‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 195 sur 251 · II. Produits naturels. — Mastic · texte numérisé non relu

II. Produits naturels. — Mastic

de manne sur le marché du Caire; ‘ il ne serait pas impossible qu’au Moyen-Âge cette même manne du Sinaï fût envoyée pai' la Mecque à Alexandrie et de là en Occident’ Dans certains auteurs, nous trouvons la mention d’une manne de Syrie.’ Nous avons très probablement affaire ici à une sorte de manne qui ne faisait que traverser la Syrie comme article de transit: c’est le Terendjebin on suc melliforme suinté par VAlhaçi Camelorum, que l’on recueille encore aujourd’hui en Perse, principalement dans le Khorassan, aux environs de Boukhara, d’où un l’expédie au commerce.* Cette manne se récoltait déjà au Moyen-Âge; c’est un fait sur lequel il ne peut pas exister le moindre doute. Les médecins arabes la connaissaient bien et ils en savaient l’origine.’ Elle se vendait dans les bazars de Samarkand, de Tauris et de Soultaniëh;’ on en recueillait d’ailleurs aux environs même de ces villes.’ Ghistele dit positivement que les apothicaires d’Occident la recevaient de la Perse.’ EUe passait probablement par Âlep on par Laodicée, et comme les marchands ne pénétraient pas plus loin dans l’intérieur du pays, ils la prenaient pour un produit de la Syrie.

Actuellement, nos pharmaciens font venir la manne de la Sicile, où on l’extrait du frêne à manne (Fraxinus OmusJ. Il n’existe d’ailleurs aucune preuve certaine que la Sicile ait produit de la manne pendant le Moyen-Âge, et on risquerait fort de se tromper en faisant remonter à l’époque de la domination arabe l’acclimatation du frêne à manne dans l’iis.®

Mastlo.

La plante dont le tronc et les branches distillent la résine appelée mastic est une variété de Pistacia Lentiscus L.; elle se distingue des autres variétés de ce genre par son caractère arborescent. Le Pistacia

‘ Voy. les explications de H. Ritter sur la manne de la presqu'île du Sinai, Erdi., XIV, 665 et sa., et l’art. Manna, dans FlOckiger, Pharmakognosie des Pflaiixenreichs, p. 13 et as.

’ Uhiatele parle aussi (p. 311) d'une manne d’Égypte et d’une manne d’Arabie.

* Pasi, p. 90, b, 98, a, 116, b, 187, b, 189, a, 190, b, 198, a, 193, a; Pegolotti cite à plusieurs reprises la manne parmi les articles des marchés de Constantinople, d’Alexandrie, de Famagouste et autres (p. 18, 57, 65, 99 etc.), mais sans indication du provenance.

* Polak, Persien, II, 878, 286.

* Avicenne (éd. Gildemeister, p. 174

et s.) rapporte que cette “pluie de miel“ tombe fréquemment dans le Khorassan et dans le Mawerannahr; Ibn Beitar dit (I, 207) que la meilleure est la blanche et qu’elle vient dn Khorassan.

* Clavijo, p. 113, 191; Ghistele, p. 311. ’ Ëdrisi, n, 200; Ghistele, op. cit (la

ville qu’il appelle Sotonia est, sans doute Soultanièh); Toumefort, Voyage, I, 124.

* P. 217. Il ajoute; et du Cathay (la Chine), mais il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre.

* Hanbury, Scienee paperi, p. 366 et ss. ; Flttckiger and Hanbury, Pharmaeographia, 2s éd., 409 et sa.

634 Supplément I. — Artides d’échange entre l'Orient et l'Occident.

Lentiscus en général prospère dans tous les pays qui forment la ceinture de la Méditerranée, mais la variété qni produit le mastic ne vient que dans l’Archipel de la Grèce,* et il n’est l’objet d’une culture soignée et d’une exploitation régulière que dans llle de Chio.* Depuis les temps les plus reculés, Me de Chio ne porte pas en Orient d’autre nom que celui de “Hle an mastic“, et, au Moyen-Âge, les voyageurs qni passaient par l’Archipel ne manquaient pas de s’y arrêter et de parler dans leurs relations de ce produit unique an monde.* En y regardant de plus près, on remarque même, comme l’a déjà fait Buondebnonti (op. cit.) que la culture du mastic est concentrée au sud et au sud-ouest, dans la partie basse de Hle,* dont l’extrémité méridionale porte le nom significatif de Cajw Mastico. On produit artificiellement l’écoulement de la résine en pratiquant des incisions sur le tronc de l’arbre: les voyageurs et les naturalistes du Moyen-Age connaissaient déjà cette méthode; dans le commerce, on préférait le mastic durci en gnuneaux sur l’arbre même, à celui qui était tombé à terre, bien que les indigènes eussent soin de balayer le sol et d’étendre des toiles sous les branches pour empêcher toute saleté de se mêler à la précieuse matière.*

