‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 179 sur 251 · I. 227; II, 254; III · texte numérisé non relu

I. 227; II, 254; III

‘ IV, 215 et s.

“ Reinaud, Mém. sur t’Inde, p. 151.

Du même, Introd. de Vid. d'Aboulféda, p. cccIixxTÜ et celle des Relut. , p. 1 et s.; V'ivien de S. Martiu, Étude sur Hiouenthsany, III, 389; Yule, Cathaij, II, 516; Elliot, I, 361; ce dernier prétend avec raison (I, 20) que le passage d’Ëdrisi (I, 180) à trait à Kamroun.

' Hanbury, Seienee papers, chiefly pharmacological and bolaniral (Lond.

• Relat., I, 28; Maçoudi, I, 386; Ibu Kbordadbèb, p. 289.

‘ EUiot, I, 361.

" ConU, p. 41.

“ Relations, I, 6; Ibn Kbordadbèb, p.

286; Edrisi, I, 72; Kazwini, dans Gildemeister, 1. c., p. 198; Ibn Batouta, IV, 167. *’ Clusius, Exot., p. 172 et s.

'* Voy. les passages en question dans Gildemeister, p. 61 et s., 71 et 8,,,\208. 211; Abou Dolef, p. 20, 24; Ibn,\Kkordadbèli, p. 222; Edrisi, I, Sût <AbVulféda, Géoyr., II, 2, p. 127. ! . ' i,

584 Supplément I. — Artirhs d'échange entre l'Orient et l'Occident.

du cap Comorin,‘ mais ce n’était pas là que croissait la plante qui nous occupe en ce moment;’ c’était sur les côtes de l’Indo-Chine, où les Arabes avaient coutume de s’arrêter. Le nom de Komar, qu’ils donnent à cette région, la situation qu’ils indiquent,’ nous font i-econnûtre le Cambodge, dont le nom, dans la langue indigène, est Khmer.* Ibn-Batouta vit précisément l’espèce en question sur le lien de production, près de la ville de Kamarah, dans le pays de Moul- Java.’ On admet, il est \rai, en général, que ce nom de Moul-Java désigne rUe de Java,® mais M. Yule a récemment établi d’une manière assez probante qu’il s’agit d’un territoire situé sui- le continent asiatique, dans le golfe de Siam.’ S’il en est ainsi, le témoignage d’Ibn-BattiUta confirme celui des voyageurs arabes; il nous met, par la même occasion, en mesure de résoudre un autre problème, cai', en marchant à sa suite, nous trouvons dans le même pays une ville de Kakottlah qui, évidemment, doit avoir donné son nom à une autre espèce de bois d’aloès, celle qu’on appelait le bois de Kakoula;® on le transportait habituellement à dos d’éléphant, comme une charge de bois ordinaire, et on l’employait fréquemment comme bois à bi'ftler. Il est plus facile de reti’ouver l’origine du nom de Sanfi donné à une espèce très réputée de bois d’aloès et qui se retrouve fréquemment;® en effet, on est généralement d’accord poui- admettre que le Sauf des Arabes n’est pas antre chose que Tsiampa, sur la côte méridionale de la Cochinchine.

Ainsi, il est démontré que le commerce arabe tirait le bois d’aioès du continent indo-chinois et que les mai'chands occidentaux le recevaient de seconde main; cependant, on en trouvait aussi dans les îles voisines de ce continent,*® en particulier à Java et à Sumatra."

' Marco Polo, p. 646.

’ U y a lieu de relever ici l'erreur commise sur ce point par MM. Lassen, tnd. ÂUerih., IV, 924, Reiuaud, Mém.

sur l’Inde, p. 223 et ss., et EUiot, nist. uf hidia, I, 8, 13 not. 2.

’ Relal., I, 97 et ss.; Maçondi, I, 169 et ss.; Ibn Khordadbéh, p. 291; Aboulf, op. cit.

* Sprenger, PosI- und Reiserouten des Oriettts, p. 89; Yule, M. Polo, II, 318.

‘ rv, 240—244.

' Uildemeister, p. 67; Dnlaurier, dans le Joum. asiat., 4* série, IX, 244 et s.

’ CaUitty, n, 618 et ss.

” Avicenne, dans Uildemeister, p. 7 1 et s.

• Relal., I, 18; Mafoudi, I, 330; Ibn

Kbordadbèb, p. 292; Abou Dolef, p. 20, 24; Edrisi, I, 83; Aboulf., Oéogr., II, 2, p. 127; Avicenne, I. c., p. 72; Seth, De aliment., éd. Bogdan., p. 77 et s.; Chariton. cité par Salmasius, De homwtymis hyles ialriett, p. 7; voyez encore les relations de voyage de Marco Polo (éd. Panthier.

p. 668, éd. Yule, II, 213) et de Conti (p. 46).

