II. Produit!) naturel!). — Baume
plein rapport, il n’y eut jamais plus de 4 à 500 pieds de baumiers; cela snifisait-il pour satisfaire à toutes les demandes? Il est permis d’en douter, en admettant même que les vendeurs aient déployé toute l’habileté possible pour allonger leur marchandise au moyen d’autres drogues; le fait est qu’il n’y a guère d’ai’ticles poui' lesquels on se soit autant plaint des falsifications.'
Les écrivains mahométans et chrétiens, nous l’avons déjà vu, ont affirmé et répété, d’accoi-d en cela avec la lé.gende, que seuls les pieds de baumier plantés dans le jardin de Matarea et arrosés par la source miraculeuse pouvaient donner du baume. En dépit d’eux, nous nous permettrons poui'tant de chercher s’il ne pouvait pas en venir d’autre part. Dès l’antiquité, avant la création du jardin de Matarea, il y avait des baumiers dans la SjTie, la Palestine, l’Arabie et l’Égjqjte; les Juife, les Grecs et les Romains connaissaient le suc qui en découle, ün peut suivre la culture du baumier en Palestine jusqu’au cours du Moyen-Age. Un pèlerin du VIII® siècle, S. Wilibald, eut occasion d’acheter du baume à Jérusalem.* Il est vrai que ce baume pouvait avoir été importé; mais peut-être nous sera-t-il permis d’en douter, quand nous saurons que, cent ans plus tard, un autre pèlerin, Bernardus Sapiens, trouvait encore à Jéricho la plantation de baumiers mentionnée pai' les écrivains de l’antiquité et voyait les habitants pratiquer des incisions dans l’écorce avec des pierres pointues,* pour en faire couler la sève.^ Disons cependant que la culture du baumier semble avoir été abandonnée de très bonne heure en Palestine. A partir de l’époque des croisades, il n’en est plus question. Lorsque Buichardus (a Monte Sion) visita le village d’Engaddi, vers la fin du XIII® siècle,* il ne trouva plus, sur l’emplacement d’une autre plantation également célèbre dans l’antiquité, que de misérables restes retombés à l’état sauvage par suite de l’incurie des Sarrasins. Abdallatif (mort en 1231) dit qu’il n’y a pas
* Fabri, III, 18; Breydenbach, a. p.; Schiltberger, p. 117; Manndeville, p. 63; Uatth. Platearius, circa instata, p. ccxxTÜi ; Âlpinus, Dt balsamo dialogus, p. 72 (et à la suite, le Liber de planlis Ægypt., Venet. 1602); VesUngius, Opobataami vindieice, p. 259 et sa. (à la auite de VIJisl. natur. Âegypt. d'Alpiuua. Lugd. Bat. 1736).
’ Dans Canisius-Basnage, II, 1*™ part., p. 113.
* C’était aussi avec une pierre pointue ou un us aiguisé qu'on pratiquait, k Matarea, l’incision de l’écorce; suivant une antique tradition, on croyait que l'emploi
d’un instrument de fer nuisait & la plante; voy. Abdallatif, p. 20, et la citation extraite de Haundeville, ibid. p. 87; Fabri,
* Heeueü de voyage» et de tntmoire», pubL par la Société de Géogr., IV, 806. Pour l’histoire de la culture du baumier à Jéricho, voy. Bitter, Erdk., XV, 1, p. 609. On peut consulter encore sur le même sujet, parmi les anciens auteurs, Petr. Casin., éd. Tosti, p. 129.
‘ Laurent, Peregrinaiores médit cevi, p. 61 ; voy. encore Ritter, op. dt., p. 648.