On sait que le mastic s’emploie à fisiire des fumigations aromatiques ou dans la composition de certains vernis. En outre, les médecins d’anti'efois lui attribuaient des vertus curatives. Aussi les Chiotes n’ont-ils jamais été embarrassés du placement du principal produit de leur ile; mais ils n'en exportaient que la moindre partie en Occident; la plus grande partie s’écoulait en Orient Suivant Pegolotti, les marchés du mastic étaient Alexandrie et Damas; il vit vendre à Alexandrie la caisse de mastic au prix de cent ducats. Les livres de

’ Heldreich, Kutxpflanxen Qrieehcnlands (Athènes, 1863), p. 61. HH. ünger et Kotschy (Die Ituel Oypem, p. 421) ont trouvé dans l’ile de Chypre quelques arbres a mastic, ün en exportait de là au XVI» et au XVH» siècles (Flückiger, Dœummte iiir Qesrhiehte der Pharmacie, Halle. 1876, p. 31, 41, 66). Hais, pendant tout le Hoyen-Age, Istachri est le seul écrivain qui cite (p. 43) cette île à propos de la production du mastic.

’ Unger, 1. c., p. 419 et ss.; Fustel de Coulanges, Monographie de Vile de Chio, dans les Arehiree des missions scientifiques, V, p.486 et ss.; Eckebrecher, Die Insel Chios, Berl. 1846, p. 9 — 11.

’ Daniel, éd. Noroff, p. 7 ; Jord. Catal., p. 63; Wilh. V. Boldensele, p. 840; Ludolf.

von Suthem, p. 23; Clavqo, p. 48; Buondelmonti, p. 118 et s.; Ohistele, p. 338; Tafur, p. 134 et s.

* H. Unger (op. cit) a écrit par erreur “dans la partie septentrionale“; cette erreur s'est propagée dans un grand nombre d’ouvrages publiés depuis: on la relève encore dans FlUckiger et Hanbnry, Pharmaeographia, 2» éd., p. 161.

' Platearius, Gréa instans, p. ccsli; Aboulf., trad. Beinand, H, 1, p. 268; Wilh. V. Boldensele, p. 340. Pegolotti dit bien qu’il existait diverses qualités de mastic: “mastico primo, secondo, terzo“, mais il ne précise pas les caractères distinctifs d’après lesquels s’établissait cette classification.

IL Produits naturels. — Mumia.

la Mahone génoise, qoi fht pendant longtemps propriétaire de l’ile, peuvent anssi nous renseigner sur les directions que prenaient les envois de mastic; nous y voyons qu’à cette époque, Rhodes, Chypre, rÉg3rpte, la Syrie, l’Arménie, l’Asie-Mineure et la Grèce absorbaient les deux tiers de la production, tandis que l’Occident n’en consommait qu’un tiers. ‘ Il n’est pas douteux que le mastic ne fût déjà l’un des ingrédients préférés des Orientaux dans la composition de leurs pâtes à mâcher et de leurs parfums a brûler.

Mtmüa.

