C. III. Trffneonde
rente à des individus non Vénitiens, le vendeur aura & payer 3 7o> plus une taxe additionnelle de 1 V« on 2 7o> si l’article se vend au poids. Si le vendeur et l’acheteur sont tous deux Vénitiens, chacun devra payer 1 ‘/j ou 2 ®/o (les lectures varient encore sur ce point) dans le cas où l’article se vendrait au poids et rien dans l’autre cas.* L’importateur qui voudrait réexporter un article dont il n’aurait pas trouvé le placement, pourra le faire sans payer de droits. Les matières d’or et d’argent, les pierres précieuses, les ceintures et autres objets analogues importés par des Vénitiens et mis en vente dans le pays, seront admis en franchise; s’ils sont réexportés par caravanes, ils seront soumis à un droit de 20 aspres. Le diplôme traite en second lieu des marchandises amenées par les Vénitiens de l’intérieur de l’Asie. Ces articles seront frappés à l’entrée d’un droit de 12 aspres* par charge de bête de somme; en onfre, sur tous ceux de ces articles qui se vendront dans l’intérieur de l’empire, il sera perçu un droit d’accise de 1 ®/o-
Le règne d’Alexis II auquel les deux nations commerçantes étaient redevables des plus importants de leurs privilèges et de leurs biens avait été fort et prospère. Mais après lui, et surtout après la mort de Basile I”, son second fils (1340), des dissensions intestines amenèrent la perte de quelques parties du territoire. Deux grandes fiu:tion8, de forces à peu près égales, se disputaient le pouvoir; les révolutions de palais se succédèrent à coiuls intervalles; les émeutes, les scènes de pillage désolèrent à plusieurs reprises les rues de la capitale. D y avait pour l’empire, dans cet état de guerre civile, une cause dé faiblesse que les Turcomans d’Amid (Diarbékir) mirent à profit pour l’attaquer; dès la première invasion, en janvier 1341, ils poussèrent jusqu’à la capitale et l’incendièreut. Les colonies partageaient, naturellement, l’état de soufirance générale. Le quartier vénitien fut réduit en cendres® comme tout le reste de la ville, et il est très probable, bien qu’aucun document n’en fasse mention, que le quartier
‘ PejçoL, p. 13; “Chi porta mercatanzia in Trvbisonda o vendela nella terra a paesano, ai paga all omperadore di Trabiaonda 3 per cento, ma ae la rendesae a’ Genoveri o altre genti latine, non paga niente."
’ 14 aaprea, anivant Pegol., 1. c.; c’eat probablement le taux pour lea non-privilègiés. Ici encore, il mentionne 1e droit supplémentaire d’un aspre pour le conaul. En 1314, c'eat à dire cinq ana seulement avant la date de notre diplôme, 16 aaprea
comnenatea (ils avaient cours à Trébizonde) valaient 1 beaant hyperpre (Atti deUa Soc. Lig., XIII, 636); d'après lea calculs faits par H. Deaimoni (ibid. 651 et 88., 676 et s.), noua arrivons à cette conclusion, que 31 aspri = 1 fiorino.
' “In noatro cavaaæra (Caravansérail), quod captnm et dirruptum et combnstnm fuit per Tnrchoa", eat-il dit dans le procès-verbal d’une séance du Sénat du 30 nuv. 1344: Taf. et Tbom., inéd.
104 Deuxième période. — IJ. Développement du commerce du IjCtanf.
génois ent le même sort Mais ce Ait surtout à l’occasion de l’un des soulèvements populaires, si A-équents dans Trébizonde, que les marchands Aimes traversèrent une crise des plus pénibles. L’historien byzantin Nicéphore Grégoras prétend qu’un meurtre, commis en 1343, à Tana, par un Vénitien sur un Tatar, avait surrexcité les esprits des gens du peuple de Trébizonde; pareil accident pouvait leur arriver chaque jour, pensaient-ils, vu l’extrême arrogance des Italiens; poussés par ce sentiment, ils tombèrent sur les Latins, en massacrèrent le plus grand nombre; les autres demandèrent grâce.' Il est fort possible que ce massacre ait été un coup monté par un parti ultrapatriote; il ne nous semble nullement nécessaire d’en rechercher la cause déterminante dans le meurtre de Tana rapporté par l’auteur. Quoi qu’il en soit, après cette alarme , les Vénitiens arrêtèrent provisoirement leur trafic avec Trébizonde. Cependant, dès 1344, ayant reçu de meilleures nouvelles de ce côté, le Sénat se risqua à expédier deux galères à titre d’es.sai; comme le baile et ses conseillers n’avaient pas quitté Trébizonde, ordre leur fut donné de prendre livraison de la cargaison, mais les patrons des galères avaient mission de se rendre à la cour pour y remettre des présents à l’empereur et lui faire part de l’intention de leur gouvernement d’y envoyer de nouveau des navires et des marchands.* Nous ne saurions dire si les Vénitiens s’occupèrent dès ce moment de reconstruire leur quartier incendié, ou même s’ils ne s’étaient pas déjà mis à l’œuvre avant le soulèvement populaire qui avait fait tant de victimes: la chose n’est pas clairement établie. La chose seule est certaine, c’est (jue cette, reconstruction donna lieu à un conflit avec les Génois. En prévision du danger toujours imminent d’un retoui- offensif des Turcs, les Vénitiens considéraient comme une nécessité d’entourer leur quartier de fossés et d’autres ouvrages fortifiés. Ces travaux s’étendaient sur le terrain originairement concédé aux Génois; bien qu’il leur eût été repris depuis et qu’on leur eût donné en échange, en 1316, l’emplacement de l’arsenal maritime, ceux-ci n’admettaient pas que leur droit sur ce terrain fût périmé; quoique l’empereur eût donné l’autorisation nécessaire, ils protestèrent contre l’exécution des travaux et obtim-ent de lui le retrait de la permission. Le vice-baile rendit compte de ce contretemps à son gouvernement; le doge de Venise, Andrea Dandolo, envoya à Gênes le notaire Niccolino de Fraganesco avec mission d’aller se présenter à Giovanni di Murta, doge de Gênes, et de se plaindre à lui de l’attitude hostile adoptée par les Génois de Trébizonde, attitude d’autant
‘ Niceph. Greg., H, 687. Voy. Fall- ' Délibération du Sénat, du 15 avril merayer, Otxch. t. Trapexunt, p. 188 et s. 1344; Taf. et Thom., FV, 275 et 8.