‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 43 sur 251 · IV, 89; II · texte numérisé non relu

IV, 89; II

* Aboulf., 1. c., p. 116.

‘ “Cbristiani, liquali erano rüuasti siu dal teuipu di S. Thonimaso .... cbiauiati

Nazzareni:* Giov. da £mpoIi, dans Ranius., I, 146; de nos jours encore, les chrétiens tliomistes de l’Inde méridionale sont appelés Nasranis. Germann, ZWe Kirche der Thomaschristen, p. 205.

“ Aichh. de l’Or lai., I, 275—278.

148 Deuxième période. — IL Développement du commerrc du Levant.

à son retour de Chine (probablement de 1348 à 1349).* Si l’église romaine ne réussit pas à implanter définitivement les missions dans cette ville, celles-ci y laissèrent, du moins, un témoin de leur passage; pendant longtemps encore on y voyait une église catholique (ecclesia S. Georgii Latinorum J, fondée, sans doute, par Jordanus.* Cette église constituait évidemment un attrait pour les marchands occidentaux, mais, en outre, ils étaient poussés par le désir de faire des affaires avec les chrétiens thomistes. Tout commerçant était d’ailleurs obligé, qu’il le voulût ou non, d’entrer en relations avec eux, car, en vertu d’un ancien privilège, les chefs de cette communauté, désignée par Marignola sous le nom de Modilial,® avaient la garde du poids légal (staiera ), usité dans les ventes et les achats pour tout le poivre, et, en général, poui- toutes les épices et pour les aromates. Marignola les nomme pour cette raison les “Maîtres du poivre", et par là il entend dire, non pas qu’ils possédaient toutes les plantations de poivre des environs, mais qu’on ne pouvait pas vendre une once de poivre sans avoir affaire à eux et sans vei-ser entre leurs mains une redevance sous forme de taxe de i)esage.* U va de soi que, parmi toutes les causes qui pouvaient engager les Occidentaux à fréquenter Koulam, celles que nous venons d’énumérer ne devaient entrer qu’en seconde ligne. Ce qui constituait le principal attrait de ce marché, c’était l’énorme quantité et la variété extraordinaire des articles qui donnaient à ses splendides bazars un éclat tout particulier.^ Marignola exagérait assurément, quand il prétendait que tout le poivre répandu dans le monde entier provenait de là; mais il est vrai qu’on le cultivait en grand dans le pays et que le produit y était de bonne

‘ Je doia renvoyer ceux qui déaireraient plua de détaila à Kunatmanu, I>ie Mission in Columbo (Hisl.- polit. Bl., XXXVII, 186 et 88.), et & Oermann, Op.

eii., p. 310 et 88. Le premier admet l’identité de Columbo avec Cael, sur la céte méridionale de l’Inde; c’est une erreur; H.Yule prouve, d’une manière irréfutable, (Cathay, I, 71 et 8.) que Columbo n’eat autre chose que Koulam.

’ Uarignola, dans Dobn., p. 89.

* Houtheli, mouthelüar, le premier, est le titre, en langue tamoule, de la caste de cultivateurs des Vellals et d’autres castes élevées. Note de U. Germann (üp. cit, p. 313) sur ce passage.

‘ M. Yule (Cathay, H, 343) est le premier qui ait bien compris les p.''.ssages

de Marignola (p. 89, 111, 113); avant lui MM. Dobner, Meinert et Kuuatmaun rendaient le mot “statera"* par taxe d'exportation, au lieu de poids. On reconnaîtra la véracité de Marignola, si l’on prend la peine de rapprocher sa relation d’un antique privilège des chrétiens du Malabar, gravé sur cuivre , dont le Journal de Madras a donné la description, Xm, 2, 1844, p. 119: dans l’un des passages de ce privilège, un chrétien notable de Cranganore est désigné A la fois comme banquier et comme percepteur des taxes levées sur tous les objets vendus A la mesure, au poids, A la pièce ou A la charge, tels que le sel, le sucre, le musc, etc.; Yule, 1. c., n, 378; Germann, Op. cil., p. 383.

‘ Ihn-Batouta, IV, 99.

Page 1