VIII. L'Êgypte
à ses compagnons1 les villes, les territoires et les revenus de sa conquête; aux Pisans, il prodiguait les promesses: c'étaient d'abord des quartiers au vieux et au nouveau Caire, avec droit de justice consulaire, églises, bains etc., puis, pour plus tard, l'exemption de droits à Alexandrie, à Damiette et à Tennis et, en attendant, un subside annuel de 1000 besants à prendre sur ses revenus au vieux et au nouveau Caire:2 beaux rêves, dont finalement aucun ne se réalisa.
Le résultat des luttes engagées en Egypte Ait le renversement de la dynastie fatimide, mais Amaury n'en profita point et la succession échut à Salaheddin ou, pour nous servir de la forme usuelle de son nom, à Saladin, neveu et successeur de ce fameux Chirkouh qui, d'abord lieutenant de Noureddin, puis vizir tout puissant du dernier des Intimides, avait réussi, après la mort de celui-ci (14 sept 1171), à s'emparer de son trône. Pour la période correspondante au règne de Saladin, c'est encore sur les relations commerciales de Pise avec l'Egypte que nous sommes le mieux renseignés; nous en savons bien moins pour les autres nations. En 1173, un ambassadeur pisan, nommé Aldeprandus (11 debrando) se rendit à sa cour afin d'obtenir pour ses compatriotes diverses facilités de trafic; le sultan, oubliant leur conduite au cours de la dernière guerre, consentit à un nouveau traité.8 Cette convention garantissait de nouveau aux Pisans établis à Alexandrie la possession d'un fondaco, d'un bain et d'une église, ainsi que la liberté du culte et les autorisait à faire usage de leurs propres poids et mesures; elle encourageait l'importation en Egypte des produits de l'Occident et, en particulier, du fer, du bois et de la poix : elle exemptait les Pisans de tous droits pour l'or et l'argent qu'ils apportaient avec eux, mais les obligeait à présenter à la douane, au moment de leur départ, ce qui leur resterait de monnaie. Enfin, Saladin mit fin à divers abus dont les Pisans étaient habituellement victimes: exactions de la douane, contrainte de vendre leurs marchandises au gouvernement au dessous du prix courant, opposition par la force à leur départ.
Après Aldeprandus, trois autres ambassadeurs pisans se succédèrent, de 1176 à 1180; ces missions avaient en partie pour but la délivrance des prisonniers de guerre, mais, surtout, l'obtention de mesures utiles aux intérêts de la colonie d'Alexandrie et à la sécurité du trafic. Nous possédons encore les réponses, toujours favorables, faites à ces suppliques, soit par Saladin en personne, soit, en son absence, par son frère Almélik- Aladil et rapportées par les ambassadeurs. Malheureusement, elles sont
1 Par exemple, aux chevalier» de S. dans Michand-Reinaud, BibL des crois.,
Jean: Paoli, Cod. dipl., I, 48-60; à Pa- IV, 128.
garnis de Caïfa: Strehlke, Tab. ord. teuton., 1 Doc. euUe relax, tosc, p. 16; d. d.
p. 6 et s. La chose était connue en Égypte; 16 sept. 1169.
A preuve les paroles d'Àbou-Taï, rapportées 8 Amari, p. 257 et as.
398 Deuxième période. —