‹ Histoire du commerce du Levant au moyen-âgeChapitre 8 sur 49 · La Grande-Bretagne · texte numérisé non relu

La Grande-Bretagne

Pendant la période qai précéda les croisades, la Grande-Bretagne n'était pas absolument sans rapports avec l'Orient. Les Scandinaves d'nne part, les Allemands de l'autre, étaient ses intermédiaires. En Angleterre et en Irlande, on trouve ça et la, en fouillant la terre, des monnaies d'Orient, parfois avec des anneaux ou d'autres b\jouz d'aigent, preuve que le commerce du Levant par le Nord étendait son action jusque la. En effet, ces monnaies ne pouvaient arriver là qu'après avoir traversé la Scandinavie et par les vaisseaux Scandinaves, qui parcouraient les côtes de la mer du Nord avec la même facilité que celles de la mer Baltique et qu'attiraient vers la Grande-Bretagne les grands établissements formés par les Normands. La marine Scandinave avait une telle prépondérance dans la mer du Nord, surtout à« l'époque des expéditions des Wikings, qu'il ne restait guère de place aux Anglo- Saxons pour prendre part à ce commerce d'une manière active. On trouve dans les fouilles pratiquées dans les pays Scandinaves des quantités colossales de monnaies anglo-saxonnes; c'est la démonstration d'un commerce très actif, dans lequel l'avantage de l'exportation était du côté des Scandinaves; et comme les monnaies se trouvent surtout en Suède, et tout particulièrement dans les îles d'Oeland et de GK>thland,^ nous concluons de cette particularité que c'étaient surtout [les Scandinaves orientaux qui faisaient le commerce avec les Anglo- Saxons,^ c'est à dire ceux-là même qui étaient en relations avec la Bussie et par elle avec rOrient

D'un autre côté, par le fait même de leur situation, les riverains des fleuves qui se jettent dans la partie méridionale de la mer du Nord devaient être naturellement portés à entrer en relations avec l'Angleterre. Le plus ancien document qui démontre la présence de marchands allemands en Angleterre est un statut de Londres, qui remonte à l'époque du roi Ethelred (978—1016).» En compensation

le monastère deS^ Qall; à cette occasion, Jahrb. der Sehtceix. Qeseh, Lu. 1867,

le moine Walram lui offrit un poème dans p. 129.

lequel se trouvaient ces vers: ^ HUdebrand, Do» heidniaehe ZßitaUer

ItalisB populus diverso sanguine mixtus in Schweden, p. 184.

Ad te pigmentLs palliolisque mat * Mon principal guide sur cette question

Voyez Dfimmler, S^ Oaüüeke Denkmale est le livre de Worsaae: Die Dänen und

aus der Karolingischen Zeü, dans les Nordmimner in England, Schottland und

Mittheüungen der antiq. Oes. von Züriefi, LrUmd, trad. allem, p. Meissner (Leipzig,

Xn, 6» livr., p. 2â0. Les dates qu'il in- 1862), p. 67—71. dique sont rectifiées par Heidemann, dans ' Aneient laws and instituies ofEng-

ses Forschungen xur deutseh. Gesch., Vu, Umd, éd. Thorpe, p. 127; Eansisches Ur-

454 et par Meyer von Knonau, dans les kundenb., I, n^ 2.

88 Première période. — Des grandes invasions aux croisades.

de la fàyenr qui leur était accordée de faire leurs affiedres sur le marché de Londres, ils étaient tenus de payer, deux fois Fan, à savoir à Noël et & Pâques, deux pièces de drôp gris et une de drap brun, dix livres de poivre, cinq paires de gants et deux tonnelets de vinaigre. On trouve souvent, au Moyen- Age, une certaine quantité de poivre imposée comme redevance en nature à des marchands ou autres individus; mais c'est un Mt digne d'attention, que déjà, à une époqae si reculée, on admît comme chose toute simple que les marchands allemands devaient avoir du poivi^e dans leurs magasins. Nous ne pouvons pas supposer qu'ils n'apportassent en Angleterre que tout juste la quantité de poivre nécessaire pour acquitter l'impôt; il n'est donc pas bien risqué d'admettre qu'ils avaient coutume d'importer à Londres le poivre et les épices en général Sui* les villes d'où venaient ces marchands allemands nous sommes réduits à des conjectures; les plus grandes probabilités sont pour Thiel sur le Waal, Deventer sur l'Yssel, Liège sur la Meuse, Ciologne sur le Bhin et Brème sur le Weser. ^ Nous avons vu que Mayence était déjà, à cet époque, un grand entrepôt d'épices; il y aurait donc quelque raison de croire que c'était sur le Rhin que l'on embarquait les épices d'Orient & destination de l'Angleterre. En iehoTB de cela, quand les rois et les dignitaires de l'église d'Angleterre allaient à Rome, ils en rapportaient souvent des étoffes d'origine byzantine qu'ils y avaient reçues en cadeau ou achetées.'

