‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 42 sur 251 · C. V. L’Inde · texte numérisé non relu

C. V. L’Inde

mouvement une quantité innombrable de navires. Ajoutons le gingembre, la cannelle, le cardamome, l’indigo, le bois du Brésil, et nous n’aurons encore nommé qu’une partie des principaux produits de ce bienheureux pays. Les ports, les rades, si nombreux sur la côte, offraient aux navires marchands toute facilité pour aller prendre leurchargement près des plantations, et partout ils trouvaient des indigènes ou des colons adonnés au commerce, qui leur servaient d’intermédiafres. Nous n’avons à nous occuper ici que des i-elations des marchands occidentaux avec le pajs de Malabai-. Pour eux, les ports que nous avons énumérés plus haut n’étaient pas d’égale importance. Comme presque tous arrivaient pai" la Perse, il est certain qu’ils fréquentaient de préférence les villes de l’Inde reliées à ce pays par des services de navigation et paimi elles, Ibn-Batouta cite particulièrement Mangalore et Ccdicut.^ Mangalore était alors une des plus glandes villes du Malabar;’’ quant à Calicut, si Mai'co Polo et la Carte catalane ne la mentionnent même pas, il ne faudrait pas conclure de là qu’elle n’eût aucune importance à cette époque, car Ibn-Batouta dit positivement qu’elle était fréquentée par des bâtiments de tout pays et qu’elle expédiait elle-même des navfres à l’étranger.® Disons, pour rester dans la vérité, que la fréquentation de ces deux poils pai' les Occidentaux, au XIV* siècle, est un fait vraisemblable, mais que nous ne pouvons l’avancer que par voie de déduction. 11 en est tout autrement en ce qui concerne Kottlam. Cette cité, la plus méridionale des villes du pays du poivre, ‘ attirait d’autant plus les regards de la chrétienté d'Occident, qu’une partie de sa population avait fait, de toute antiquité, profession de la religion chrétienne. Les chrétiens thomistes ou nazaréens® y composaient un excellent élément, sur lequel les missionnaires aimptaient s’appuyer pour prendie pied dans le pays et y gagner du terrain. En 1329, le pape Jean XXIII érigea la ville de Koulam en évêché et nomma à ce siège le moine dominicain Jordanus Cathalani, auquel il remit diverses lettres de recommandation, entre autres pour les rois de Koulam et de Dell.® Jordanus prit possession de son siège peu après 1330. Obligé quelques années après d’abandonner cette mission, il y fut remplacé, pendant un certain temps, par le moine récollet Jean Marignola, qui fit à Koulam un séjour d’un peu plus d’une année

‘ rv, 80, 89.

' Aboulf., 1. c., ]). 116.

Page 1