‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 4 sur 145 · I. — Époque de Justinien et de ses successeurs · texte numérisé non relu

I. — Époque de Justinien et de ses successeurs

lement Ceylan, où toutes les nations maritimes de l'Océan Indien envoyaient alors leurs vaisseaux faire l'échange de leurs marchandises. Les marchands d'Occident y trouvaient, à côté des produits du pays, la soie de Chine, des clous de girofle, du bois d'aloës ou de santal produits de l'Indo- Chine apportés, comme la soie, par des vaisseaux chinois1; en longeant, au retour, la côte du Malabar, ils pouvaient s'y o apprivisionner de poivre, charger à l'embouchure de l'Indus le musc du Thibet, etc. etc.» V

Si les Perses étaient maîtres du commerce de l'Inde, ce n'est pas qu'ils n'eussent absolument aucun concurrent. Le royaume chrétien cTÊthiopie, expédiait également du port d'Adulis des navires qui allaient aux Indes vendre les produits de l'Afrique, tels que l'encens, la casse, N les émeraudes, l'ivoire, très abondant en ce pays, et prendre comme fret de retour des produits des Indes.8 C'était donc une route de plus ouverte au commerce entre l'Occident et l'Orient La communauté d'intérêts religieux et politiques créait entre l'Ethiopie et Byzance une foule de points de contact: une communauté d'intérêts commerciaux en était le corollaire inévitable: les Éthiopiens commandaient au sud la sortie de la mer Rouge, dont l'empire de Byzance possédait la partie septentrionale, et les Grecs préféraient recevoir les marchandises du Levant des mains des Éthiopiens chrétiens, leurs amis, que de celles de leurs ennemis, les Perses, adorateurs du feu. Aussi un grand nombre de marchands des territoires byzantins allaient-ils en Ethiopie, soit par\ AlOa (Altajiah) et le golfe de ce nom, soit par Alexandrie, chercher à la fois les produits de l'Afrique et ceux de l'Inde; quelques-uns même s'y embarquaient pour les Indes sur des vaisseaux éthiopiens.* Naturellement, en revendant aux Grecs les marchandises des Indes, les Éthiopiens faisaient un bénéfice et ils attachaient beaucoup de prix au maintien >de ce commerce de transit: aussi, le jour où le roi juif de l'Yémen (au

1 Richthofen, (China 1, 520 et s.) montre que les chinois allaient avec leurs navires tantôt plus tantôt moins loin vers l'Ouest, mais que leurs relations avec Ceylan, dont l'origine remonte à l'époque des Tsin, rois de l'Est (317—419), étaient très actives; cela ressort également des annales chinoises. Cependant il paraît douteux que les Chinois, après avoir touché à leur point d'attache ordinaire, remontassent avec leurs propres vaisseaux jusqu'à Hira sur l'Euphrate; ceux qui ont avancé ce fait vivaient plusieurs siècles plus tard. Richthofen l'admet trop facilement.

* Les emprunts faits jusqu'ici à Cosmas se trouvent de la p. 337 à la p. 339. 178; cf. Germann, Die Kirehe der Thomaschristen p. 134 — 139.

' Ibid. p. 139, 339. Dans Palladius, De gentibus Indice et Bragmanibus , éd.

Bissœus, p. 59, Amhrosius désigne spécialement Muziris (Mangalore), sur la côte du Malabar, comme but des navires marchands éthiopiens.

* Cosmas, p. 139, 338; Joh. Malalaa, éd. Bonn, p. 433.