678 Supplèmrnt I. — Articles d'échange entre l’Orient et l’Occident.
de baumiers en Palestine;' il pouvait, on le voit, avoir i)arfaitement raison pour l’époque où il vivait, et il ne parle que de celle-là. Mais lui-même, quelques lignes plus loin, attire l’attention sur une sorte de baumier sauvage (Balsamodendron Gileadense) eonnue sous le nom de Bacham', qui croissait dans le Ncdjd, dans le Tehama, dans les déserts de l’Arabie, sur les côtes de l’Yémen et en Perse. Un botaniste, observateur judicieux, Aboul Abbas Annabati, originaire de Séville et contemporain d’Abdallatif, vit le même arbre en Arabie et spécialement dans les montagnes qui entourent La Mecque.* Un commentateur d’Avicenne, cité par Plempius, comparait au baumier cultivé du jai’din de Matarea une autre espèce très répandue dans l’Hedjaz.* En somme, l’Arabie n’a jamais cessé de produire le baumier. Il est extrêmement probable qu’à l’origine, les pieds plantés dans les jardins de la Palestine et de l’Égypte avaient été tirés de ce pays, et il vint un temps où l’on dut avoir i-ecours au même moyen pour rajeunir les plantations de Matarea. Déjà, sous le règne du sultan Kaïtbaï (1468 — 1496), on aurait, paraîUil, dû faire venir des scions d’Arabie,' tandis qu’auparavant la plantation founiissait elle-même tous les éléments nécessaires poui’ le remplacement des pieds morts.® A l’époque où Arnold de Harff fit son voyage en Égypte, une bande d’insurgés détruisit le jardin, arracha les pieds de baumiere et brisa les roues hydrauliques, de sorte que de dix ans il n’y avait pas à songer à recueillir une goutte de baume.® Au commencement du XVI" siècle, Piem Martyr d’Angleria’ et Martin de Baumgarten" trouvèrent encore les plantations complètement ruinées. Mais, quelques années après, les Turcs, devenus maîtres du pays, s’occupèrent de remettre le jardin en état, et, à cet eflet, ils envoyèrent à plnsieurs reprises chercher des rejetons dans les environs de La Mecque où le baumier croissait en abondance-.® c’était un fait connu de tout pèlerin qui avait visité la ville sainte.
Mais, dira-t-on, les nouveaux pieds venus d’Arabie donnaient-ils du baume? D serait bien permis d’en douter, car Abdallatif dit que le baumier sauvage (celui d’Arabie) ne donne pas de baume. C’est une affirmation trop absolue pour être acceptée sans objection: d’abord, Annabati, contemporain d’Abdallatif, nous l’avons déjà vu, dit que l’arbre
' Éd. de Sacy, p. 21.
’ Cité par de Sac; dans son commentaire sur Abdallatif, p. 93 et a.
’ Avicenne, éd. Plemp., p. 69.
* Vesling, I. c., p. 235.
‘ Petrus Martjrr, Legaiio Babylouica, p. 436 et a.
* Harff, p. 87 et s. Ce fait est confirmé par Sanut, Diar., I, 766.
' Petr. Martyr, 1. c.
' Geo. Qemnic., p. 489.
’ Selon, Obserrai., p. 195; Alpinus, Hist. nat. Ægypt. , II, 27 et ss. ; éd. fie baUamo, p. 62 — 67 , 74; Vesling, 1. c., p. 237, 239, 286.
fl. Produits naturels. — Baume.