6, La Fronoe.

Nous avons vu qu'il régnait entre la France mérovingienne et les \ chrétiens d'Egypte et de Syrie un trafic très actif. Les riverains de la 1 Méditerranée s'étaient fait une telle habitude de ces relations, que les invasions arabes elles-mêmes ne les arrêtèrent jamais tout à &it. Il est probable, cependant, qu'ils cessèrent, dès les premiers temps de l'époque mérovingienne, de recevoir les vins de Gaza et de Sar repta;* il y avait d'ailleurs à cela un autre motif; c'est que, dans le premier feu de leur ardeur religieuse, les Arabes avaient suppiîmè la viticulture sur le sol de la Syrie: mais, après comme avant, toute la France recevait des produits originaires du territoire arabe, ou qui avaient dû le traverser. D'après un diplôme du roi mérovingien Chilpéric n,

^ Lappenberg, ürkundl. Oeschiehte des mtdh, dans son Eist, ecd., éd. Smith

hansùehen Stahlhofs in London, p. 5; (Cantabr. 1722), p. 297. Hinch, Kaiser Heinrich U, p. 346 et s. ' Sidon. Àpoll. Carm., XVII, 16; Grég.

* Ingolphus, dans FeU, Eist crngl. de Tours, Vu, 29. script., I, 60; Beda, Eist, abbat. Wire-

IL — De Vappaâition de Mahomet aux croisades. 89

de l'an 716,^ le monastère de Corbie percevait, sur les produits de la douane de Fos, une rente annuelle composée, entre autres choses, de poivre, de dons de girofle, de cannelle, de nard (spico), de dattes et de papier (caria tomip Fos était située à l'embouchure des Fossae Marianae, et cet antique canal servait surtout à fiiciliter les communications des villes situées sur le cours inférieur du Bhône avec la Méditerranée;^, on peut donc conclure de ce qui vient d'être dit, qu'au commencement du Vin* siëde, les produits de l'Asie et de l'Afrique arrivaient dans le delta du Bhône sur des navires qui, très probablement, avaient été expédiés par des villes du midi de la France. A cette époque, les épices étaient loin d'être une rareté en France, comme le prouve une ordonnance des rois mérovingiens, d'après laquelle les fonctionnaires royaux voyageant pour le service avaient droit, sur toute l'étendue, du territoire, à leur entretien, auquel il était abondamment pourvu, et, en outre, à une certaine quantité de ces articles de luxe, pour assaisonner leurs mets et leurs boissons;^ d'où l'on voit que les grands du royaume en avaient l'habitude et qu'on pouvait leur en procurer même en dehors des grandes villes. Pendant la période carlovingienne nous trouvons les épices employées plus fréquemment encore, soit pour assaissonner les mets,* soit pour épicer le vin,^ soit enfin comme ingrédients dans les remèdes. ^ Bien

' Pârdessas, Diphmata, Chartae etc., ^ Formula Marotdfiy lib. I, cap. 11,

n, d09. dans les Mon, Oerm, hût. legum, Sectio V,

* n 8'agit id du papyrus d^Égypte^ p. 49; et dans Pardessns, Dipl. l. e.

qne les Arabes appelaient aussi qertfts; H n^est pas question dans ces passages de

après la conquête, la fabrication du pa- l'emploi des épices en médecine, comme

pyrus resta entre les mains d'ouvriers le suppose Dttmmler, Formelbueh des

chrétiens et ce ne devait pas Ôtre un Bischofs Salomo von Oonstanx, p. 1S4:

mince siget de surprise pour les Occi- cf. Waitz, Deutsehe Verfassungsgeseh. n,

dentaux qui s'en servaient, de découvrir, 8, 8® édit, p. S96 et s. en examinant de près le filigrane, les ' *'Cibi pigmentati." Theodulf, qpise.

