‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 28 sur 145 · I. Fondation des colonies commerciales · texte numérisé non relu

I. Fondation des colonies commerciales

de la domination des croisés quelques maisons, 1 parmi lesquelles on cite la maison du vicomte et une halle; ils les conservèrent jusqu'à la reprise de la ville par les Sarrasins; les véritables propriétaires étaient les archevêques d'Amalfi; ils abandonnaient, en général, les revenus du fondaco à des compatriotes qui en prenaient l'entretien à leur charge.5 Pour en finir sur ce point ajoutons qu'Acre est, de toutes les villes du royaume de Jérusalem, la seule où l'existence d'une colonie d'Amalfitains soit démontrée. Us y possédaient des propriétés à côté du quartier pisan,3 et, de plus, dans le cimetière de St Nicolas, une partie réservée pour leurs morts et un ossuaire construit par un noble amalfitain nommé Manso.4 Je n'ai rencontré dans aucun document le nom d'un vicomte où consul amalfitain en Syrie.

Quelle différence entre les dons infimes consentis aux Amalfitains et les donations immenses, les cessions de terrain considérables accordées aux Vénitiens, aux Génois, aux Pisans! Disons cependant de suite, pour être justes, que toutes les faveurs promises ne furent pas toujours réalisées et que plus d'une fut retirée postérieurement. Par exemple, le traité de 1123, qui ne faisait en réalité que renouveler, en les étendant, les promesses d'un autre conclu en 1100, reconnaissait aux Vénitiens le droit à un quartier complet (c'est à dire avec place de marché, église, bain et four) dans chaque ville du royaume de Jérusalem; il ne fut jamais exécuté à la lettre. Il est vrai que les Vénitiens euxmêmes n'y tenaient sans doute pas absolument, du moins pour les villes de l'intérieur, Jérusalem exceptée; mais ils ne l'obtinrent même pas dans toutes les villes du littoral, à Ascalon en particulier, dont un tiers leur avait été spécialement garanti. 5 La même chose se passa probablement pour les Marseillais qui, eux aussi, avaient droit à un quartier dans chaque ville maritime. Les Génois virent souvent dans la suite des temps leurs privilèges violés, leurs possessions réduites de vive force, et ils firent entendre à cet égard de nombreuses plaintes.6 Avec la complicité des chanoines de l'église du St Sépulcre, le roi Amaury (1162—1173) alla jusqu'à faire détruire l'inscription gravée en com-

1 On leur en avait confisqué quelquesunes, mais ils furent remis en possession par une sentence du comte Raimond III (15 juin 1163): Caméra, Memorir di Arnalfi. H, 202 et s.

* Voyez la charte du 19 nov. 1168.

dans Pansa, op. cit I, 97; dans CameraT Storia, p. 206; Metnorie, p. 203 et s., et dans Ughelli, op. cit. p. 204; et les extraits de chartes des années 1267 et 1286, dans Pansa, II, 53 et s., 137 et s.

3 Extrait d'une charte de l'année 1267 dans Pansa, II, 53 et s.

4 Pansa, I, 91; Ughelli, VU, 203; Caméra, Storia di Arnalfi, p. 206; id. Me~ moric di Amalfi. p. 200.

8 Voyez la plainte rédigée en 1244 par le Baile vénitien Marsilius Georgius (Taf. et Thom. II, 398); il pouvait se réclamer à juste titre des articles des anciens traités (ibid. I, 85, 88 , 90, 92).

e Annal Jan. p. 24, 31.

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