entier est rempli de parfum et qu’il suffit d’arraeher une feuille ou de casser une branche pour faire couler un liquide blanc, aromatique, qui prend avec le temps une couleur rouge (absolument comme le baume).* n suffisait de transplanter le baumier d’Arabie, du sable du désert, où il était né, dans un bon terrain, pour lui faire produire du baume en abondance, tout comme son congénère d’Egypte.* Au Moyen-Age, il est vrai, les Ai-abcs ne pratiquaient pas autant qu’ils le firent plus tai-d la culture du baumier dans le but d’obtenir la meilleure qualité de baume, celle que l'on obtenait par incision et qui portait le nom A'Opobalsamum (du grec ànos = sève). Ils ne s’y mirent qu’au XVI” siècle, quand les produits de l’Inde cessèrent de passer par leur paj's; ils se trouvèrent alors obligés de s’occuper davantage de leurs propres produits, et, comme la demande allait en augmentant pour cet ajlicle, ils perfectionnèrent la culture et produisirent bientôt une grande quantité d’Opobalsamum qui était expoi*tée pai' les caravanes de La Mecque.* Jusque là, ils s’étaient contentés de vendre des fruits et des branches de baumier.* Pour ce qu’on en faisait, ceux des plantes sauvages étaient aussi bons que ceux des plantes cultivées. Annabati dit que le fruit du baumier d’Arabie est porté sui' le marché de La Mecque et exporté de là dans divei'ses directions, et que les droguistes de son pays (l’Espagne) et d’autres encore le connaissent bien sous le nom de Grain de baume.* Plus tard (1549), Belon vit des grains de baume et des branches de baumier dans les boutiques du Caire; il prit des informations sur leur origine; il lui fut répondu qu’ils venaient du Yémen par La Mecque et que, de mémoire d’homme, on les avait toujours tirés de cette contrée.® Les grains et les branches contenaient du baume et étaient fréquemment employés en médecine. 11 ajoute que le baume extrait des grains par compression et par cuisson était inférieur à l’Opobalsamum et comme qualité curative et comme prix, et que celui qu’on tirait des branches par les mêmes procédés passait pomr être plus mauvais encore.* Cependant, comme l’Opobalsamum était d’une excessive rareté, et, pai' conséquent, d’un prix accessible seulement aux grandes fortunes, le gius public se contentait, à ce qu’il semble, du Carpobalsamum (extrait du fruit) et du ûoÿlobalsamum (extrait de la branche). Ce sont les seuls noms
■ AbdaUatif, p. 22, 93.
’ Âlpinus, De balsamo, p. 64, 67.
’ .\lpiuu8. De baUamo, p. 64; De plantis Ægypli, p. .30; Ve«ling, I. c., p. 236 et g., 251.
* Alpinus, De baltamo, p. 65, 76 et g.
* De Sacy, AMailntif, p. 94. I.e com-
mentateur d'Avicenne dit qu’on employait aussi en médecine la semence et le bois (c’est A dire le fruit et les rameaux) du baumier de l'Hedjaz: Avicenne, p. 69.
‘ Belon, p. 197.
’ Avicenne, éd. Plemp., p. 68.
680 Supplément I. — Articles d^ichange entre l’Orient et l’Occident.
que l’on rencontre dans les livres de commerce:* celui de roj»o6a/s(im»»fw en est complètement absent
On employait principalement le baume dans le culte divin; c’était un des ingrédients de l’eau baptismale et des Saintes-Huiles;* en second lieu on s’en servait en médecine, surtout pour le traitement des blessures, et enfin pour la conservation des cadavres. Il semble aussi qu’il ait été de mode de porter sur soi des flacons à odeurs remplis de baume. On raconte que, dans une fête qui eut lieu à Trévise, en 1214, on avait construit un château-fort improvisé qui devait être défendu par des femmes; les assaillants étaient des hommes et ils les bombardèrent de fleurs, de fruits, d’épices et d’aromates; parmi ces projectiles nous voyons désignés des flacons de baume qui évidemment devaient servir aux dames de flacons d’odeurs.*
Benjoin.