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sud de l'Arabie) Dhou Nowas fit massacrer les marchands grecs qui traversaient son territoire pour gagner l'Ethiopie, le roi de ce pays prit la chose fort mal et lui déclara la guerre (vers 525) \

Cependant, pour faire venir les marchandises des Indes par la mer Rouge, les Grecs avaient d'autres ressources que les navires éthiopiens. Us possédaient au nord de cette mer un port fortifié, nommé Clisma» (Kolzoum, près de Suez); tout le trafic de ce port ne se bornait pas à recevoir des vaisseaux et des marchands étrangers venant des Indes; il y expédiait lui-même des vaisseaux, et l'empereur grec y entretenait un fonctionnaire (Logothète) qui faisait régulièrement le voyage une fois par an, évidemment pour y chercher des marchandises.3 L'auteur auquel nous empruntons ce détail affirme que Clisma était le seul port situé en territoire grec où vinssent atterrir des vaisseaux retour des Indes. Mais un pèlerin chrétien du VIe siècle4 vit non seulement à Clisma, mais aussi à Alla, sur le golfe de ce nom, des vaisseaux arrivant des Indes avec des produits de ce pays, et il est de tradition constante chez les Arabes, que, dans les temps antérieurs à l'Islamisme, Aïla était une ville commerçante et une station de douane où allaient jeter l'ancre les vaisseaux arrivant de l'Yémen, de l'Inde, de la Chine et d'autres pays.5 De là, des caravanes transportaient leur chargement en Palestine ou en Syrie. Les Grecs avaient encore près de 111e de Jotabe (aujourd'hui Tirân) une station de douane où les vaisseaux qui se dirigeaient sur Clisma devaient s'arrêter au passage pour acquitter les droits frappés sur les produits de l'Inde6. De Clisma ces marchandises gagnaient la Méditerranée à dos de chameau ou même par eau; car le canal creusé dès la plus haute antiquité pour relier la mer Rouge au Nil,7 achevé sous les Ptolémées et réparé par Trajan, existait encore

1 Asscmani, Bihliotheca oriental',*. T- 1. p. 869; Joh. Malalas, loc cit.; voy. Grfttz, Geschichte der Juden, V. p. 449 et s. Grâtz se refuse à admettre que ce soit le roi d'Éthiopie qui ait attaqué, mais Malalas l'appelle roi d'Axum, et Axum était la capitale de l'Éthiopie.

* C'est ainsi qu'il faut écrire et non Clysma, comme on le fait généralement; voy. Vivien de Saint-Martin, Le Nord de l'Afrique,P(uria 1863, p. 245.

s Voyez dans Petrus Diacouus, De locis mnctùs (éd. Tosti, Storia délia badia di Monte Cassino, II), p. 135 et s., une intéressante notice sur Clisma à l'époque de la domination byzantine.

* Itinerarium Ânionini Placent itn\ éd.

Tobler, St. Gall. 1863. p. 42, 44, ou dans Tobler et Molinier, Itinera hierosolymiiana bellis saerù antrriora I, 113, 115. 378 et s.

4 Ritter, Erdk, XIV, p. 61 et ss.

8 Theophanes, éd. Bonn. I, 218.; cf.

Exeerpta c Malehi hùtoria, p. 232 et s.; Procop. De bello pers. I. 19.; Id. Ariccdota, éd. Isambert, p. 564; Ritter, op. cit. XHI, 221. XIV, 19.

' Letronne, Reclierches sur le litre De memura orbis terra par Dicuii, Prolégomènes p. 9 et ss.; Humboldt, Krit.

Unters. ûber die huit. Entw. der geogr. Kcnntnisse ton der neuen WeU, I, 416 et s.