Maçoudi, I, 341; III, 66; Edrisi,

” Kazwini, dans Uildemeister, op. cit., p. 193, 203; Ibn Batouta, IV, 228 , 240, Marco Polo, p. 567 ; Oderico da Pordenone. p. ivii; Carte calai., p. 137; Carie de Fra Mauro, p. 49, 60.

IL Produits naturels. — Bois de Santal. 686

A l’époque où les Portugais établirent leur puissance dans l’Inde, les paj's qui passaient pour livrer la meilleure espèce de bois d’aloès, désignée sous le nom de Kalambouk^ (Kalambak, Kalampout) étaient la province de Tsiampa,’ la Cochinchine* et le Samaou.^ M. Yule* tient pour démontré que, sous ce dernier nom, il faut entendre le royaume de Siam et je partage son opinion. En effet, les données de Feman Mendez Pinto ne peuvent laisser subsistei- aucun doute à cet égard et la racine de ce nom énigmatique se retrouve assurément dans le Scharinoou (Schahr-inao, Villeneuve) d’Abd-errazzak.*

Bois de Santal.

U existe dans le commerce trois sortes de bois de santal; le santal rouge, le santal citrin et le santal blanc; cette distinction était déjà usitée au Moyen-Age.' Toutes les fois qu’il est question de santal citrin ou blanc, il s’agit du bois aromatique du Santalum albtim L.; c’est un point bore de doute. Le santal citrin développe un arôme à la fois fin et pénétrant; c’était en Orient même que s’en faisait la plus grande consommation,* particulièrement dans les pays où il était d’usage d’incinérer les morts,* de brûler des bois odoriférants pendant les cérémonies religieuses"® ou d’embaumer les corps avec des parfums." Le santal citrin étant l’espèce la plus recherchée, le prix en était toujours très élevé et, par suite, il ne s’en exportait que fort peu en Occident. Nous en avons une première preuve pai’ les livres de commeixe où cet article ne figure que très rarement; le fait est d’ailleurs expressément confirmé par deux écrivains qui vivaient à des époques très éloignées l’un de l’auti-e, Matth. Platearius" et Garcia de Orto.** Pai- contre.

' Rentré à Liubunue à la lin de aou voyage & Malacca, Giovanni da Empoli envoya au pape Léon X “uno pezzo di leguo aloea calambuch molto fine“ (1616) : Arehir. stor. itat., 4® série, VI (1880), p. 167.

* Sommario, p. 366, b; Barboss, p.

3DO, a.

’ Sommario, 1. c.; Fe<lerici, p. 891, b. 397, a.

' Varthema, p. 166, b. La première expédition conduite par Vasco da Gama put déjà se convaincre qu'il y avait abondance de bois d'aloès à ‘'Xamauz''.

‘ Marco Polo, 2 , 222; voy. Elliot, Hist. of India, IV, 614.

* Xot. et extr., XIV, 1, p. 429.

’ Pegol., p. 297 et s., 377 ; Uzz., p. 24, 69, 83, 111, 191; Pasi, p. 9, a; Bonaini, Stat. Pis., III, 437 ; Flttckiger, Die Frankfurter Liste, p. 11.

* Sur son emploi en Occident, voy.

Ritter, Entk., V, 821 et ss.

* P. ex. à Ceylan (Hetai., p. 60), dans rindo- Chine, à Tenasserim (Varthema, p. 164, b).

Isaac ben Amran, dans Ibn Beitar, II, 188.

" Dans les Indes; v. G. de Orto p. 173.

*’ Cirea inslans, p. ccxlix.

" Dans Clus., p. 173 et s.

686 Sfi)>})Ifhnfiit T. — Arficles (T/rhatiffr mire rOrient et TOreident.

on trouve très fréquemment dans les documents occidentaux le nom du santal blanc, dont l’arome est plus faible.

Ën général, quand un auteur arabe parle de bois de santal sans autre spécification, il s’agit du Santalum album. Dès le début du trafic maritime des Arabes avec les Indes et avec la Chine, à l’époque brillante des ports de Kalah et de Sirâf, c’était l’un des articles qu’ils chargeaient de préférence:* suivant leurs auteurs, il provenait des iles de l’Océan Indien.* Plus tard, les Européens pénétrèrent jusqu’au aeur de l’Archipel de la Malaisie et acquirent une connai.ssance plus exacte de ces i-égions; on sut alorc que c’était l’ile de Timor qui renfermait les plantations les plus nombreuses de cet arbre précieux et que c’était elle qui fournissait aux besoins des habitants de Sumatra, de .Java et de Malacca.* Suivant quelques auteurs, on en trouvait également dans ces trois localités,* mais il paraît probable (lue ce qui arrivait sui‘ le marché était un article de transit plut<M qu’un produit du pays. Au l’este, le Santalum album couvtc de vastes espaces dans les deux péninsules de l’Inde et de l’Indo-Chine;‘ celui qui croit dans les chaînes de montagnes parallèles à la côte de Malabar e.st même d’excellente qualité.®