mots: Père, fils et Saint Esprit; cette Aurelian, ad Oarolum regem, V, 198, éd.

légende ne disparut qu'au commencement Dttmmler (Mon, Oerm, kist, poetus eeei

du Vm« siècle, et fût remplacée par une Carolini I), p. 4 et ss. devise musulmane; voy. Sauvaire, MaU- * "Potuum diversissima gênera variis

riauû^ pour servir à Vkist. de la numism. pigmentis aut medicaminibus contempe-

et de la métrol. tnusulm. Joum. €uiat, rata", comme partie intégrante d'un mag-

Série Vn, T. XIV (1879), p. 468 et ss. nifique repas ches un évêque. Monach.

' On trouvera une étude très bien S. GalL Oest, Corel, I, 18. faite sur la situation des Fosssb Marianœ, ^ Alcuin. Epp, éd. Jaffé, dans la Bir

dans De^aidius, Oéogr, de la Oaule ro- blioth, rer, gemutn., VI, 598; CkmstiHdio

mamey I, 199 et ss.; la situation de Fos Ansegisi, abb,, dans Pertz, SS. n, 800. Ces Eartigues) est indiquée également sur la carte; cf. Jacobs, Oéogr. des dipl. méroving. (1882), p. 48.

90 Première période. — Des grandes invasions aux croisades,

que le prix en fat très éleyé,^ beaucoup de personnes, les dignitaires ecclésiastiques en particulier , s'en donnaient la jouissance, et les médecins ne se gênaient pas pour en introduire dans leurs remèdes afln de leur donner plus de force.

Sous le règne de Charlemagne, les relations entre la France et l'Orient se multiplient. L'immense étendue de son empire, la vigueur avec laquelle il maintenait l'ordre et la sécurité d'une extrémité à l'autre, l'intérêt qu'il portait à l'accroissement du bien-être général étaient autant d'encouragements pour le commerce. Si pour lui-même il repoussait le luxe de la table et du vêtement, > il savait apprécier les belles choses que pouvait procurer, le commerce; on raconte qu'un jour, s'entretenant avec l'ambassadeur de l'empereur d'Ori^it, il exprima les plus vi& regrets de ce que les deux empires fussent séparés par la mer, ce qui, ajoutait-il, l'empêchait d'avoir part avec les Grecs aux richesses de l'Orient ^ Si telle était sa pensée, il était tout naturel qu'il &vorisât les relations avec le Levant On sait qu'il fut le premier à envoyer des ambassadeurs au calife Haroun-Al-Sachid, et que celui-ci répondit &vorablement à ces avances;^ il se forma entre les deux princes des relations amicales, basées sui* une estime réciproque; c'était le temps où Charlemagne fusait la guerre aux Arabes d'Espagne; mais, loin de mettre des entraves à leurs rapports, cette situation leur fiit plutôt t&vorable, car les chefs des Arabes d'Espagne n'étaient que des révoltés aux yeux du calife de Bagdad. Les négociations que les envoyés de Charlemagne étaient chargés de suivre à la cour du calife avaient assurément pour objet les Lieux -saints de Jérusalem et la protection des pèlerins. Depuis qu'il était revêtu de la dignité impériale, Charlemagne se considérait comme le chef de la chrétienté; en cette qualité, il devait s'intéresser au sort des chrétiens d'Orient et de ceux qui y allaient en pèlerinage;^ en 799, le patriarche de Jérasalem entrait entièrement dans ses vues en lui reconnaissant publiquement une sorte de droit de patronage sur la ViUe

' "Indica pigmentorum gênera magno singes) , pièces mécaniques , instruments

emenda pretio." Alcnin. ib. 628 et s. de musique, lustres, étoffes de soie, tente

' Einhardi vita Caroli cap. 23, 24. avec rideaux, remèdes, épices et parfiuns

dans Pertz, SS. n, 456 et s.; Monachus (baume, nard).

S. Gall., ib. 761. ^ Il suffît, pour le prouver, de citer

' Monach. S. Gall. 1. c. p. 743. ''0 le secours qu'il fit parvenir aux chrétiens

utinam non esset ille gurgitulus inter pauvres de Jérusalem, d'Alexandrie et de

nos, etc." Cbarlenutgne ne pense pas du tout Garthage (Eaïrouan) ; voyez Einhardi, vüa

à un trafic terrestre entre des pays éloignés. Chroli, cap. 27; ibid, p. 457. Voy. aussi,

^ Les présents du calife à Tempereur Annalea Laurissenses mqfares, ad an. 800,

consistaient en animaux rares (éléphants, dans Pertz, SS. I, 186.

