant: on possède le registre de comptabilité de l’une d’eUes par recettes et par dépenses, et l’on y voit que quelques-uns des armateurs de ce bâtiment avaient été très liés de son vivant avec le célèbre trésorier.* Je ne serais pas éloigné de croire que les deux belles galères de Montpellier que vit un pèlerin rhénan h Khodes, en 1472, étaient des bâtiments de cette sorte, car il remarqua sur le pavillon les armes du roi de France.* Enfin, nous voyons dans une source vénitienne qu’en 1485 une galéasse du roi de France se trouvait â l’ancre dans le port d’Alexandrie.* Ces points de repère sont trop peu reliés les uns aux auti-es et, d’un autre côté, les quelques renseignements fournis par les extraits de correspondance collectionnés par Sanuto* sont trop insuffisants pour qu’il soit permis d’en conclui'e à l’existence d’un service régulier de navigation entre la France et l’Egypte ou la Syrie; en tout cas, il n’existait pas de pareil service à l’origine, mais l’organisation de voyages annuels fut certainement l’un des projets médités par les rois de France.® S’ils n’y arrivèrent pas, Charles VH et Louis XI firent néanmoins leur possible pour faciliter les voies en Égypte aux marchands français, en leur procurant des recommandations pour les sultans.^ Nous verrons encore plus loin que Louis XII ambitionnait d’y créer â ses sujets une situation prépondérante parmi ceux des nations commerçantes.
Si nous considérons à part les divers ports du midi de la France, on a déjà pu voir d’après ce qui a été dit ça et là, que, pendant cette période, ils prirent toujours une certaine part au trafic avec l’Égypte et la Syrie. Cependant, les progrès de l’ensablement des canaux qui reliaient les villes de Narbonne et de Montpellier à la mer leur créaient des difficultés de plus en plus grandes pour l’expédition de navires de haut bord. Marseille, grâce à sa situation an bord de la mer, échappait à cet inconvénient: aussi était-ce, vers la fin du Moyen-Age, le seul port de cette région où le commerce du Levant donnât encore
‘ Ordonnunceg des rois de France, XIV, 396; cf. Pigeonneau, Hist. du commerce de la France. I, 366, 379 et ».
’ Pigeonneau, I. c., appeud., n" v, et p. 379, not. 4.
’ Conrady, Vier rheinisehe Pilgersehrifien, p. 108 et ».
* ViA'ndouhrovra.Calend.of statepapers Venel., I, 156.
‘ Sanut., IHar., lU, liai, 1128, 1199, 1461, 1527; IV, 241, 430 , 441, 486; X, 626, 636, 886 et «.; XI, 56, 69, 76 et»., 268 et 8.
' ValletdeViriville, £ft»<.<feCAarle*P7/, III, 441, not. 1.
' Ibid. p. 440 et ».; Pigeonneau, op.
cit., p. I, 414 et s.
486 Troisième f>ériode. — Décadence du commerce du Lerant.
lieu à un mouvement assez actif. Â cette époque, Thistoire des ports français de l’Océan Atlantique reste en général en dehors de notre cadre; leurs marins suivaient d’autres directions. Cela n’empêche qu’en 1479 le duc François II de Bretagne concluait encore avec le sultan d’Egypte un traité dont l’objet était d’ouvrir à ses sujets l’accès de ce pays.'
Au point de notre récit où nous sommes arrivés, noos commençons à approcher de la tin du XV" siècle, et, par conséquent, aussi du Moyen- Age. Les nations et les villes maritimes de l’Occident, pn)priétaires de fondachi à Alexandrie, dont nous nous sommes occupé dans les pages précédentes, n’avaient pas toutes été en mesure de préserver jusque là l'existence de leurs colonies. Nous lisons dans un rapport très instructif d’un consul vénitien, Francesco Bemardo, que, vers 1498, le noyau de la colonie d’Alexandrie ne se composait plus que de Vénitiens, de Génois et de Catalans.* Pour les Florentins, les Ragusans,® les Français, ils prenaient bien encore une part active au trafic avec l’Égypte et la Syrie, le &it est surabondamment démontré, mais, si on les voyait fréquemment à Alexandrie, c’était uniquement en passant; ils n’y avaient plus de comptoirs. Pour tenniner ce chapitre, il nous reste à passer en revue ces diverses nations et à dire ce que l’on sait de leurs vicissitudes pendant cette dernière période. Cela se borne à peu de chose. Barcelone déploya une énergie toute particulière pour le maintien de sa colonie d’Alexandrie; nous n’avons besoin d’autre preuve que les nombreuses pièces relatives à la nomination de consuls catalans désignés pour ce poste, qui ont été consen'ées jusqu’à nos jours; ce sont des brevets et des lettres de créance, dont les dates nous mènent jusqu’au cœur du XVI" siècle.* Entre Barcelone et les sultans, nous n’avons point de conflits tant soit peu importants à signaler. Les plus dangereux ennemis du commerce catalan étaient toujours les corsaires de cette nation; leurs excès arrivaient parfois à porter l’initation des autres nations maritimes à un tel point, que cellesci faisaient la chasse à tout ce qui portait le pavillon catalan, au grand détiiment des navires marchands; c’est pour ce motif qu’à l’automne de 1483 Félix Fabri et Breydenbach trouvèrent le fondaco catalan à peu près vide; jeependant, le consul était à son poste.® Mais cet état d’abandon pouvait n’être que passager et nous n’avons naturellement pas le droit de tirer de cet exemple une conclusion générale, touchant la fréquentation du port d’Alexandrie par les Catalans. Plus tard, leur fondaco se remplit
' Lobineau, Hiat. générale de la Bretagne, I, 733, cité par Pardeasua, Coll, des loù maritimes. III, p. civi.