Pour ce qui concerne le santal rouge, il y a lieu de remai-quer que le bois aromatique du Santalum album prend parfois une teinte rouge; le cas n’est même pas rare. Il parait donc assez probable que les trois espèces de bois de santal qui figuraient pai’mi les articles de commerce au Moyen-Age provenaient d’une seule et même essence d'arbre. On ne saurait pourtant se prononcer d'une manière tout à fait positive k cet égard. Les santali rossi s’importaient en Occident en quantités beaucoup plus considérables que les deux autres espèces:’ or, ce bois est fréquemment mentionné comme bois colorant, par exemple comme ingrédient k employer pour colorer les sauces etc. Dans ce cas, le bois dont il s’agit est celui du Pterocarpus .santalinus Linn. fil.: il se vend encore de nos jours sous le nom de Bois de santal rouge.® Conti ren-

’ /r’cto/iofis, p. 93 et ; Isstachri, p. 74.

’ Maçoudi, I, 28S. 341; III, 56; Kdrisi. I. 82; cf. Crawfurd, lUciionary of Ote Indian archipelago (1856), au mot San- (lal wood.

’ Empnli, p. 81; Barbosa, p. 318, a, 319, a, 323, b; Pigaf., p. 171 ; (iarcia de Orto, p. 173; Feilerici, p. 391, b, 397, a.

* Ibn Khordadbèh, p. 288; Carte ealalaiie, p. 137; Hier, da S. Stefano, ]i. 345, a; Vartheraa, p. 166, a. Le marebé de Malacea recevait de Java clu boin de nautal

rouge et blauc; c’est ce que nou.s appreud une relatiou anon.vnie publiée dan* Gubernatis, Viaggiat. Hat., p. 159.

‘ Couti désigne spécialement le royaume de Sium (p. 46) et Varthema celui de Pégou Jop. cit.).

’ Ritter, Knik., V, 816 et ss.; Royle.

Allertli. der {ndincheti Mediein. p. 88.

’ Pegolotti le dit expressément, p. 377.

“ Je reproduis simplement ce qui est dit dans Flückiger et Haubury, Pharmarographia, 2^ éd„ p. 199 et ss., 599 et ss.

II, l't'oduit.’i fuitiireh. — Bois dtt Brésil.

contra l’arbre qui fournit ce bois sur la route du Dekkan à la côte de Coromandel; Hieronimo da S. Stefano en vit de grandes quantités sur cette côte même.' Mais il croît également dans d’autres parties de l’Inde et à Ceylan.’

Bois du Brésil

Panni les divei'ses sortes de bois de couleur rouge que produisent les Indes, le bois de santal rouge et le bois du Brésil sont les plus connues. Le deniier est le bois du Cœsalpinia Sappan.^ Les marchands arabes le vendaient sous le nom de Bakam. Dans l’Occident, sa couleur le faisait comparer au charbon ardent {bragia, hraseia, brasa. braise),* d’où lui vint, i>ar analogie, le nom de ligrmm brasile (braxile, bresilluni, brisilium), et, de celui-ci, les Italiens iiani bersi (berei, bar ei) ou verzi^ et enfin rerzino. Les deux dénominations brasile et rerzino restèrent définitivement ies plus usitées. H est peu probable que ce bois ait été importé en Occident avant l’époque des croisades. On cite généralement, comme le premier exemple connu de son apparition «*n Europe, un paragraphe d’un document de 1194 relatif aux droits k payer par les habitants de Bologne k la douane de FeiTare." Je pourrais en citer deux autres antérieurs k celui-là, sans même vouloir garantir que ce soient les plus anciens; ce sont: un règlement de 1140 pour la balance publique de la ville de Gênes et un privilège du comte Philippe de Flandre concédant un marché à la ville de Nieuport en Flandre.'

Poiu‘ im marchand expérimenté, il ne suffisait pas de faire la différence entre le bois du Brésil et le bois de santal rouge (snndali

‘ Couti. p. 38 1 Hierou., p. 346, b.

' Ainalie, Materia indiea, I, 386 et «.

* La racine de ce nom eat le mot malais ■‘aapang": v. Maraden, Higt. of Sumatra, p. 95 ; La-saen, Indhehe Alterth., FV, 930, not

* Ducange, su mot “Bra.aile“; Dietz, Elyniol. Wotierbiwh der roman. Spr., au mot “Bragia“.