On désigne en Perse, sous le nom de Moumiay ou Mouminahi une sorte de goudron minéral (pisasphalte) qui a la réputation de posséder des propriétés curatives.* La meilleure espèce s’extrait d’une caverne dont les habitants du pays font remonter la découverte à l’époque légendaire du roi Féridoun.* Cette caverne est située à plusieurs joui‘nées de marche au sud-est de Chiraz, dans le voisinage de Darab (Darabgerd); de tout temps, le produit de l’exploitation a été considéré comme la propriété du souverain; aussi la grotte a-t-elle toujours été l’objet d’une surveillance jalou.se.* Les princes disposant seuls de cette matière précieuse, il n’a pu en entrer dans le commerce qu’avec leur autorisation. A l’époque d’Édrisi, on en vendait à l’étranger. Au reste, on trouve de ce même goudron, seulement de qualité inférieure, dans d’autres parties de la Perse, où chacun est libre de le recueillir sans avoir à payer de droit régalien. Cette deuxième qualité est mise dans le commerce et le marchand en obtient toujours un bon prix.‘

Parmi les articles du commerce du Moyen-Age, on rencontre parfois le nom Munmia, Mummia;^ il pourrait se faire qu’il s’appliquât à cette matière bitumineuse de couleur noire, à cette sorte d’huile minérale pâteuse: Kæmpfer la qualifie de succus bituminosus. Cependant, comme

‘ Piloti, p. 375; Hopf, art. Qiustimani, dans Erach et Gruber, p. 333; voy. aussi Pegol., p. 17, 49, 56, 64 etc.

’ Kæmpfer, Amanîtaies exotic<r, p.517 et SS.; Toy. sur ce sujet un article plus étudié, de H. Reichert, dans le Dtuisches Ârehiv für Oetchichte der Mediein und mtdteinisehen Otographie, Eli, 140 et ss. Honigberger, Früchle des Morgetdandes, p. 407; Polak, Persien, U, 874 et s.

’ Seligmann, Über drti hikhst seUene persische Bandsehriflm (Vienne, 1838), p. 36—38; Yaqout, p. 287.

* Istachri, p. 74; Edrisi, I, 395 et s.; Yaqout, 1. c. ; Aboulfé<la, Géogr., Il, 8, p. 100; Chems.eddin, p. 97; Rachid.eddin, éd. Quatremére, p. 443; Channoy, introd. A l'éd. du Chéref-naméh, I, 1, p. 1 19 et s. (extrait du Djihannouma); Ritter, Asien, VUI, 737 , 762; Spiegel, Eranisehe AIlerOi., I, 88.

* Kæmpfer, 1. c. ; Polak, 1. c. ; Channoy, 1. c., p. 315.

‘Pegol., p. 57, 181, 297; Bonaini, Sted. Pu., in, 438.

636 Supplément I. — Articles d’échange entre VOrient et l’Occident.

Pegolotti n’indique qu’un seul marché où elle se vendît, celui d’Alexandrie, il ne serait pas impossible qu’il fallût chercher autre chose. Dans sa description de l’Égypte, Abdallatif * parle de certains individus qui faisaient métier de fouiller dans les anciennes sépultures; ils y trouvaient nombre d’objets précieux, tout au moins des débris d’étoffes ou de bois, dont on pouvait encore tirer parti; en tout cas, ils recueillaient dans le crâne et à la place des entrailles des cadavres une matière noire, bitumineuse, résidu formé pai- les épices et les aromates employés pour l’embaumement; ils la vendaient sons le nom de momie; cette momie, ajoute notre auteur, différait peu de la mumic minérale naturelle et pouvait la suppléer. En 1424, une enquête faite au Caire mit sur la trace de gens qui faisaient ce métier interlope sur une grande échelle, se procuraient cette mumie en faisant cuire des quantités de cadavres d’une époque reculée et la vendaient aux Francs qui la leur payaient vingt-cinq écus d’or le quintal.*

Les médecins arabes et leurs imitateurs en Occident mettaient sur la même ligne la mumie minérale et la momie extraite des cadavres des anciens Égj'ptiens, et ils lui attribuaient les mêmes qualités curatives.* La superstition contribuait, â ce qu’il semble, à maintenir le haut prix de cet horrible extrait de cadavre. En tout cas, il ressemblait tellement au produit naturel qu’il était difficile de les distinguer l’un de l’autre.

Muso.

Le parfum pénétrant auquel nous donnons le nom de Musc* ou de Bisam est, comme chacun le sait, une matière animale secrétée par le Musc mâle (Moschus moschiferus) et contenue dans une poche velue qui se trouve près de l’ombilic. Dès le VI“ siècle, dans la relation de son voyage dans l’Inde, Cosmas* racontait que l’on chassait cet animal uniquement dans le but de prendre sur son corps la poche qui recèle

* Éd. de Sacy, p. 197 et as. Chenu-eddin parle aussi d'une “Momie'' animale, seulement, d'après lui, on l’aurait préparée avec des cendres d’ossements humains (p. 97).

