‹ Histoire du commerce du Levant au moyen-âgeChapitre 10 sur 49 · De Vapparitùm de Mahomet aux croisades · texte numérisé non relu

De Vapparitùm de Mahomet aux croisades

que les gens de Bari en rapportèrent et qui faisait leur orgueil C'était pendant le retour; ils atterrirent à Myra, ville de Lycie que les Sarrasins venaient de prendre et de détruire; à la faveur du désordre, ils dérobèrent les ossements de llllustre St Nicolas de Myre et les rapportèrent à Bari,^ où ils débarquèrent au mois de mai 1087. > A l'époque de cette expédition, Antioche était au pouvoir des Musulmans. Au reste, la Syrie sarrasine était un pays fomilier aux marins de Bari: au ^ retour du fameux pèlerinage qui devait donner l'impulsion définitive au mouvement d'où sortit la première croisade, Pierre l'Hermite trouva sur la côte de Syrie des vaisseaux marchands de Bari dont fl profita pour rentrer dans son pays.^ Il pourrait se &ire que l'origine de ces relations commerciales entre les habitants de Bari et les Arabes d'Orient remontât à la courte période où la ville de Bari était elle-même au l pouvoir d'un sultan (842 — 871); mais il serait di£Scüe de le constater d'une manière positive. Cependant nous lisons dans les vieilles chroniques que ce même sultan accorda un jour, sur sa demande, à un pèlerin français, un moine nommé Bernard une sorte de passeport (avec son signalement) destiné à l'accréditer auprès des maîtres d'Alexandrie et du Caire. Muni de ce sauf-conduit, Bernard s'embarqua à Tarante pour l'Egypte sur un navire sarrasin^^ à ce propos,' il nous semble que si un pèlerin français osa fiûre cette demande au sultan, les marins et les marchands de Bari devaient moins encore que lui redouter de lui en adresser de semblables, et que le sultan, de son côté, devait les leur accorder tout aussi volontiers, plus volontiers même qu'à un étranger, car ce devait être, pour lui, une source de revenus. En dehors de Bari, il est possible que les villes de Tranig Brindisi et TaretUe aient déjà expédié des navires marchands &i Orient avant les croisades; mais elles n'arrivèrent que plus tard à acquérir de l'importance; nous ne fîBtisons pas d'exception pour Trani, quoiqu'on en ait dit; on a beaucoup parlé du code maritime qui y était en vigueur et qui porte la date de 1068; mais il ne contient aucune disposition spéciale à la navigation du Levant*

' n existe deux relations de cette lignes dans Lnp. Protosp., Perte SS. V,

translation: Tune écrite par Farchidiacre 62. Cf. Petroni, SioriadiBart,!^ 197 et s.

Jean de Bari sur Tordre de Parchevêque ' Alb. Aq. I, 2. GuilL de Tjr, I, 12.

ürso (1078—1089), Tautre composée par * Bernard, monach. franc, diuis Tobler

le moine Nicéphore ; la première se trouve et Molinier, 1. c p. 310.

dans Surius, De probatis S8, kistoriia, " H a été publié par Alianelli, Dette

VU, 397 et SS., la deuxième dans Falco- antiehe eonntetudim e leggt tnarütime

nins, S, Nicolai acta primigema. Neap. dette protincie NapoUtcme, Nap. 1871, et

1751, p. 131 et SS. Je les ai eues toutes dans le Blaekbook of Admirality, éd.

deux sous les yeux. Twiss, Lond. 1876.

' On trouve le feiit relaté en quelques

96 Première période. — Des gra$ides invaskms aux croisades.

Du côté de la mer Tyrrhénieimey nous trouvons un groupe de villes maritimes qui se signalèrent entre toutes par l'esprit entreprenant de leur population: Saleme, Amalfi^ Nazies et QaMe. Seule, Saleme était sujette des princes lombards; les autres étaient nominalement sous la domination des empereurs grecs, mais, en réalité, elles élisaient ellesmêmes, parmi les membres des &milles patriciennes indigènes, les autorités de la ville, quels que fussent leurs titres, prœfeehmi, comtes^ hj/poHj duces ou autres. Constantinople ne contesta jamais la validité de leurs pouvoirs, même quand les titulaires s'arrogeaient le droit d'hérédité. Livrés à eux-mêmes, ils pouvaient suivre en toute liberté les inspirations de leur amour du lucre et de leur ambition. Aussi ne se fiiisaient-ils pas plus scrupule que leurs voisins, les princes lombards, de s'allier avec les Sarrasins, quand ceux-ci forent arrivés à prendre pied sur le continent. An commencement, ces alliances avaient pour excuse la nécessité; c'était le seul moyen de se mettre à l'abri de leurs incursions; mais plus tard, on en vint à faire appel à eux librement, soit pour entreprendre avec leur aide des expéditions qui n'étaient en réalité que des brigandages, soit pour se défendre contre de puissants voisins. H ressort des documents de l'époque,^ que, lorsqu'il accusait Naples d'être devenue une autre Païenne, une succursale de l'Afrique, l'empereur Louis n était strictement dans le vrai, car elle ottsit aux pirates sarrasins un abri sâr, un point de départ commode pour leurs courses; elle leur fournissait des armes et des vivres et partageait avec eux le butin.* En 876, les princes de Saleme, de Naples, de Gaëte et d'Amalfl conclurent une alliance avec les Sarra- / sins et dévastèrent avec leur concours le territoire romain. Le pape Jean YHI n'épargna ni les menaces ni les promesses pour rompre cette alliance; mais il ne réussit à en fiûre sortir que le seul Waifre, prince de Saleme: contre les autres, les foudres de l'Église étaient une arme émoussée;* il avait bien l'intuition qu'à l'égard des Amalfltains des menaces d'anathème ne suffiraient pas; aussi ajouta-t-il spécialement pour eux, que, s'ils ne renonçaient pas à cette alliance, il ferait fermer à leurs navires marchands tous les ports où ils avaient coutume d'entrer.^ Enfin, en 916, il réussit à réunir une armée composée de Grecs et d'Italiens, qui purgea le sol de l'Italie de ses terribles envahisseurs; au moment décisif, les ducs de Naples et de Gaéte eux-mêmes étaient dans les

' Chron. Salem., dans Pertz, SS. m, 41, 44, 46, 58, 62, 167 et 8., 167, 169,

621, 627. 177, 196 et s., 216, 243; Chron. Salem,.

' Chron, Salem., dans Pertz, SS. m, p. 631 ; Erchemperti, Eist. Longob., dans

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