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(du moins jusqu'au commencement du VIe siècle); plus tard il s'ensabla: les Arabes le remirent encore une fois en état et l'entretinrent pendant un certain temps. Enfin, outre Clisma et Alla, le célèbre port de Bé-) rénice1 servit au moins jusque pendant le IV0 siècle: les marchandises des Indes, débarquées dans ce port, prenaient la voie de terre vers la Thébaïde et de là descendaient le Nil. Les Byzantins recevaient donc par diverses voies les produits de l'Asie orientale et méridionale. D nous resterait peut-être encore une route commerciale à signaler; c'est celle qui, partant du centre de l'Asie, longeait la côte septentrionale de la mer Caspienne et allait aboutir soit à la mer d'Azow soit en Crimée, aux points où les Grecs de Byzance avaient établi comme avant* postes les villes de Bosporus et de Cherson. La question serait de savoir si cette route servait déjà à l'époque de Justinien et si ces villes durent leur prospérité -incontestable, comme plus tard Tana et Caffa, à cette circonstance que les produits de l'intérieur de l'Asie venaient y aboutir avant de se répandre en Occident. Pour moi, je ne le crois pas. D'abord, en ce qui concerne Bosporus (aujourd'hui Kertch), les sources nous apprennent seulement qu'elle était en relation avec ses voisins les Huns;* mais les Huns de cette région ne faisaient pas le commerce des marchandises du Levant; ils n'apportaient sur le marché que les pelleteries du Nord.3 Pour Cherson, c'est autre chose, à ce qu'il semble. Parlant de ce marché, Jordanès 4 dit que les marchands avides y apportent les trésors de l'Asie. Ce qui faisait l'importance de Cherson, c'était surtout qu'elle expédiait aux Grecs les produits des pays septentrionaux et mettait à la disposition des barbares du nord les marchandises qui affluaient dans l'empire grec. Parmi ces marchandises, celles de l'Orient étaient des plus estimées et des plus recherchées par les barbares. Aussi les marchands grecs de Colchide, d'Asie -Mineure, de Byzance, portaient-ils avec empressement sur ce marché les épices et les fines étoffes du Levant: et c'était surtout par l'intermédiaire des habitante de Cherson que les barbares des régions situées au nord du Pont, les Goths, par exemple, compatriotes de Jordanès précisément, achetaient ces articles précieux. Je ne crois pas me tromper en interprétant le passage de Jordanès en ce sens; pour moi il n'y a rien qui puisse signifier que les marchandises du Levant aient suivi une route passant

1 Epiphanius, Âdr. furreses, cap. 66. ritime, à côté d'Aïla, de Clisma et de L (Opp. éd. Dindorf. III. 1. p. 17); Pal- Jotabe.

ladius Ep., Hi*t. Iximiaca dans la BiM. * Jobaone» Malalaa , éd. Bonn. p. 432.

tel. pair, graee. lai. (éd. Ducœus, Par. 1624, II, p. 997); Aeta Aretha dans Boissonade, Anecdota gr<tcay V, 45, où Bérénice est désignée comme station ma-

■ Jordanès, Ortie, c. 5 (éd. Mommsen), Mon. Oerm. antiq. V. 1, p. 63.

* Jordanès Qetic. ibid.

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par le sud de la Russie actuelle. Que, plus tard, après l'époque de Justinieu, quand les rapports politiques se fhrent tendus entre la Sogdiane et la Perse, une partie des marchandises du Levant ait été provisoirement dirigée par cette voie sur l'empire grec, cela est possible; c'est un point sur lequel nous aurons bientôt l'occasion de revenir, en poursuivant l'histoire du commerce de la soie.

Justinien cherchait avant tout à affranchir le commerce de la dépendance des Perses et à faire tomber le monopole qu'ils s'étaient arrogé sur l'article le plus précieux, les soieries de la Chine. Quand il fut démontré que les Éthiopiens n'étaient ni assez forts ni assez entreprenants pour atteindre ce but, le problème parut un instant insoluble. Heureusement l'empereur réussit à se procurer des œufs de vers à soie, rapportés par des moines missionnaires, qui avaient pénétré jusqu'au cœur des pays de production, probablement dans le Khotan (vers 552). 1 Cest ainsi que la fabrication de la soie prit naissance dans V empire grec et, dès 568, Justin II, successeur de Justinien, pouvait la montrer en pleine activité à un ambassadeur turc qui se trouvait à sa cour.* Cependant il se passa encore bien des années avant que l'industrie indigène pût produire assez de soie brute pour satisfaire à tous les besoins; pendant longtemps encore elle dut faire venir de Chine la plus grande partie de la matière première et les meilleures qualités de soies et subir les dures exigences des Perses, intermédiaires obligés de ce commerce. Cette ambassade turque de 568 parut précisément une occasion favorable pour arriver par une autre voie au but cherché. Mais cette question est intimement liée à des changements dans la situation politique de l'Asie centrale, changements dont il faut parler pour faire comprendre la suite des événements.