’ Ce dernier détail est extrait par Silvestre de Sacy (ChrestomtUhie arabe, II, 64) de la description de l’Égypte de Makrizi.

* Ibn Beitar, n, 637, 706 et ss. : trad. franç. III, 366 et ss. Avicenne, éd.

Plemp., p. 197, et commentaire arabes Constant. Afr., I, 873; Matth. Platearius, Olost. in antidot. Nie., p. ccxlviii, verso; id. Cirra instan», p. ccxli, verso.

‘ Pour l'histoire du musc eu général, voyez: ROhn, Moaehi antiquitate» , Lips.

1833 ; C. F. Hensinger, MeUtemeüa quœdam de aniiquitaiibia caetorei et moichi, Marhourg, 1863 (ces deux études ont été insérées dans des programmes de gymnases : c’est M. le prof. Flückiger, de Strashourg. qui a eu l’obligeance de me communiquer la dernière); Flhckiger, Zur Qetehiekte des Moeehu» in der Schveix : dans le Wochenschrift fiir Pharmacie, 1887, n» 6, 7.

‘ Éd. Hontfaucon, p. 386.

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IL Produits naturels. — Musc.

ce précieux parfum. Un long passage sur le musc, commun aux relations d’Abou-Saïd- Hassan de Sirâf, et de Maçoudi,‘ contient une description détaillée de cette chasse; en général, disent ces deux écrivains, an moment oû l’on prend le musc sur le corps de l’animal, le parfum n’est pas encore mûr; il a une odeur désagréable qu’il ne perd qu’aprës avoir été complètement desséché; le parfum est meilleur quand il a mûri dans le corps de l’animal; celui-ci s’en débarrasse en se frottant contre des pierres;* de la sorte, la matière secrétée sèche à l’air libre et certains individus an courant des places fréquentées par l’animal vont l’y chercher et la recueillent; cette qualité supérieure s’exporte rarement, parce que les princes indigènes la confisquent pour leur usage personnel. Le musc vit dans une région comprise entre le Thibet et la Chine. Le parfum du Thibet est incontestablement supérieur à celui de la Chine et cela pour deux moti&: en premier lieu, sur le versant thibétain, l’animal trouve pour sa nourriture certaines plantes aromatiques’ qui n’existent pas en Chine; en second lieu, les Thibétains laissent le musc dans la poche où il se forme et le vendent ainsi, tandis que les Chinois commencent par l’en extraire et le &lsifient. Le passage que nous venons d’analyser nous donne une idée à peu près complète des notions que possédaient les Arabes sur l’origine du musc. La lecture des autres écrivains qui ont traité le même sujet ne peut servir qu’à déterminer avec un peu plus de précision les limites des régions dans lesquels vit le musc. D’après eux, il habiterait d’abord le Thibet et la Chine, comme il a déjà été dit plus haut, puis certaines, parties de l’Asie centrale habitées par les Kirghizcs, les Khatijans (Khitans) et les Kimakis,* puis encore dans Hndo- Chine, le royaume de Moudja qui n’est probablement autre chose que l’Arakan,' et enfin les îles de Ceylan,

' Relat.. I, 114 et SS.) Haçoudi, 1,363 et SS. Les deux relations ne diffèrent que par la disposition des paragraphes.

’ Certains écrivains postérieurs ont encore prétendu que l’animal se débarassait volontairement du liquide contenu dans sa poche, ou de la poche elle -même avec .son contenu; voy. Edrisi, I, 189; Sim. Seth, éd. Bogd., p. 70; éd. Langkavel, p. 66 et s.; Kazwini, éd. Heusinger, op. ciL, p. 20.

* Parmi ces plantes les auteurs citent spécialement la racine de Nardostachys latamansi (v. Boulin, considérations d’histoire naturelle à propos des Helai., II, 74; FlUckiger, L c., p. 47); le musc est.

parait-il, très friand de cette racine; il a deux dents canines dirigées vers le bas, qui lui servent à la déterrer; voy. Heusinger, Le., p. 22 , 28. Edrisi parle à plusieurs reprises de cette plante i propos de la nourriture du musc (I, 189, 493); Kazwini de même, voy. Heusinger, p. 20.