Le suc résineux du Styrax henzoin. Dryand., auquel nous donnons après sa dessiccation le nom de Benjoin, était connu des Arabes sous celui d’encens de Java,* Ivban djatoi.^ Ce nom se trouve déjà dans la relation de voyage du célèbre Ibn-Batouta, à propos du séjour qu’il fit à Sumatra: il parle à plusieurs reprises du benjoin fabriqué dans cette île." H est curieux que cette résine n’ait été connue que beaucoup plus tard en Occident. Dans les relations de voyages, dans les tarifs de douane etc., on n’en trouve pas trace avant le milieu du XV* siècle, ne fût-ce qu’à titre d’article de commerce. Le nom du benjoin ne commence à apparaître un peu fréquemment qu’à partir de l’établissement des Portugais dans les Indes; on le trouve alois mentionné, soit parmi les
‘ ■‘Carpobalsainum": Pegol., p. 67, 296, 301; Uzz., p. 19, 50, 191; Bonaiai, III, 106, 115. “Silobalsamum''; Pegol., p. 67. Bonaini, I. c. Uans Keller rapporta de son voyage d’Italie à Ulm (1490) les deux espèces de baume: v. Tüb. Zeitaehrift für StaaUtcùa., 1881, p. 839. Le "sircobalsimo" d’Uxz. (p. 191) pourrait bien être la même chose que le “sUobalsamo" ou même que le “sirop balsamon", sirop médicinal que l’on préparait, suivant Piloti (p. 360) en ajoutant du sucre & la sève extraite de la pointe des rameaux. Félix Fabri (III, 15) nomme encore un “lacbobalsamus“, préparé avec l'écorce de la plante; cette écorce, ayant un goût agréable, on la mangeait et ou la confisait: sous
cette forme, elle passait pour un contrepoison: Abdallatif, p. 22, 89.
’ Par une bulle du 2 Août 1671, le pape Pie V accorda au. clergé américain l’autorisation de substituer dans les saintes huiles le baume du Pérou à celui d’Alexandrie: voy. Eanbury, Science papers, p. 294.
’ Rolandinus Patavinus, dans Pertz, SS., XK, 46.
* Ici Java est pris pour “Java minor“, c. û d. Sumatra.
‘ De ce nom les Portugais ont fait “Benzavi, benzoin“: v. Engelmann et Dozy, Olosaaire des mots espagnols et portugais dérivés de l'arabe, 2« éd., Leyde, 1889, p. 239.
IL Produits naturels — Bois d'aloès.
produite de Sumatra ‘ ou de rindo-Chine,‘ soit parmi les articles qui passaient en transit sur les marchés de Calicut® ou d’Ormouz,* soit enfin parmi les marchandises qui composaient la cargaison des navires portugais,® Cependant, il faut se garder de croire que cet article ait été importé pour la première fois en Europe par les Portugais. Ce serait une erreur, car Vasco de Gama et ses compagnons s’informèrent, au coure de leur première expédition, du prix du benjoin sur- le marché d’Alexandrie.® Il était donc déjà introduit au moins depuis un certain temps sur ce grand maiché, rendez-vous général des riverains de la Méditerranée. Il était d’ailleurs regardé à cette époque, en Egypte, comme un article de grand prix: il suffit, pour le démontrer, de i-appeler que, sur la liste des présente envoyés par des sultans d’Égypte au doge Pasquale Malipiero, en 1461, au doge Barbarigo, en 1476, et à Catherine Comaro, reine de Chypre, en 1490, on relève la mention de plusieui's rotoli de benjoin.’ Dans le Tarif de Pasi* qui fut publié poui’ la première fois en 1503, le benjoin figure à plusiers endroits, preuve que c’était l’un des articles dont trafiquaient les commerçante italiens.
Bois d’aloès.
C’est un bois odorant (Aquüaria agaUocha Roxb.); on ti'ouve son nom dans les livres de commerce et les tarifs d’Occident, mais plus rarement que celui de mainte autre drogue. Le motif en est que les Orientaux faisaient, de toute antiquité, une énorme consommation de cet article et s’en réservaient les meilleures qualités.® Du temps de Marco Polo, le bois d’aloès était un grand article d’impoidation pour la Chine et l’iin des plus estimés sur le grand marché de Zayton.‘® Dans l’Inde, on en faisait grand usage dans les cérémonies du culte. Les pèlerins qui se rendaient au célèbre temple du soleil de Moultan (dans la région de
' Hieron. di S. Stefano, p. 346, b; Varthema, p. 166, b; Conali, p. 180, a; Boncinotto, p. 108, b; Barboaa, p. 318, b; Garcia de Orto, p. 166.