’ Sanut, Diar., II, 171.
’ Ibid. III, 476, 738, 1123, I.Î27, l.-)89; VI, 279.
* Capniau}’, Mentor., IV, 250, 261; II, 294 et 8., 302 et s»., 306, 307, 309, 313, 346 et append., p. 62 — 67.
‘ Fabri, III, 163; Breydeubacb, fol. 123.
VIL U Égypte et la Syrie.
de nouveau, et même leurs navires apportèrent de riches cargaisons et l'emportèrent assez d’èpices, pour que leur concurrence fflt vue de mauvais œil par les Vénitiens.'
Entrés tardivement en relation avec l’Égypte, les Florentins avaient à peine donné un peu de développement à leur trafic qu’il avait fallu l’interrompre: il souffrit pendant longtemps du défaut d’organisation. La navigation était réglementée depuis longtemps du côté de l’Occident, quand le conseil de Florence songea à s’occuper de nouveau du trafic du Levant, pour lui imprimer une marche régulière. H y fut amené en partie par le besoin de trouver un emploi rénumératenr pour les galères construites aux fiais de l’État, et plus encore par la conviction que c’était le seul moyen de tirer tout le profit possible de la circulation des marchandises, en organisant sur les meilleures bases l’échange des lainages et des soieries de l’Occident contre les aromates et les épices de l’Orient Partant de ce point de vue, le conseil de Florence, par décret du 18 août 1444, ordonna aux ConsoH dd mare de prendre les mesures nécessaii'es pour envoyer chaque année deux galères de commerce visiter Alexandrie et les ports voisins; les départs étaient fixés pour la première fois au mois de mars de l’année suivante, et, pour les autres années, au printemps. D’après ses instructions, le capitaine à qui fut confiée la direction de la première campagne commença par visiter les ports de la Catalogne, pour y compléter sa cargaison en y joignant une quantité d’articles indispensables au succès d’un voyage d’affaires dans le Levant A partir de 1447,* on arrêta comme il suit le programme du voyage: à l’aller, traversée de Livourne à Syracuse en longeant les côtes d’Italie, arrêts à Modon, Rhodes, Alexandrie, Beyrout et Jaffa; au retour, escales à Rhodes et, suivant le besoin, à Chypre, à Candie ou à Chio. A partir de 1460, ce voyage unique parut insuffisant et on transfoima celui des galères de Tunis en un voyage circulaire avec escales à Alexandrie et à Rhodes; c’était visiblement une imitation de celui des “galee di traffieo“ de Venise.* La reprise d’un trafic régulier avec l’Égypte eut lieu, comme nous l’avons vu plus haut, au printemps de 1446; or, à la date du 11 mai, on nous signale le départ d’un certain Oiovenco* délia Stufii, muni de lettres de recommandation pour le sultan d’Égypte et pour les autorités d’Alexandrie; ce personnage était, très probablement, le commandant des '‘deux premières galères”; la chose est d’autant plus vraisemblable que, dans les documents en question, on lui attribue le titre
' Sauut, Dior., ni, 476, 1080, 1109, 1627; rv, 241, 343, 418 et s.; VI, 27» etc. ’ Doe. suite reiax. toic., p. 291.
’ Amari, Üipl.arab., ap]>eud., p.48et»s.
‘ Et noB A^olo, comme le uomme U.
