‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 111 sur 145 · I. Fondation des colonies commerciales · texte numérisé non relu

I. Fondation des colonies commerciales

la République de Venise avait eu la jouissance dans File de Chypre et spécialement à Nicosie et à Limisso, au temps de la domination grecque.1 Le dernier historien d'Amalfi2 prétend que ses compatriotes eurent autrefois des comptoirs à Chypre ; il néglige d'en fournir la preuve, mais le fait en lui-même n'a rien d'invraisemblable, car on sait, d'une part que les Amalfitains étaient étroitement attachés à la politique de l'empire grec, et d'autre part qu'ils avaient de nombreuses relations d'affaires tout le long des côtes d'Kgypte et de Syrie, c'est à dire tout autour de l'île de Chypre. L'histoire de la conquête de l'île par Richard Cœurde-lion y démontre l'existence de colonies de marchands occidentaux dès le temps de la domination grecque; en effet, comme le roi croisait avec sa flotte en vue de Limisso, certains Latins, habitants de la ville, lui firent savoir qu'elle était évacuée par les Grecs et hors d'état de résister.8 S'ils faisaient de telles avances au conquérant, c'est que, sans doute, ils avaient le sentiment que jamais les marchands occidentaux ne se sentiraient à l'aise dans l'île de Chypre et que jamais il ne s'y formerait de colonies prospères tant qu'on n'aurait pas chassé les Grecs et mis à leur place un gouvernement latin. Ils étaient dans le vrai. La situation était tellement favorable, que le commerce devait y prendre un rapide développement, pourvu que le gouvernement fut véritablement ami: telle était la maison de Lttsignan, à qui échut la couronne du nouveau royaume et qui la conserva sans interruption pendant trois siècles: mus par une inclination naturelle, mais aussi par le soin bien entendu de leurs propres intérêts, les princes de cette famille multiplièrent les privilèges et les donations et favorisèrent pas ce moyen l'épanouissement de la vie commerciale.

Le premier souverain de cette dynastie, Guy de Lusignan, entretenait les meilleurs rapports avec les Pùtans; il est donc extrêmement probable qu'en leur ouvrant l'accès de l'île, il leur y fit les conditions les plus favorables. Du moins, au moment où son pouvoir allait lui échapper dans le royaume de Jérusalem, les voyant disposés à soutenir ses tentatives de restauration, il leur promit force dons et privilèges dans l'île de Chypre, son nouveau royaume, et, pour ma part, j'ai tout lieu de croire qu'il tint fidèlement ses promesses, d'autant plus que, depuis ce moment jusqu'à sa mort, les Pisans restèrent ses alliés et que leur fidélité fut la cause de leur bannissement d'Acre. 4 Avant que les principales puissances d'Italie ne se fussent décidées à créer en Chypre de vastes entrepôts, une petite ville de l'Italie méridionale dont on trouve fréquemment le nom dans les relations de l'époque, parce que beaucoup de croisés allaient

1 Ma« - Latrie , Nouvelles preuves de 5 Caméra, Sforia délia rift/'t e mstiera Vhist. de Chypre: Bibl de l'ceolr des d'Amalfi (l*™éd.), p. 206. charte», XXXIV (1873), p. 54. 1 Contin. «le GnilL de Tyr. p. 1H4.

4 Ibid. Muer. D, p. 199, 202 et s.

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