‹ Histoire du commerce du Levant au moyen-âgeChapitre 17 sur 49 · II. Byzance saus les Comnènes et les Anges · texte numérisé non relu

II. Byzance saus les Comnènes et les Anges

Ainsi, en 1099, une flotte pisane qui faisait voile pour la Terre- Sainte sous la conduite de l'archevêque Daibert, trouva aux îles Ioniennes une garnison grecque qui tenta de s'opposer à son passage; elle s'en ouvrit un de vive force, prit et pilla les îles de Corfou, Céphalonie, Sainte-Maure et Zante;^ une flotte grecque lui donna la chasse dans la mer Egée, l'atteignit et l'attaqua entre Bhodes et la ville de Patara en Lycie.* Certaines chroniques postérieures racontent qu'au retour cette flotte se vengea en s'emparant de plusieurs villes grecques*^* mais comme elles rapprochent de ces faits des concessions accordées par l'empereur Jean (Ealojoannes), qui ne monta sur le trône que beaucoup plus tard, et que, d'ailleurs, les plus anciennes chroniques ne font aucune mention de ce renouvellement du conflit, on peut admettre que ce renseignement n'a aucune valeur et le négliger tout simplement Un an après le départ de cette flotte pisane, une flotte génoise fîEdsait voile à son tour pour l'Orient; un amiral grec ne cessa pas de la harceler;^ à l'automne de l'année 1101, après la prise d'Ârsouf

^ "Proficiscendo Leucatam et Cefaloniam urbes fortissimas expugnantes ex- Bpoliayemnt, quoniam Jerosolymitanum iter impedire consneverunt" Oestatriumphaida per Pisanos facto, dans Murât SS. VI, 99; Maiangone, dans V Archiv, stor.

iial. VI, 2, p. 7, et Pertz, SS. XIX, 239. Les noms des deux autres îles, Corfou et Zante, sont donnés par Anne Gomnène, Alex, y éd. Bonn., II, 116: cet écrivain place à Tannée 1108 la date du pillage des Des Ioniennes par les Pisans et moimême je supposais autrefois (Colon, commerc. I, 22, not) avec Lebeau, Wilken et Sybel, que les Pisans avaient renouvelé leurs ravages dans ces îles à Foccasion d'une croisade entreprise en 1103; mais une étude plus approfondie des détails, qui concordent d'une manière si étonnante dans les récits des chroniqueurs pisaniS et dans celui d'Anne Comnène, m'a donné la conviction que le Biographe de Daibert. dans les Memorie di più nomim iUusfyri (m, p. 22—23) et Kugler (Boe^ mund und Ta/ncred p. 59 et s.) ont raison de croire qu'Anne a fait une confusion de dates, suivant son habitude et qu'elle a placé en 1103 des faits qui appartenaient en réalité à l'année 1099. En tout cas, ce qui est bien établi, c'est qu'une flotte

pisane commandée par Daibert a attaqué les îles Ioniennes; dans' l'enquête qui eut lieu plus tard, un des faits relevés contre lui était d'avoir provoqué le massacre des chrétiens grecs de Céphalonie (Alb. d'Aix, IX, 16, dans Bongars, p. 332.).

' Anne Comnène est le seul auteur qui avance ce fait. II, 116 et s.

' Annal, rer. Pisan., dans Ughelli, B.

sacra, 2« éd. X, 99; Gkron. brève Pis., 4b. p. 118; Mich, de Vico , dans Murât SS; VI, 168; Banieri Saardo, dans V Archiv, stor. Ü. VI, 2, p. 79. Au retour les Pisans auraient trouvé l'occasion d'enlever et de fidre prisonnier le propre fils de l'empereur: Tronci, Annal. Pis. p. 87; Roncioni, htorte Pisane: Arekiv. stor. it. VI,

* Anne Comn. II, 121 et s. Si l'on admet, comme je l'ai fut plus haut, que le conflit entre les Grecs et les Pisans, relaté par Anne Comnène, éclata en 1099 au lieu de 1103, la chasse donnée par la flotte grecque à une flotte génoise ayant eu lieu l'année suivante, d'après Anne Comnène elle-même, la date de ce fait serait l'an 1100; or cette date est précisément celle d'une croisade entreprise par les Génois. Caffaro, dans Pertz, XVm,

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