‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 27 sur 145 · I. Les états croisés au 1er siècle de leur existence · texte numérisé non relu

I. Les états croisés au 1er siècle de leur existence

Aux services rendus à l'origine, ils en ajoutèrent d'autres et surent se rendre utiles, non seulement au royaume de Jérusalem, mais aussi au comté de Tripoli, soit par une action directe dans les combats, soit par des avances d'argent, soit par de bons conseils. Tels sont les faits relevés à leur éloge par les rois Foulques d'Anjou en 1136 et Baudouin III en 1152. La récompense de ces services fut pour la commune marseillaise la franchise de droits de douane et d'accise et le droit de posséder une rue, une église et un four à Jérusalem, à Acre et dans toutes les villes maritimes du royaume.1

Il était naturel que toutes les nations commerçantes qui avaient fait des sacrifices d'hommes et d'argent pour aider à la formation des états croisés fussent, de la part des souverains de ces états, l'objet de faveurs spéciales. D'autres au contraire, qui n'avaient pas pu rendre les mêmes services, y perdirent du terrain. Ce fut le cas des Amalfitains, qui avaient cependant d'anciennes relations en Syrie et auxquels cette circonstance aurait dû assurer une certaine avance. Avant les croisades, il y avait déjà un quartier amalfitain8 à Antioche; il resta ce qu'il était; le quartier génois fut construit à côté de lui; mais les nouveaux princes n'ajoutèrent que fort peu de chose par leurs dons aux propriétés des Amalfitains. Tout se borna à trois boutiques (estracottes, estacines= siationes) sur le port de Laodicée, concédées par le prince Bohémond ni.8 Dans la ville de Tripoli, ils obtinrent, au cours

1 La charte de Baudouin porte "villas de marina1* (var. villas de mare), celle de Foulques dit 'villas* tout court. La première se trouve dans Papon, Hist. de Provence IL Preuves, n° XVIII , et dans Méry et Guindon, Histoire des actes de la municipalité de Marseille, I, 183 et s.; la deuxième, dans Papon, 1. c. n° XIV, et (en extrait) dans Méry et Guindon, I, 182. Comme il est question dans la charte de Baudouin de sommes d'argent avancées par les Marseillais, "ad succuroum Esqualone et Joppe," ce détail donne à supposer que la charte doit être en réalité, non de l'année 1152, mais de Tannée 1153, car cette dernière date est celle du siège et de la prise d'Ascalon.

■ u Ruga, vicu.s Amalfitanorum " ; Ughelli, S. saer. IV, 847; Paoli, Cod. dipl. I, 27, 38.

8 Ce diplôme se trouve dans Ughelli, il. saer. VU, 203, et dans Pansa, htoria

delï antica repubbliea di Amalfî, I, 94; mais le texte le plus correct est celui de Caméra, htoria d'Amalfi, p. 204, et du même, Memorie di Amalfi, p. 202. Dans les derniers temps, Rey, dans son édition refondue des Familles d'Outremer, de Ducange, a élevé des doutes sur l'exactitude de la date (1163); il soutient que l'auteur de la charte est Bohémoud II, qui hérita de son père Bohémond Ier en 1126, la principauté d'Àntioche. Mais le texte donné par Caméra, qui est le plus exact et que Rey ne connaissait pas, porte, au lieu de "Boamundus Boamundi filius", comme les anciennes éditions, "B. Raemundi fil.," ce qui ne peut s'appliquer qu'à Bohémond m, fils de Raimond de Poitiers, qui devint prince d'Antioche en 1163 ou 1164 (Rey, p. 194); à l'époque où le diplôme fut rédigé il n'était encore que seigneur de Laodicée et de Gabulum.

148 Deuxième période. —

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