Pa^rnûu, n, 43. Oiovenco devint plus tard gonfalonier (1469): Anuniiato, 2* part.,
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488 Trnisihnc ))criode. — Décadence du commerce du Ixivunt,
de “mercator prœfeetusque nostrarwn triremium". Ces letti'es sont écrites en termes très généraux, de sorte qu’on n’y voit pas quel pouvait êtit! l’objet spécial de sa mission auprès du sultan.' En 1465, Mariotto Sqnarcialnpi , nommé consul de Florence à Alexandrie, reçut des lettres de recommandation à peu près identiques: comme celles de G. délia Stufa, c’est un tissu de grandes phrases sur la confiance des marchands florentins dans les sentiments d’équité et d’humanité des sujets du sultan; c’est ce qu’on appelle de l’eau bénite de cour.* Un auti-e agent florentin, Bemardo di Bartolo dei Corsi, envoyé à la coui' du sultan à peu près à la même date que le précédent, avait pour mission de demander au nom de ses compatriotes un allégement des droits de douane et des impôts, en ce sens qu’ils désiraient n’être imposés que pour les marchandises qui restaient dans les états du sultan, ce qui impliquait l’exemption pour la partie de leur cargaison reprise par les marchands ou réexpédiée dans un autre pays.® On voit par là que les Florentins n’étaient jamais contents de ce qu’ils avalent: les négociations et les traités dont nous allons parler le démontreront mieux encore. Â une date qui n’est pas détenninée, mais qui doit n’êti'e pas très postérieure à l’an'ivée aux afl'aii'es de Laurent de Médicis, une députation de la colonie floi'entine d’Alexandrie remit au sultan Kaïtbaï des lettres de la Seigneurie et de Laurent, et conclut avec lui un traité copié pour le fond sur un traité entre Venise et l’Egypte; il n’en diffère que par certains codicilles ajoutés pour satisfaire des demandes spéciales des Florentins:* c’est une énumération détaillée de garanties contre l’arbitraire des fonctionnaires. Cependant, si précis qu’il semble, les Florentins ne l’acceptèrent pas encore comme définitif: ils étaient sans cesse occupés d’y introduire des perfectionnements; chaque fait nouveau donnait lieu à un nouveau paragraphe. Nous en trouvons la preuve dans un projet d’instructions du 27 nov. 1481,® rédigé probablement pour- une nouvelle ambassade qu'on se proposait d’envoyer en ce moment. De nouvelles négociations eurent lieu à Florence en 1484: Kaïtbaï s’était fait représenter par un certain Malfota;® elles fuient reprises en 1487 (?), au
* Amari, Pipi, arab., append., p. 17.
’ Amari, ibid. p. 38 — 40. Élu en 1458,
comme conaul intérimaire, par les marchands catalans d’Alexandrie, ce Squarcialupi fut destitué en 1459 par Jean II, roi d’.\ragon, parce qu'il abusait de sa situation pour commettre des exactions:
Oapmany, Mem., II, append., p. «7; IV, 950—862. En 1476, il était encore consul de Florence: Amari, 1. c„ p. 41 et s.
* .\inari, Pipi, tirait., append., p. 40.
* Amari , Pipi. arab. , p. 363 et ss.
L'éditeur attribue sans preuves à ce traité la date de 1488; c’est une erreur, caries articles additionnels furent soumis é la commission de marchands chargés de les étudier, dans sa séance du 27 nov. 1481 ; pour s’en convaincre, il suffit de rapprocher les pages 362 et 369 et s.
“ Amari, Pipi, arab., p. 361 et s.
" Ibid, apiicnd., p. 46.
VIL L'Êgyjite et la Syrie.
Caire, par Paolo da Colle au nom de Florence. Le sultan se montra plein de prévenance. Les stipulations étaient arrêtées quand Colle mourut assez subitement. Comme il n’avait pas eu le temps d’en donner communication à la Seigneurie, Kaïtbaï renvoya Malfota (on le nomme aossi parfois Malpbot ou Mazamet Elmalfet) en mission spéciale k Florence, pour y présenter au gouveniement les privilèges accordés au commerce par son maître. L’ambassadeur égyptien arriva an mois de novembre 1487: entre autres objets de prix qu’il devait remettre au nom du sultan, il amenait une girafe et un lion apprivoisé. Il était accompagné d’un interprête sicilien, chargé de transmettre les ouvertures que son maître l’avait chargé de faire verbalement. Il est pei-mis de croire que, dans ses entrevues, il fut question d’autre chose que des clauses du traité. Le sultan était alors très inquiet des progrès incessants des Osmanlis et il était tout indiqué qu’il prît ses précautions, afin de s’assurer l’alliance de puissances occidentales. Voulant éviter de se compromettre, la Seigneurie de Florence chargea son consul à Constantinople d’aller en son nom se présenter an sultan des Osmanlis, pour lui exposer qu’il n’avait nullement lieu de prendre ombrage de la présence d’un ambassadeur égyptien à Florence, qu’il pouvait compter sur la Seigneurie et qu’on ne s’écarterait certainement pas de la discussion des questions purement commerciales. C’est le cas de dire avec le proverbe: qui s’excuse, s’accuse.^ Peu importe d’ailleurs: la Seigneurie accepta les privilèges offerts à son commerce et envoya au mois de novembre 1488 Luigi délia Stufa porter au sultan ses remerciements pour les présents qu’elle avait reçus de lui et soumettre, par la même occasion, k son approbation quelques articles supplémentaires.* Kaïtbaï reçut l’ambassadeur à. bras ouverts et accueillit toutes ses demandes avec empressement (1489).® Après ces preuves éclatantes de bienveillance, nous sommes quelque peu étonné de constater dans le trafic un nouveau temps d’arrêt dont les causes sont restées inconnues. Des ambassadeur dont nous ignorons le nom, envoyés au Caire pour renouer les relations ainsi interrompues, en rappoilèrent un privilège par lequel le sultan
‘ Cette lettre »e trouve dan» les Doe.