’ Rotriro da tnagem que fex ... Vaeco da Oama, p. 110, 112; Corsali, p. 180, a; Barboaa, p. 317, a; Empoli, p. 80; Sommar., p. 334, b, 336, a, 336, a; Federici, p. 391, b, 397, a; Garcia de Orto, 1. c. ” Semigi, p. 120, b.
* Barbosa, p. 294, a.
‘ Voy. p. ex. la lettre interpolée d’Améric Vespnee, publiée par M. Baldelli Boni dans son édition de Marco Polo, I, p. liii— Iviii (vers la fin), et la lettre de
Franc. Goicciardini, dans ses Opéré inédite, VI, 219—222.
* Roteiro, p. 116.
' Sanuto, Vite dei dogi, p. 1170; Mas Latrie, Hist. de Chypre, III, p. 406, 483; cf. Sanuto, IHar., H, 616; V, 92, 116, 688.
’ Édit de 1621, p. 62, a, 79, b, 109, b etc, etc,
’ Varthema, dans Bamusio, I, 166, b; Finlayson, The mission lo Siam and Hué (Lond. 1826), p. 269.
M. Polo, éd. Pauthier, p. 632. Les Chinois, p. ex., brûlaient des b&tons de bois d'aloès devant les images de leurs ancêtres : lArre de l’estât du grant Caan, p. 68.
582 Sujiplémeut I. — Articles d'échange entre l'Orient ri l'Occident.
rindus) l’y portaient en offrande; tout n’était pas brûlé dans le temple; une partie entrait dans le trésor du souverain; une autre était revendue à des marchands.* Les cours orientales, comme, par exemple, celle du calife fatimide Mostanser Billah et celle du sultan indien Akbar, en avaient toujours un grand approvisionnement.’ En Europe, l’usage des parfums était moins entré dans les mœurs; mais le bois d’aloès trouvait un emploi fréquent dans l’ébénisterie,’ et surtout il s’était introduit, à l’imitation des Arabes, dans la Materia medica du Moyen-Age. Toutes les fois que nous trouvons dans les reuvi-es d’un médecin ou d’un naturaliste de ce temps des détails sur le bois d’aloès et ses différentes espèces,* c’est un emprunt fait à des sources arabes. Pegolotti (p. 376) connaissait les qualités qui distinguent un bon bois d’aloès, mais ce n’était pas dans les livres qu’il avait pris sa sdeneo, c’était dans le,s bazars du Levant. En effet, les marchands occidentaux pouvaient se procurer cet ai-ticle sur les marchés de Constantinople,® de Damas.* d’Acre,’ d’Alexandrie et de Famagouste;* dans cette dernière localité, un voyageur en trouva plus de clnci chai’ges de voiture entas.sées dans la boutique d’un seul épicier.®
Le bois d’aloès formait donc un des articles courants du commerce au Moyen-Age; si l’on veut en connaître la provenance, c'est aux auteui-s arabes qu’il faut demander la réponse. Celui que les pèlerins hindous portaient à Moultan, très précieux et de qualité exceptionnelle, se nommait dans leur langue Kamrouny, d’après son pays d’origine le Kamroun.'® Al-
' Relations, p. 136 et s.; Maçoudi, I, 376.
’ Quatremère, Mém. sur V Égypte, H, 366 et as. (d'après Uakrizi); Ayeen Akbery, trad. angl. p. Qladwin (Lond. 1800). I, 91.
* Voy. p. ex. VInrentaire du trésor de la couronne par Douet d’Arcq, Choix de pièces, n, 284 , 817 , 366; Inventaire de CharUs V, p. 288.
‘ Seth, De alimentis, éd. Bogdan., p.
