L'île de Chypre, considérée au point de vue de sa
situation en avant des États croisés.
Malgré la situation de l'île de Chypre au voisinage des côtes de la Syrie, la pensée de cette conquête ne vint aux Occidentaux qu'après un temps relativement long : un intervalle de cent années à peu près sépare la première croisade du joui- où Richard Cœur -de -lion y détruisit la domination grecque (1191). Jusque là, le commerce ne semble pas y avoir attiré beaucoup les Occidentaux. Celles des nations commerçantes d'Italie que des traités liaient à l'empire grec avaient cependant toute liberté d'y envoyer leurs navires marchands; dans le traité conclu avec Venise en 1148, l'empereur Manuel désigne expressément l'île de Chypre après l'île de Crète parmi les pays ouverts aux Vénitiens,2 et un ambassadeur vénitien, envoyé en 1302 à la cour de Henri II de Lusignan, rappelait au roi, comme une chose connue, les propriétés, droits et franchises dont
290 et sa., et le Mémoire d'Amaury de XXIII, 565; Ludofji de Suchen iiiner.
la Roche, dans Mas-Latrie, Hist. de Chypre, p. 41 et s. (éd. de la Société littéraire de
H, 72. Stuttgart).
1 Menconis chron., dans Pertz, SS. » Taf. et Thom. I, 124; voy. aussi 265.
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