‘ Pour cea fonnea rarement employées, je renvoie le lecteur i l’ouvrage de M. Bonaini, Slat. Pis., m, 106, 113 , 436, .591 et a.; Messineser ZollroUe, I. c., p. 76; Taf. et Thom., H, 233; III, 446; Arehie. Vettei., XVm, 56; Mas Latrie, Hisi. de Chypre, II, 136 , 482; Lettre de Menentillo. publ. par M. Kuustmanu dans le

Miinehn. gel. Anx., IS.Ô5, Bulletin der Akad., p. 178.

• Voici le passage eu question, tel qu’il se trouve dans Muratori, Antiq. Ual., n, 894: “de lumc (alun) zucarina, de grana de Brasile, de pellibua“ etc. Humboldt IKrilische Vniersuehungen, trad.

Ideler, 1, 440) s'étonne du rapprochement des deux mots grana et brasile. Pour résoudre l'énigme, il suffit de mettre une virgule entre les deux mots; la grana ou kermès (graine d’écarlatc) et le bois du Brésil sont deux articles différents.

' Lib. jur., I, 71 et s.; Wamkouig, Flandrisehe Staats- und Bechiageseh.. II, 2, p. 90.

588 Snpplhnent I. — Articlfx d’rrhangr etitre rOrietif rf TOccident.

rossi):^ il fallait savoir distinguer les différentes qualités de bois du Brésil. Les propriétés du bois variaient, d’abord suivant que l’arbre dont il provenait avait été laissé à l’état sauvage ou cultivé,* puis suivant le pays qui l’avait founii. Sous ce dernier rapport, Pegolotti distingue le versino colombino fcholomni) le versnm ameri, le verzino ■sent; il les classe suivant leurs qualités dans l’ordre que nous venons d’indiquer: d’après lui, la valeur du second n’atteignait que les cinc) sixièmes, et celle du troisième que le tiers de celle du premier. La coloration du premier était rouge clair, celle du second rouge foncé, celle du troisième rouge tirant sur le jaune.' Si nous recherchons l’origine des noms donnés aux diverses espèces de bois du Brésil, pour le Verzino colombino la question se résout sans difficulté: c’était un bois venant de Koulam (Quilon).' En effet, dans les relations de voj-age et sur les cartes du Moyen-Age, le nom de Colombo se lit fréquemment au lieu de celui de Koulam: Marco Polo appelle cette ville Coilun et il ajoute qu’il croit aux environs une espèce très fine de bois du Brésil et qu’on la désigne sous le nom de coüuni par analogie avec celui du pays qui la produit.' Divers auteurs arabes font également mention dn bois du Brésil de Koulam, soit qu’ils rapportent ce qu’ils ont vu personnellement, soit qu’ils citent d’autres écrivains.* Il est moins facile d’expliquer la signification du surnom ameri (Chiarini écrit almeri). Ce nom rappelle tout d’abord celui du mont El-Omri qui longe la côte méridionale de l’Inde, en face de Ceylan; le bois du Brésil y croissait en abondance et s’expoitait au loin.* L’explication pourrait être là; mais il en est encore une autre qui me semble mériter une attention toute particulière. Parmi les pays de production du bois du Brésil, les auteurs du Moyen- •\ge mentionnent fréquemment l’ile de Sumatra,* Or, dans la partie de l’ile qui fait face à l’Inde, il y avait un district nommé Lamori,* La-

' Pegol., p. 361, 377.

’ “Verzino snlvatico, dimestico” (sic), p. 298.

• Pegol., p. 361. Il est encore fait mention de la première espèce dans les Sffftrii per eotori (manuscrit de Bologm®, XV® siècle), publ. par Merrifield, Original Ireatiset, p. 441, 655, dan.® Dzzano, p. 60, 111, 114, et dans Chiarini, p. Ixxii, Ixxxiv, b; dans ce dernier passage, l'auteur parle aussi de la deuxième espèce, qu'il nomme “almeri".

* Voy. les articles Cannelle et Gingembre: ou donnait à cet article la même qualification.

* Éd. Pauthier, p. 643 et s.

* -\bou Dolef, p. 23; Kazwini. dans Elliot, Hitf. of India, I, 96; Aboulfèda. dans Oildemeister, p. 191; Ibn Batonta, rV, 99.

' Edrisi, I, 184.

* lielat., p. 7, 93; Ibn Khordadbèb. p. 286; Edrisi, I, 76; Kazwini, dans Gildemeister, p. 194; Aboulfèda, Oiogr., II. 2, p. 131; V. aussi Marsden, HUt. nf Sumatra, p. 96.

’ Oderico da Pordenone, dans Vule.

Cathay, II, 1®'' append., p. xvi, et I, 84, not.

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