‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 4 sur 251 · V. II. L'Pjjypte vt lu Si/rie · texte numérisé non relu

V. II. L'Pjjypte vt lu Si/rie

emplaixmeiil respectif; on distingue très bien sur la carte la ligne qui indique le cours du Nil et une autre ligue parallèle qui représente la côte de la mer Rouge: on lit le nom de Cossa, c’est à dire Kous, sur la piTmière et celui de Chos, ou Kosseïr, siu- la deuxième, à coté d’Aydip (Aïdah); mais il y a une légende, et, dans cette légende, nous lisons: “dans cette ville de Chos, on amène l’épicerie ijui vient de l’Inde, de là on la transporte à Babylone (le (’aire) et à Alexanibie • ce texte est clair, et, si l’on s’en rapportait à lui, on devrait admettre que les vaisseaux arrivant d’Aden ne déposaient leur cargaison à terre qu’à Kosseïi'; mais la confusion est évidente: 1a légende applique au port maritime de Kosseïr (Chos) ce qu’elle aurait dû ajjpliquer à la ville de Kous (Cossa) sur le Nil. A cet égard, les témoignages des géographes et des historiens arabes concordent unanimement et ce sont les seuls qui méritent créance : les vaisseaux chai-gés d’épices ne i-emontaient pas jus<iu’â Kosseïi-, mais seulement jusriua Aïdab. Recueillons d’abord le témoignage de deux écrivains du commencement du XIV® siècle, Aboulféda et Schehabeddin. Le premier désigne Aïdab comme le rendez-vous des mai'chands de rYémen (dont Aden était précisément le marché le plus important);* le deuxième dit que “les caravanes des mers de llnde, de l’Abyssinie, de rVénren et de l'Hedjaz“, traversent le désert d’ Aïdab et s’arrêtent à Koits.* Makrizi, l’écrivain du Moyen-Age qui a le mieux connu l'Égypte et son histoire, confirme le dira des deux précédents et va plus loin encore, car il nous apprend qu’ Aïdab fut le point de débarquement des pi'oduits de l’Inde jusqu’à l’an 760 de l’hégire (1359 ap. J. C.)^ et (ju’à partir dé cette date, le courant commercial prit imc autre dh'cction. D'Aïdab, les épices étaient {rortées, comme autrefois, à dos de chameau jirsqu’à Korrs, résidence des gouveriteurs de la Haute-Égypte; cette ville, relativement peu inférieru'e au Caire sems le rajrport de l’importance commerciale, lenfer-mait un grand nombre de magasins et de splendides marchés.^ Aboulféda nomme Kous le rendez-votrs des marchands d’Aden, . mais cette ville comptait elle -même patnni ses habitants un certain irombre de riches marchands.. Il existait en blgypte une corporation de marchands ert gros dont les ramifications s’étendaient au loitr; on les nommait les Karmiites et ils trafiqiraient avec l’Yémen, mais spécialement avec Aden; le commerre des épices était, de beaucoup, la br-anche la plus importante de leiu's affaires.” Ils possédaient un entrepôt

' Éd. Buebou et Tastu, p. 114.

’ Abouif, Géoyr., tnid. Keinaud, I, 167. ’ Me.salek.el-.\b8ar, cité par Quatremère, Mém. sur l' Kgyple, I, 194.

* Quatremere, Mtm. sur l’Égypte, II, 162 et a.

‘ .\boult'. , trad. Reinaud, I, p. 151; Ibn Batoiita, I, 106 et 8.; Quatremère, Mém. sur l'Egypte, 1, 194.

' V. le» notes de Quatremère, dans les yot. et ct/r., XII, 639; XIII, 214 et ».; Amari, üipi. arab., p. Ixiii; Makrizi, Hitt.

6(1 Deuxihnv j/triode. — II. Dcvelo}}peniettt du commerce du IjCt^ant.

à Kous,> ce qui est encore une preuve de l’importance commerciale de cette ville. Les piwluits de l’Orient y étaient chargés sur des barques,'* de.scendaient cm quinze jours le coui's du Nil jusqu’au Caire et, de là, sauf un court transport par terre à la lin du voyage, ils arrivaient à Alexandrie par eau, en suivant la branche qui se détache du Nil dans la direction du nord-ouest.* Telle était, jusqu’à la fin de la période qui nous oaupe, ou peu s’en faut, la route ordinaire des produits de l’Inde et de la (’hine, du moins pour la paitie qui pas.sait par l’Égypte. Quelques vaisseaux, mais c’était le petit nombre, allaient déposer leur chargement à 'l'or, dans la presqu’île du Sinaï, ou à Suez, où des caravanes le reprenaient et le jiortaicnt jusqu’au Nil.‘ Pendant les premiers temps de cette période, un certain nombre de capitaines de navires avaient montré une préférence pf)ur remonter jusqu’à Tor en sentant de près la côte d’.\rabie; plus tard, cette exception ce.s.sa, mais pour redevenir la règle générale au coui's de la période suivante.*

11 est, je pense, inutile d’insister pour démontrer que La Mecxpie s’apj)rovisionnait par .\den des produits de l’Inde et de la Chine, et qu’au moment des fêtes annuelles célébrées à l’occjision du pèlerinage auquel les Musulmans accouraient de toutes parts, il s'en faisait un grand débit Poiu- les Égyptiens, la foire de la Mecque était une re.ssource supplémentaii’e. Mais, iiarmi les caravanes, celle de Damas jouait un gi'and rôle par le nombre de ses pèlerins et elle emi)ortait assurément au dépai't une bonne partie de ces imécieux article.s. Deux pèlerins allemands qui visitèrent Damas ptmdant la péiiode (jui nous occupe, Guillaume de Boldensele (1333)® et Ludolphe de Suthem (1340)’ furent

lia suit, mamtouks, II, I, p. 92 et s.: II, 2, p. 167 ; Chronikrn tlrr ftladl .Vfkkii. publ. par Wttstenftld, II, 285.

' (juatremère , daus les Xot. el extr..

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