II. Produite naturels. — Baume
Baïune.
Une des curiosités les plus remarquables de l’Egypte au Moyen-Age, était la ferme de Matarea, avec son jardin planté de baumiers et arrosé pai- une source miraculeuse, objet de vénération chez les chrétiens comme chez les Mahométans. Suivant la légende, la Vierge Marie y avait pris un moment de repos avec l’enfant Jésus pendant la fuite en Égypte; aussi pas un des nombreux pèlerins, qui se rendaient en Terre- Sainte par l’Egypte et la presqu’île du Sinaï n’eût-il manqué de s’y arrêter^ en passant. D’ailleui’S, la route du Caire au Sinaï passait devant Matarea; cette localité était située sur la lisière du désert, à quatre lieues environ du Caire et dans le voisinage de la ville d’Aïn- Chems, dont les géographes arabes donnent souvent le nom au célèbre jardin.* Chaque point du terrain renfermé dans les limites de la ferme avait sa légende; l’imagination populaire attribuait à la plantation de baumiers une origine miraculeuse et, par une déduction assez naturelle, on croyait que ce petit coin était, dans le monde entier, le seul où pût croître la plante d’où l’on tirait le baume. A une certaine époque de l’année, quand la sève gonflait les rameaux des arbrisseaux, les jai'diniers pratiquaient des incisions dans l’ècorce en ayant soin de ménager le bois, ou bien ils détachaient des feuilles, des rejetons, des ramilles; le baume commençait immédiatement à suinter par les blessures faites à la plante, et on le recueillait de divei'ses manières, soit à la main tout simplement, soit au moyen de bandes de coton ou de petites fioles suspendues à la plante et dont on versait ensuite le contenu dans de plus grands vases: on laissait reposer la sève ainsi récoltée, de préférence an soleil; les impuretés se déposaient au fond des vases et l’huile pure surnageait;" on la décantait et on la plaçait sur le feu, où elle prenait une belle couleur d’un rouge vineux. Le baume récolté de cette manière passait pour le plus fin, mais on distinguait encore celui qui s’était écoulé naturellement par les incisions pratiquées dans l’écorce.
' Divers auteurs ont donné des relations détaillées de ces visites; nous ne citerons que les plus remarquables: Simon Simeonis, p. 48—60, Ludolf. de Suthem, p. 62 et SS., Frescobaidi et Gucci son compagnon, p. 61 et ss., 306 et ss., Tucber, p. 367 et s., Ghistele, p. 178 et ss., et Fel. Fabri, III, 2—18.
’ Avicenne, lib. 2, éd. Plemp., p. 68; Ibn Beitar, I, 160, 296; Âbdallatif, Deter. de l'Égyfte, p. 20 , 89. Le médecin Sim.
Setb, (De alimentù, éd. Bogdan., p. 14), s’inspirant des écrivains arabes , dit à propos de l’ambre: rinrai h sray*
rvr 'Hl/or ornftaXnftfrrj.
En effet, Ain Chems signifie source du soleil (littéralement, œil du soleil). Fabri part de 1& pour comparer poétiquement la source sacrée de Matarea 4 une “larme qui brille dans l’œil du 801611“. III, p. 9.
' Abdallatif, p. 20; Setb, éd. Bogdan., p. 14.
Supplhnent I. - Articles â^échange entre l'Orient et
rOccident.
T a.„Up ne déoassait pas 60 Rôtis dans les memeurs années;» d’api-ès La récolte n pSott? le poids du Rotl est de deux à trois lims.» les domiéœ d Peg J surveiUées de près, car elle devait
1^.1»“ des grSeasctés: il en envoyait une pudie «uy tmces on meme 'T . rfo^eains avec lesquels U échangeait des ambassades;* il en 1“ St Sains voyageuin à l’occasion de leur présenUtion,* à des dig. nrim XS » îaTqnes de son empire.. Une antre parti, allait ans
hôpitaux.* Ce qui
restait il le faisait vendre, et quelques-uns des dighonorés de ce présent faisaient de même et cédaient leï; S contre argent, à des eü^e^e distinction.» De temps à autre, ouelque voyageur trouvait moyen de sT^NajCurer de cette sorte de baume à Matai-ea même, mais alors, c’était le produi?S^’»»“ détournement et on savait le lui faire payer.» Cependant, les jardiniersS^^»'»^’®'^'“^ tarea n’étaient pas réduits à ces gains illicites; ils par une voie tout à fait ré^lière, car on leur abandon^?**' ^iranches coupées; en les faisant bouillir et en les comprimant, ils e* *™ encore une grande quantité de sève, inférieui-e assurément P®’
reté et comme finesse à celle qui était sortie naturellement,^."’®^ encore assez estimée pour être cotée à un prix élevé.* Il y avait toujours en circulation du baume provenant du jardin de\^ Matarea. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’à l’époque où le jardiii
’ Âbdallatif, p. 32; Avicenne, é<l.
Plemp., p. 68 et s. (ce détail ne ae trouve cependant pas dana les textes que Plempius avait 80U8 lea yeux: il l'a tiré d'une vieille traduction).
’ Pegol., p. 66—68.
• Tucher, p. 368, Harff, p. 109 et a.,
Fabri, III, 16, et Breydenbach s. p. donnent lea noms de quelques princes orientaux, à qui le sultan envoyait régulièrement du baume. H faisait souvent présent de flacons de la précieuse liqueur à des princes chrétiens, tels que Catherine Comaro, reine de Chypre (Mas Latrie, Eût. de Chypre, m, 406), le doge de Venise (ibid. 483), le duc de Milan, Galéas Maria Sforza (Archir. ntor. lomb., I, 166). Cea princes chargeaient, parfois, leurs ambassadeurs d'exprimer au sultan leur désir d'en recevoir de sa main; voyez le passage de Makrizi, cité par de Sacy dana son étude sur Abdallatif, p. 86, et Ludolf.
de Suthem, p. 63. Des pui.q.s:i,ir<Hw'' mercialea, telles que Venise et 1^ fitaient de leurs relations avec loioi^** pour faire demander le banm. ii-. i à leurs églises, et les aulUns étaient ^ ““ dénués de préjugés pour l'accorder; .A*
Dipi, p. 263 , 281, 358; Taf, et ’BÛ '
Ohrstele, p. 157.
‘ Piloti, p. 349; Fabi^ B. !'■
* Voyez le passage ieharUt, * H*krin.
plus haut. Dans CalcaschaW Ant^ tenfeld, Qatt. Abh., XXV, p^e, m *' Athir énumère diverses maiso)^ Rert? 1“ valent une allocation régulière et nomme l'“hopitar et les “chiten Syrie".
’ Fabri, m, 16, 17.
’ Frescobaldi, p. 62 et a.; Gucci, p. 308, 310; voy. aussi Tucher, p. 368.
* Ludolphe de Suthem, p. 63; Fabri
ni, 16.