* Ahou Dolef, p. 12, 16; Isstachri, p. 124, 126; Avicenne, éd. Plemp., p. 188; Edrisi, n, 224. On trouvera des détails sur ces pays dans l’introduction & la traduction i'Aboulféela, de M. Reinaud.

‘ Reiat., I, 81; Maçoudi, I, 389; Edrisi, I, 88. Autrefois les habitants de l’Arakan étaient appelés “Hougs” et la capitale du royaume “Ujaou-Ka’’; voy. Lassen, Ind.

638 Suppléments^!. — Articles d’échange entre l’Orient et l’Occident.

de Java et du Japon,' mais, sur ce dernier point, ils font sans doute erreui-. Le musc qualifié par les écrivains de l’époque de musc de l’Inde* devait provenir soit de l’Indo-Chine, soit des régions montagneuses qui marquent au nord l’extrême limite de l’Inde.

Les Persans et les Arabes, grands amateurs de parfiuns, comme le prouve un nombre incalculable de passages de leuia poètes,* le faisaient venir par divers chemins. L’un des motifs de la préférence accordée au musc du Thibet sur celui de la Chine était que ce dernier, ne pouvant venir que par mer, se détériorait pendant la traversée:* ceci semblerait démontrer que le musc de la Chine s’exportait vera l’Ouest uniquement par mer. Pour celui de l’Himalaya ou de l’Asie centrale, qui était descendu vers la mer par le bassin de l’Indus, la traversée était beaucoup moins longue.* Effectivement, le golfe Pereique n’est pas loin de l’Indus et on y débarquait le musc dans un port appelé Darin, voisin de Bahrein, et qui lui donnait son nom: musc Dariny.^ A une époque antérieure, Aden est également désignée comme l’un des marchés du musc: elle devait sans doute ce privilège à ce que la distance n’est pas très grande entre le Sind et l’entrée de la mer Ronge.* Mais la plus grande partie du musc qui arrivait dans les provinces occidentales de l’Asie suivait, à ce qu’il semble, uniquement les routes de caravanes. La Perse le recevait du nord de l’Asie par Talas (ville située entre la mer d’Aral et le lac Balkach, à l’est d’Otrar) et Khiva.* Celui des hauts plateaux de l’Asie centrale passait par Khotan et le Mawerannahr (Turkestan).* Le musc du Thibet descendait dans la Bonkharie par les provinces de Wakhan et de Badakcban (sur le haut Oxas).'* Enfin, on peut être sûr que le musc de la Chine ne s’expédiait pas toujours

AUerthunuk., I, 338; IV, 366 et B. HM. Beinaud (Relat., I, cvi) et Dulaurier (Joum. asiai., 4” série, VIII, 168) placent le royaume de Moudja un peu plus au sud, vers le cap Martaban.

' Ibn Khordadbèh, p. 286, 294; Edrisi, I, 72; Eazwini, éd. Gildemeister, p. 196.

* Avicenne, Le., éd.Plempius; l’éditeur commet une erreur en lui faisant dire que le musc venait de l’Inde maritime; il dit en réalité que le musc est apporté de l’Inde par mer: voy. Heusinger, p. 19, trad. Gildemeister. Cf. Seth, De alini., éd. Langkavel, p. 66 et s.

’ Ma^oudi compte aussi le musc au nombre des cinq parfums les plus estimés, I, 387.

* Relat., I, 116; Uaçondi, I, 363.

* Du temps de Cosmas Indicopleustés (éd. Hontf., p. 337), les Cingalais allaient chercher le musc dans le Sind (A'tvéor).

* Merassid al Itthila (extr. de Yaqout), cité dans le Joum. ariat., 6« série, V, p. 511.

’ Ihn Khordadbèh, p. 282; Edrisi, I, 61; Ibn al Wardi, p. 43.

* Ce renseignement, puisé dans les poèmes persans, a été communiqué é M.

FlQckiger (Zur OetehieMe des ilosehus.

p. 46) par l’orientaUste Sprenger.

‘ Sprenger (ibid.) et Isstachri, p. 124.

Istachri, p. 124, 126; Ibn Haoukal, dans le Journal of the BtngaX Society, KX, p. 166; Edrisi, L 479, 483, 492.

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