Byzance sous les Comnônes et les Anges
Aux guerres contre les Normands succéda dans tout l'empire grec une période de calme, mais d'un cahne passager, que la première croisade n'allait pas tarder à troubler profondément. Cette entreprise des Occidentaux était bien, en effet, de nature à causer aux maîti'es de l'empire les soucis les plus graves. Déjà, par le seul fait du passage de ces bandes innombrables, mal disciplinées, l'ordre de l'état, le bien-être de ses habitants recevaient de sensibles atteintes. Mais ce n'était encore que le moindre mal: c'était sur l'empire lui-même, sur son existence, que planait un danger incessant, car la vue de ces pays fertiles et de ses habitants efféminés était faite pour éveiller chez les croisés la tentation de s'empai^r de la Grèce, si commodément placée pour servir de point d'appui à leurs nouvelles possessions de Syrie; et les empereurs grecs n'auraient pas été en état de résister aux forces réunies des puissances occidentales. La première croisade se passa encore bien, car ses che& n'avaient qu'une idée fixe, un but, la Syrie; mais les armées succédaient aux armées, les flottes aux flottes et chaque fois c'étaient pour l'empereur de nouvelles transes. Dès l'origine Aleoßis avait adopté une attitude de réserve déflante qui ne tarda pas à dégénérer en hostilité marquée. Quand les flottes génoises et pisanes, destinées à coopérer à l'achèvement des états croisés, traversaient les eaux de l'empire, elles avaient à subir des attaques de la part des garnisons des îles ou des flottes impériales, et ne se faisaient pas faute de prendre leur revanche.
* Alex. Telee. L c. p. 108—105.