//. — De Vaipparüion de Mahomet aux croisades, 91

sainte et les Lieux -Saints, et, quelque temps après, le calife le sanc^ tionnait en quelque sorte, en qualité de souverain du pays. H resterait bien à démontrer comment, sans marine à lui, Charlemagne eût pu appuyer ses prétentions dans un pajrs aussi lointain; mais les Mahométans se &isaient une haute idée de sa puissance et connaissaient ses relations amicales avec les califes; cela suffisait pour les tenir en respect: les pèlerins comme les marchands d'Ocddent s'en trouvèrent bien, et plus d'un voyageur réunissait ces deux qualités. Charlemagne fonda pour eux un hôpital à Jérusalem; ce fat un véritable bienfait; en face de cet hôpital se trouvait un marché sur lequel chacun était Ubre d'exposer ses marchandises, moyennant une rétribution de deux pièces d'or par an.^ Du reste, dans tout ce qu'il fetisait en Orient, les intérêts du commerce ne passaient qu'en seconde ligne aux yeux de l'empereur,^ et il est permis de douter qu'ils aient pu avoir quelque influence sur le choix des présents envoyés par lui au calife. Le moine de S^ Gall rapporte que, dans le nombre, il y avait des draps de Frise, d'espèces et de couleurs diverses, et que l'empereur savait qu'ils étaient rares et fort chers en Orient^ Le chroniqueur n'ajoute, évidemment, cette remarque que pour démontrer que l'on était en droit de supposer que la valeur de ces draps en ferait un cadeau agréable au calife; peut-être nous accuserait-on de vouloir trop lire entre les lignes, si nous prêtions à l'empereur l'intention de &voriser l'écoulement des draps de Frise en Orient, en les &isant d'abord accepter par la cour du calife.^ Quoiqu'il en. soit, la remarque du chroniqueur nous fût connaître que, dès cette époque reculée, un produit &briqué en Occident pouvait être expédié en Orient et y être estimé. Les marchands frisons, on le sait, parcouraient l'Allemagne, la France et l'Angleterre; mais il ne fetut point nous demander s'ils portaient eux-mêmes leurs draps jusqu'en Orient,

' Bemardm monackua franeus, dans arec les pays les plus reculés de FAsie:

TohlereŒoUmeT, Binera hiero8olymii€m€h voy. Téd. de ce poème, par Soschwitz,

I, p. 314. L'auteur du vieux poème hé- 1888, p. 18, y. 209~-212. roïque firauçais sur le voyage de Charle- ^ Hautefeuille avance une affirmation

magne à Jérusalem et à Ck)n8tantinople sans fondement, lorsqu^il écrit, dans son

a pris ses descriptions de Jérusalem dans HisL des origines, des progrès et des vah

des relations de pèlerins du XI® siècle; riaiions du droit mariHme intemaHonal,

cela est démontré; il parle de ce marché, 2® éd. Paris 1869, p. 96: Les premiers

fréquenté par des marchands de diverses consuls chrétiens, aidmis chez les Sarrasins,

langues, qui apportent de riches étoffes furent ceux envoyés par Charlemagne en

de soie et de drap, du costus, de la can- Palestine vers Pan 800. neUe, du poivre et autres épioes ou plantes ^ Op. eu. p. 752.

médicinales; si Ton peut s'en rapporter * Gfrörer, Gregor VU, vol VU, p. 200;

au témoignage d'un poète, ce passage Sugeiùk^myOesckiehie des deutschen Vc^,

prouverait que Jérusalem était en relation I, 124.

92 Tfefmefre période, — Des grandes invasions aux croisades.

si Marseille ou Venise leur servaient d'intermédiaires; car ce sont des questions auxquelles nous ne pourrions répondre.

