‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 109 sur 145 · V. Ltlc de Chypre · texte numérisé non relu

V. Ltlc de Chypre

furent portées jusque dans la Frise par des pèlerins et, longtemps après la prise d'Acre, Ludolphe de Sutheim, debout sur les ruines oe la ville, maudissait la désunion des Pisans, des Génois et des Lombards, cause de sa perte.1 Il ne faut pas oublier, cependant, que, si les colonies italiennes étaient responsables de la catastrophe, la responsabilité retombait d'un poids bien plus lourd encore sur ceux dont la mission spéciale était de défendre la Terre -Sainte contre les infidèles et qui y avaient manqué , les ordres de chevalerie par jalousie mutuelle , les barons par leur insubordination.

La punition ne se fit pas attendre et elle fut sévère, non-seulement pour les princes et les barons, qui furent dépouillés de leurs terres, nonseulement pour les ordres de chevalerie, qui virent leurs châteaux-forts tomber aux mains de l'ennemi, mais aussi pour les nations commerçantes dont les riches quartiers, désormais dévastés et déserts, partagèrent le sort des villes où ils avaient été construits. L'avenir n'avait pourtant pas dit son dernier mot pour les colonies de commerce en Syrie. Certaines relations, nouées par les Italiens au temps des états croisés, avec Damas par exemple et avec Alep, ne furent jamais rompues d'une manière absolue; d'un autre côté, Béryte ne tarda pas à prendre un rang important parmi les marchés communs au commerce de l'Orient et à celui de l'Occident, et à devenir l'un des ports les plus fréquentés par les flottes marchandes d'Italie.

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