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L'Egypte

Avant la découverte de la route du cap de Bonne -Espérance, la plus avantageuse de toutes les voies connues entre l'Orient et l'Occident était assurément celle de la mer Rouge. Elle réduisait au minimum possible les difficultés et les frais énormes résultant des transports par terre. Abstraction faite de l'étroite bande de terre qui sépare la mer Rouge du Nil, les marchandises expédiées de l'Inde ou de la Chine voyageaient toujours par mer et suivaient la ligne la plus directe, par conséquent la plus courte, pour arriver dans les ports d'Italie, de France et d'Espagne. On connaît le rôle important de l'Egypte dans l'antiquité: cette importance, elle la devait à sa position centrale et à l'énorme mouvement de transit qui en était la conséquence : au Moyen-Age, la situation n'avait pas encore changé. On pourrait appliquer à l'Egypte tout entière ce que Guillaume de Tyr disait spécialement d'Alexandrie : * c'était le marché des deux mondes (forum publicwn utrique orbi).

H s'agit, dans ce chapitre, d'établir comment, à l'époque à laquelle nous sommes arrivés au cours de notre étude, c'est -à dire pendant la période des croisades, parvenaient en Egypte et en ressortaient les produits les plus recherchés de l'Orient: pour cela, il faut d'abord diriger nos recherches vers le sud -ouest de l'Arabie. Deux villes de la côte, Aden et Zébid devaient à l'étendue de leurs relations une renommée universelle. Dans les temps anciens, les habitants de Chohar, sur la côte d'Oman, expédiaient des navires vers l'Inde et la Chine; mais, depuis que les pirates de 111e de Kich infestaient le golfe Persique et ses

1 Voyez les extraite de l' Histoire (T A- der Wiener Akad. 1850, arril, p. 239 lep, par Ibn-ouch-Chihnèh, communiqués 243.

par M. Kremer dans les SiUungsberichte » GuilL de Tyr, XIX, 27.

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