‹ Histoire du commerce du Levant au moyen-âgeChapitre 23 sur 49 · IV. Les äats croisés de Syrie · texte numérisé non relu

IV. Les äats croisés de Syrie

purent fournir à saint Louis les resonroes nécessaires à l'entretien de ses troupes pendant et après sa croisade.^ A côté des marchands italiens, nous trouvons encore à Acre les traces d'une colonie de marchands anglais: ils y étaient probablement arrivés à la suite de la croisade dirigée par Eichard ^ Cœur-de*Lion: ^^le tricus Anglorum'' se trouvait sur la colline appelée Mont f Miisart.' Cependant, après les colonies italiennes, la plus importante était celle des Provençaux; ils avaient, eux aussi, leur quartier^ avec une église dédiée à la S^ Vierge;^ mais deux villes fournissaient la majorité des membres de la colonie: Marseille et MontpéUier;^\eva:B marchands jouissaient de l'exemption des droits d'entrée et de sortie; pour ceux qui s'y établissaient définitivement, il y avait des fonctionnaires coloniaux de leur pays.^

La concurrence de tous ces marchands, italiens, français, anglais, donna une nouvelle impulsion au commerce d'Acre en l'obligeant à étendre de plus en plus ses relations. Nous savons déjà que les Vénitiens et d'autres encore allaient de là visiter Damas; de là encore partaient des commis-voyageurs pour Damiette, Ania en Asie-Mineure et Gonstantinople.^ ^ £^ visitant le sultanat d'Iconium, le missionnaire Guillaume de Eubrouk trouva le commerce de l'alun monopolisé entre les mains d'un Génois d'Acre et d'un Vénitien; un autre missionaire, Jean du Plan de Carpin rencontra un marchand d'Acre à Eiev.^ L'Orient n'était d'ailleurs

^ Bel^rano, Doe. ined. riguard. le due * Taf. et Thom. H, 32; Paoli, 1, 264.

eroetate di S. Luigi LK (inachevé); G. * Voyez pour Marseille : Méry et Guin-

Servois, Emprunts de Saint -Louis en don, I, 194 et s., 186, 226: nous y rele-

Palestine et en Afrique y dans la BUdio- vons trois chartes dont l'ordre doit être

thèque de Vécok des ehartesy Série IV, reetifié: ceUe dn roi Guy, de 1190, est la

T. IV, p. 113 et ss.; A. G. Tononi, Do- base des autres et devrait ouvrir la série;

cuments reiatifs aux Plaisançois d* Orient, celle d'Amaury et Isabelle (1197 k 1205)

dans les Arehip. de l'or. lot. II, 2, p. 208 devrait venir en second, car elle ne peut

— 212. pas être de Tannée 1180 comme Pindiquent

' Charte de 1240, dans les Archiv, de les éditeurs, mais bien de 1198 (voyez

rOr. lot. n, 2, p. 156; Chart de 1255, Mas-Latrie, Eist, de Chypre II, 24 et s.);

dans Paoli, Cod. dipl. I, 261 (reproduite enfin ceUe du roi Jean, de 1212, termine

dans les Archiv, de V Or. lot. 1, p. 426); la série. Pour Montpellier, voyez Gennain,

Lé^nde de Fltinéraire de Paris k Jéru- Eist, du commerce de Montpellier I, 214

salem, attribué à Mathieu Paris, dans les etss.,243. Pour le consulat, voyez plus loin. Itinéraires à Jérusalem et descriptions de * Doc. suUe relax, tosc. p. 103, 104

la terre sainte, éd. Michelant et Baynaud ^ Beeueü de voyages et de mémoires,

(PubL de la Soc. de l'Or, lot., série géogr. pubL par la Société de géographie, IV,

m, 1882) p. 135 et s. 392, 772. Cependant la discussion reste

' "Eue des Provençaux.'' Paoli, I, toigours ouverte sur le point de savoir si,

265; Mas-Latrie, Eist, de Chypre, II, 67; dans le dernier passage, les mots "Jacobus

"Buga Provincialium , " ibid. m, 636: Venerius Acre"* désignent effectivement un

"Vicus Provincialium,'' Taf. et Thom. certainGiacomoVenier,de la célèbre famille

II, 32. vénitienne de ce nom, qui était ûné à Acre.

320 Deuxième période. — /. Fondation des colonies commerciales.

pas Tunique objectif du commerce d'Acre; plus d'un marchand retournait en Occident et y visitait les principales places commerciales. Ainsi, vers la fin du Xm® siècle, on en rencontrait aux grandes foires de Champagne/ dans l'Italie-méridionale' etc.

Au point de vue du commerce, Tyr occupait le second rang; restés à l'abri des invasions ennemies, les grands quartiers italiens y jouissaient d'une prospérité ininterrompue et il s'y était formé, sous l'appellation commune de Provençaux, une nouvelle colonie composée de bourgeois de Marseille,^ de Montpellier, de S^ Gilles et de Barcelone.^ Conrad de Montferrat l'avait comblée de biens, de droits et de franchises, de sorte qu'elle n'avait pas grand chose à. envier à. ses aînées.^ Philippe de Montfort, seigneur de Tyr de 1243 à 1269, y confirma les franchises des Marseillais.^

Au courant de l'automne 1197, les chrétiens reprirent possession de Beyrout, dont, le port avait eu quelque importance au temps de l'ancien royaume de Jérusalem ;^ mais c'est à partir de ce moment, et sous l'influence et l'habile direction des princes de la famille d'Ibelin, que furent jetés les fondements d'une prospérité qui devait survivre pendant plusieurs siècles à celle de Tyr et d'Acre. Le premier de ces seigneurs est bien connu, car il est fréquemment désigné dans les Assises de Jérusalem sous le nom de "vieux sire de Baruth'*; de 1221 à 1223 il accorda généreusement des droits et des propriétés dans sa ville aux Génois,^ aux Vénitiens,® aux Marseillais.* Ses rapports avec les Génois prirent un caractère particulièrement amical pendant l'hiver de 1222 à 1223; ceux-ci avaient vu leurs propriétés d'Acre incendiées par les Pisans, et, furieux de ne pouvoir obtenir les indemnités qu'ils réclamaient, ils avaient abandonné cette ville en faveur de Bejnrout qui devint leur principal entrepôt*® Nous verrons plus loin par suite de quelles circonstances les liens qui unissaient les Génois aux seigneurs de Beyrout se resserrèrent de plus en plus.

* Gontin. de GuilL de 1^, p. 196, * Charte du mois d'octobre 1187, dans not SI. Méry et Goindon I, 190.

* Charte de Tan. 1266, dans Del Glu- ' Buffi, Eist, de Marseille, I, 96. dice, Cod, dipl. di Carlo d^Angid I, 23B. • Wilken, Gesch. der. Kreuxx. V, 35

' Il y a, dans une charte publ. par — 39.

M. Germain (Eist, du commerce de Mont- ^ Lib. jur. I, 666 et s. 687 et s.

pellier I, 180), un passage caractéristique ® Taf. et Thom. Il, 230 et ss., 232 et ss.

sur l'étendue de la Provence suivant les ^ Méry et Guindon I, 287 et s.: à la

idées de Fépoque: "per omnes Provincia- place de Robert d'Ibelin, il faut lire Jean

lium partes a Massilia usque Barchino- d'Ibelin.

niam." et Vie et Vaissette, Eist, de Lan- ^^ Annal. Jan. p. 160; voir plus loin. guedoe, éd. Du Mège, m, 231, IV, 214.

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