77 et 8.; Albertus M., De regetabilibus, éd. Ueyer et Jesaen, p. 344 et a., 467 et as. (cf. pour la dernière citation Gildemeister. Script, arah. de reb. ind. loci, p. 71 et a.).
* Pegol., p. 27.
* Le iiélerin Baumgarten de Breitenbacb y acheta un morceau de bois d'aloès pour le rapporter dans son pays: ruy. sa Deregrinatio, p. 112.
’ Assises de Jérus., II. 174.
* Pegol., p. 67, 66.
* Ludolf. de Suthem, p. 38.
'• Relations, p. 136; Abou Dolef (éd.
.Sohlüzer, p. 20. 24) dit que l’espèce Kamrouny et l'espèce Uandali (voy. Kaznini, dans Gildemeister, p. 214) sont absfilument la même chose; cette dernière espèce est mentionnée comme une des plus fines par Avicenne (Gildemeister, p. 71), Abon Hanifa (,Sérapion, p. 151), Wassaf (Elliot, Ilist. of India, III, 29) et encore dans Ayeen .-Vkhery (1. c., j). 91). Malheureusement, justiu’ici on n'a pas encore pu retrouver dans l’Inde l'emplacement de la ville de Mandai (Gildemeister, p. 69; Elliot, 1. c., I, 390). La ville de Mandalay, située en Birmanie au nord d’Ava, ne remonte probablement |ias & une si haute antiquité.
IL Produits naturels. — Bois d’alot’S.
birouni* et Aboulféda’ attribuent ce nom à une région montagneuse située entre l'Inde et la Chine. C’est l’ancien royaume indien de Kamaroupa, à la limite extrême de la civilisation indienne vers l’Orient^ C’est là que s’arrêta le pèlerin bonddhiste Hiouenthsang^ dans son voyage à travers l’Inde; au-delà, c’était encore le désert: arrivé dans cette province (nommée par lui Kamarou), frontière de l'Inde, Ibn-Batouta retourna également snr ses pas.® D’après les indications unanimes des écrivains arabes, on peut conclui-e que ce qu’ils nomment Kamroun (Kamrou, Kamronb) est le territoire que nous désignons actuellement sous le nom d’Assam occidental.® Ce pays produit encore de nos joui-s le bois d’aloès et fonne, avec le di.strict voisin de Silhet, l’extrême limite des terrains où croit cette plante.’ Il semble que, dans les premiers temps du Moyen-Age, l’arbre qui fournit le bois d’aloès poussait encore sur la rive droite du cours inférieui- du Brahmapoutra, car les plus anciennes relations arabes le font venir aussi du royaume de Rahma,® qui se trouvait du côté de Dacca, audessus du confluent du Brahmapoutra et du Gange.® Les territoires arrosés par le Gange n’ont jamais été propices à la croissance de cet arbre: le voyageur italien Conti cite, entre autres choses qu’il a vues à Marahattia (Maarazia), sur le Gange, du bois d’aloès,’® mais cela ne veut pas dire que ce fût un produit du pays. D’un autre côté, les auteura arabes mentionnent un bois d’aloès originaire de l’ile de Ceylan," mais ce ne peut être autre chose que le bois aromatique nommé par Garcia de Orto bois d’aloès sauvage (aguila brava); c’était le bois dont on faisait usage, à l’époque de son voyage, pour l’incinéi'ation des morts à Ceylan et le long des côtes du cap Comorin.’* Ce détail nous met sur la voie de l’origine du nom de Komari qui désigne une sorte de bois d’aloès.'® 11 y avait bien un district de ce nom dans les régions
* Cité par Sprenger, Po.it- iind Reiseruuteii lies Orients, p. 88; voy. aussi Bachideddin, dans Elliot, I, 67.
’ Géogr., II, 1, p. 2H; II, 2, p. 121. ’ Ibu-Khordadbèb, p. 220; Lassen, Ind.
Allertii., I, 66.