mllt relax, lote., p, 237; elle jette une vive lumière sur tout ce qui concerne l'ambassade égj-ptienne. L’arrivée de l’ambassade a été décrite par Rinuccini (Hieor- <li. p. cxliii) et Landino en parle dans son Commentaire de Virgile (voy. Bandini, Coilectio vetenim aiiguot monimentorum, p. 12, not.). Dans une lettre adressée à la femme de Lorenzo et publiée par Fabronius (Laur. Medicie rita, II, 337), P.
Bibbiena s'étend longuement sur les présents apportés par l'ambassadeur.
’ Voyez la lettre de remerciement de Lorenzo, dans Bandini, L c., p. 12 et s. Les instructions de Luigi délia Stufa se trouvent dans Amari (p.372 et s.) qui donne immédiatement après les trente deux nouveaux articles proposés à l'approbation du sultan.
’ Amari, tHpl. arab., p. 181 et ss., 382 et SS.
490 Troisihne ju-riode. — Décadence du commerce du Levant.
déclarait accorder aux Florentins la jouissance de toutes les faveurs obtenues par les Vénitiens jusqu’à ce jour (1496).* Kaïtbaï mourut peu de temps après. Ce document est le dernier exemple d’un traité de commerce conclu entre Florence et l’Égypte, où soient visées toutes les questions de détail Nous trouvons bien encore, à la fin de la période que nous étudions, les déclarations portées à Florence par un ambassadeur égyptien, nommé Tagri-Berdi, au nom de son maitre Kansouh el Ghouri (1507) et les garanties données verbalement par le même sultan à l’ambassadeur florentin Bernardino Peruzzi (1609); mais il est impossible d’y voir autre chose que des déclarations générales, ou la répétition en abrégé des points les plus importants du privilège de Kaïtbaï.’ Si l’on jette un coup d’œil d’ensemble sur les relations entre Florence et l’Égypte, il est un fait qui frappe immédiatement, c’est l’absence absolue de ces conflits qui se représentent si fréquemment, quand il s’agit des autres nations commerçantes. Il semble qu’il n’y ait jamais eu le moindre frottement. Cela n’empéche que, dans tous les traités, chaque paragraphe, pour ainsi dire, démontre que les marchands florentins, comme tons les autres, éprouvaient cruellement les effets de l’arbitraire et de la violence des fonctionnaires égyptiens, et, en général, de l’intolérance et de la rapacité des Musulmans. Le fondaco donne lieu à une observation qui n’est pas moins curieuse: il fait l’objet de nombreuses demandes, aussi souvent accordées; et cependant, il serait impossible de trouver dans un passage quelconque soit la désignation claire et nette d’un fondaco assigné aux Florentins, soit une trace de la prise de possession d’un fondaco par les marchands de cette nation. Pour le consulat, c’est autre chose: le fait de son existence à Alexandrie est certain ’ et il subsistait encore bien après la fin du Moyen -Age.<
Sur le commerce de Gênes avec l’Égypte et la Syrie pendant les dernières années du Moyen-Age, il n’existe que fort peu de chose. Les sources indigènes sont rares et à peu près nulles sur ce sujet. D’après .àgostino Giustiniani, la République aurait envoyé un ambassadeur au Caire en 1474, ou tout an moins le gouvernement aurait discuté l’opportunité de cet envoi en vue de seconder la marche progiTssive du commerce national en Égypte et en Syrie.* Dans les nombreuses lettres expédiées à cette époque d’Alexandrie, de Beyrout et de Tripoli à Venise, on signale à chaque moment le nombre de navires génois qui entraient dans ces ports avec un bon approvi-
' Xmari.Ihpt.arab., p.l84etg8.,S10etSH.
’ Ibid. p. 214 et as., 387 et ss.
* il De parait pan que les titulaires de ce jioste se soient succédé wius interruption.
' Voy. des exemples dans Amari, Dipl.
arab., append., p. 75.
' Uinstiniani, Annali di Oenora, p.
ccxxvi, b.
•^igitizcd by jî -Ogk