‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 15 sur 251 · C. II. Im Petite-Arménie · texte numérisé non relu

C. II. Im Petite-Arménie

que l’on ne possède aucun diplôme du XIV' siècle, donné par un roi d'Arménie en faveur des Génois, ni, en général, aucun document qui puisse nous renseigner sur la durée des relations commerciales de Gênes avec la Petite - Arménie. C'ejendant ce n'est pas une raison pour supposer que le trafic; eût cessé d’exister alors; ce serait une conclusion prématurée. Il est bien vrai qu’en 1297 Teofilo Morosini, capitaine de navire vénitien, détniisit sur le territoire arménien, à Lajazzo probablement, une halle appartenant aux Génois;* mais ce fait isolé ne démontre pas que c’en fût fait de la colonie génoise dans ce pays; ce n'était que l’un de ces nombreux accidents passagers et bientôt oubliés qui frappèrent alternativement les colonies de Gênes et de Venise au cours de la longue guerre sascitée par la rivalité des deux républiques.’ En 1335, Pegolotti trouva encore les Génois en possession des franchises douanières dont ils avaient joui de tout temps.* Il est parfaitement permis de supposer que leurs établissements et leim commerce subsistèrent jusqu’au moment où le rojaume d’Arménie succomba sous les coups de ses ennemis.

Étant donnée la situation favorable du royaume d’Aiménie, la chute des états fondés par les Francs devait avoir pour conséquence de lui imprimer un nouveau développement, et aussi d’y développer la concurrence en pro-

Ce chroniqneur ne fait pas mention du traité ronclu par Zaccaria avec Léon, mais il parle de l’arrivée de ce personnag-e en .\rménie en 1289, comme d’un retour; il savait donc que l’amiral avait été déjà dams le pays à une époque antérieure. Le fait est, d’ailleurs, mis absolument hors de doute par le diplôme du 23 déc. 1288. D’après Saint -Martin (I. e., p. 104) tout ce que dit Doria des concessions accordées postérieurement par HéUioum devrait s’interpréter en ce sens qu’il ne s’agirait eu réalité que du diplôme de Léon, dont l’expédition, retardée par la mort du prince, n'aurait eu lieu que sous le règne de son fils. A cette opinion il y a lieu d'objecter que, parmi les faveurs consenties par Héthoum, il n’y a que la deuxième qui se retrouve dans le diplôme de Léon: c’est l’abaissement des droits à la sortie sur les marchandises exportées en pays turc; on y chercherait en vain quelque chose qui ressemble à la cession d’un foudaco; cette dernière faveur

fut eu tout cas accordée par Héthoum; par conséquent, si l'autre semble être la reproduction d’un article il n’y a là, sans doute, qu’une coïncidence plus apparente que réelle.

' Dandolo, p. 407. A la place du mot “Frofio" du texte, il faut lire “Fioflo“, provincialisme pour “Teofilo"; v. Cicogna, tnsrr. renex., HI, 187; Romanin, S/oria tli Vriifxia, III, 89 , 90. Sur la signification du mot “lobium", v. Murat., Antiq. liai. mal. irai, II, 168: “lobia Mediolanensibus idem ac loggia Toscanis."

’ Elle eut assez fréquemment pour théâtre les côtes d’Arménie: v. Dandolo, p. 404 et SS.; Arehir. stor. it., App., n® 18, p. 11 — 16; Sanuto, Secr. fidtl. rruc., p. 83; Héthoum, éd. Dulaurier, dans le Kfr. des hisl. des crois., 1. c. , p. 489; Romanin, III, 98.

’ Pegolotti, p. 46; il donne, en général, les tarifs de douanes applicables aux diliérentes nations.

86 Deuxième période. — II. Développement du conmterce du Ix^vant.

portion dea chances de gain. Cependant, les Génois et les Vénitiens conservèrent toiyours une prépondérance marquée, grâce K leur qualité de nations les plus favorisées; ceux de leurs concuiTcnts qui obtinrent le même traitement qu’eux ne fiirent que des exceptions. Dans le nombre il faut citer la grande maison de banque et de commerce Bardi, de Florence ; elle dut peut - être cette faveur à ce qu’elle avait fait des avances d’argent au roi; en tout cas, Francesco Balducci Pegolotti, son agent, obtint pour elle, en 1335, l’exemption entière des droits d’entrée et de sortie, tandis que sa rivale, la maison Peruzzi, de Florence comme elle, continua de paj'er un droit de 2*/o t^d valorem à l’arrivée et au départ. Pegolotti affirme que les Siciliens jouissaient aussi de la franchise entière, mais ce renseignement est contredit d'une manière irréfutable par un diplôme arménien découvert dans les archives de Mes.sinc. Ce diplôme fut signé par Léon V peu de temps après son mariage avec la fille de Frédéric I", roi de Sicile; en considération de ses sentiments d’amitié pour le pays de son beau-père, le roi d’Arménie promet aux Siciliens le meilleur accueil dans ses états, mais cela n’empéche pas qu’il frappe d’un droit de 2 */o ^ l’entrée et à la sortie les articles taxés au poids, tandis que, pour les autres articles, il se contente d’un simple droit d’accise de 1 %. Entre la date de ce diplôme (24 nov. 1331)* et l’époque du séjour de Pegolotti en Arménie, l’intervalle est trop court pour qu’il y ait place pour un autre diplôme accordant aux Siciliens l’exemption complète des droits de douane.

Pour les Pisans, nous savons par Pegolotti qu’ils acquittaient un droit de 2 ®/o ad valorem à l’entrée et à la sortie. Cette situation d’infériorité à l’égard d’autres nations d’Italie ne les empêchait pas de se porter en grand nombre à Lajazzo;* ils partaient de là pour faire le cabotage le long des côtes d’Arménie, de SjTie et d’Égjq>te; c’était de préférence vers ce dernier pays qu’ils portaient leurs efforts: ils lui fournissaient du fer et du bois en dépit des défenses ecclésiastiques.® Tout ce que nous savons des affaires qu’ils faisaient en ce genre nous est révélé par des actes passés devant des notaires génois. On comprend trop facilement pourquoi tous ces contrats, lors même qu’ils sont passés

' V. la note de Dulaurier, dans ses Refherehfs sur ta chronologie arménienne, I (Paris 1859), p. 180. Le texte du diplôme se trouve dans Langlois, p. 186 — 190 et dans le Kerueil des hist. des crois.. 1. c., p. 769 et ss. ■"

’ Voy. , p. ex., Areh. de l’Or. Int., I, 467, 478, 480—482.

’ Ih'd. I, 448 et s., 447 et s., 450. 460 , 466 , 468 , 481 et s., 484 et s., 487

et 8., 491 et 8. Il n'avaient pas 5 aller chercher le bois bien loin; ils le prenaient, par exemple, A Caramella, ou, plus exactement, Cannamella, sur la côte septentrionale du golfe d’-Alexandrette: v. .Sanuto, dans Bongars. U, 88; Langlois, Voyage en Cilicie, p. 472; Rey, Périples de Syrie et d’Arménie, dans les Archir. de l’Or. ht., n. 1, p. 333.

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