- Sans doute, l'entente padflque et même cordiale qui régnait entre

— Charlemagne et le souverain de l'Orient dut favoriser les progrés de la ^ marine marchande en Occident;^ mais il ne fetudrait pas se figurer que

I l'on eût organisé, dès cette' époque, des services maritimes réguliers entre ' les ports du midi de la France et le Levant un écrivain de second ordre, dans une histoire locale,^ a prétendu que, dès 813, les boui^geois de Lyon se réunissaient à ceux de Marseille et d'Avignon, allaient avec eux visiter Alexandrie deux fois par an, et en rapportaient les épiées des Indes et les parfums de l'Arabie, qui se répandaient ensuite dans la France et dans l'Allemagne par le Bhône et les autres cours d'ean; c'est une afSrmation toute gratuite; Deguignes^ ne l'a admise que sous réserve, mais Heeren l'a rejetée avec raison dans le domaine de la fühle, et je ne croirais même pas devoir en fskire mention, si un savaut hien connu ne l'avait reprise récemment encore.^ De pareils seri^ Moea n'ont été organisés qu'à l'époque des croisades; de plus, des trois villes nommées plus haut, Marseille, Lyon et Avignon, la première tout au plus eût été en mesure d'entretenir un service de navigation régulier avec Alexandrie, et encore pas à l'époque carlovingienne, mais seulement plusieurs siècles après.

Avec les Sîêccesseurs de Charlemagne s'ouvrit pour la France une période désastreuse. Tandis que les Normands pillaient et dévastaient les côtes du nord et de l'ouest, pénétrant jusque dans les fleuves qui arrosent ces régions, des pirates arabes se montraient sur les cotes de la Provence, s'emparaient du château fort de Fraxinetum (la Qarde Frainet) et, de ce repaire, portaient la dévastation au loin dans le pays pendant près d'un siècle. Tout pèlerin qui traversait les Alpes pomaller à Rome risquait de tomber entre leurs mains. Tout vaisseau assez téméraire pour sortir de l'un des ports du sud-est et fedre voile vers

* Arles panut avoir eu le priyilége qm est également mentiomié avec les

des reUtions avec les Arabes. L^èvêque autres objets. Voyez Theodulfi Bpisc.

Theodulphe d'Orlôans y trouva en 812 AureL persua eorUra judiees, ▼. 171—174,

des monnaies arabes en quantité (gnravi 811 et s., éd. Dftmmler, 1. c, p. 498 et s. numéro), des perles d'Orient, des draps ' Poullin de Lumina, Abrégé chrono^

de diverses couleurs, de fabrication arabe logique de l'kisMre de Lgon; Lyon 1767,

(varie fbcata colore pallia, quœ misit, ut p. 81.

puto, torvus Arabs). La question est de ' Mémoires de VAead, des htseriptions,

savoir si ces monnaies et ces marchan- XXXYII, 476.

chandises venaient des Arabes d'Orient ou ^ Peschel, Dos ZeüaÜer der Eni-

des Arabes d'Espagne, ce qui me parut deekungen, p. 8; l'auteur tire sa citation

plus probable: c'était en tout cas de ces de Ed. Salvator, Eût. des éeheUes du

derniers que provenait le cuir de Oordoue Levant. Paris 1867, p. 28.

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le Levant f&t tombé en leur pouvoir avant même d'avoir gagné la pleine mer, car ils étaient maîtres de presque toutes les Ues et en avaient Mt des nids de pirates. On n'aura pas de peine à croire que, dans ces conditions, le commerce maritime entre la France et le Levant -avait complètement cessé; aussi, les pèlerins français qui voulaient se rendre à Jérusalem préféraient-ils aller s'embarquer dans l'un des ports de lltalie; ils avaient ainsi la chance d'échapper aux Arabes de l'ouest^

Cependant, même pendant cette période, il ne paraît pas que la France ait été complètement sevrée des produits de l'Orient Les épiciers de Cambrai, par exemple, devaient en être bien abondamment pourvus, s'il est vrai que le monastère de Corbie pouvait se procurer chez eux toutes les épices indiquées dans un mémento écrit, à ce qu'il semble, entre 822 et 986, et que nous reproduisons dans la note cidessous.'

C'étaient probablement des marchands italiens qui procuraient à la France les produits de l'Orient, soit qu'ild parcourussent eux-mêmes le pays,^ soit qu'ils les cédassent à des revendeurs français. On a prétendu qu'il y avait à Limoges, au commencement du XI® siècle, une véritable colonie de marchands vénitiens, mais le fidt est plus que douteux; ceux qui l'avancent ne s'appuient que sur l'autorité d'un ouvrage anonyme inédit, traitant des ^Antiquités de Limoges^, dont la composition est de l'année 1638.«

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