Justinien était encore sur le trône à l'époque où, au centre de l'Asie, une tribu turque, nommée Toukiou par les Chinois, arrivait à un haut degré de puissance. Des environs du lac Balkhach, où se trouvait la résidence de son grand-khan,8 d'un côté elle étendait sa domination sur l'Asie centrale jusqu'à la frontière occidentale et septentrionale de

1 Procop. De bello gotkicoïV, 17, Exeerpta e Uieophatm historia, éd. Bonn, p. 484. D'après la démonstration que donne Richthofen, (China 1, 450 et s.), il paraît très probable que le Serinda de Procope n'est autre chose que le Khotan.

1 Theophan. ibid.

* On peut arriver à déterminer approximativement la situation de cette résidence au moyen de trois repère*, qui sont:

d'abord la description de la route commerciale du Nord, dans la Relation de Peikiou (voy. plus loin) ; puis la Relation faite par le Zemarchos Byzantin sur son ambassade; elle se trouve dans les Exe. e Menandri hist. p. 381 et as., enfin la Biographie du pèlerin chinois Hioitenthsang par Hoeili et Yenthsong, publ. p. Stanislas Julien, p. 66 et as.

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la Chine, pour qui elle devenait un fâcheux et dangereux voisinage; de l'autre côté elle se répandait le long de l'Oxus, soumettait le Turkestan et le Tokharestan, la Boukharie et tout les pays jusqu'à la mer Caspienne et anéantissait l'empire des Huns Ephtalites. 1 Au sud-est, la puissante chaîne des monts Hindou-Khouch fut le premier obstacle capable d'arrêter ses progrès.2 Le nouvel empire turc formait donc comme un coin enfoncé entre la Chine et la Perse; toutes les marchandises expédiées de la Chine vers l'Occident devaient forcément voyager sur son territoire pendant un temps plus ou moins long. Nous possédons à cet égard des détails très précis, résultant du rapport adressé par Peikiou, gouverneur de la frontière chinoise, sur l'état des routes commerciales de l'Asie centrale au commencement du VII0 siècle.8 Il y en avait trois, reliées entre elles par des routes secondaires, de sorte qu'il était facile de passer de l'une à l'autre Toutes partaient de la frontière chinoise et commençaient par la traverées du désert de Gobi. Le premier point habité qu'atteignait la route du nord était l'oasis de Hami ou Khamil (nommée à cette époque Igou);4 de là elle remontait au nord, coupait les montagnes voisines du lac de Barkoul (nommé alors Pouloui),5 traversait la Dzoungarie actuelle, touchait aux environs du lac Balkhach les établissements de la tribu ouigourique des Thie-le,6 puis la résidence du grand -khan des Toukious; en se prolongeant vers l'ouest, elle atteignait, le fait est certain bien qu'elle ne soit pas désignée dans le rapport, la ville de Talas, située sur la rivière de même nom, lieu de passage célèbre dans tout le Moyen-Age, où Hiouenthsang avait déjà

1 Exe. e Menandri hist. p. 354; Theophan. p. 485. Theophyl. Simoc, p. 283.

' Sur l'empire des Toukiou et son extension, voy. Visdelou, Supplément de la bibliothèque orientale, p. 40 et s. ; Klaproth, Tableaux historiques de l'Asie^ p.jllB et ss. ; Stanisl. Julien, Documents historiques sur les Toukious, dans le Joum. asiat., Série VI, t. m. On n'a pu bien se rendre compte de l'extension qu'il avait prise vers l'ouest et le sud que depuis qu'on connaît la relation du voyage de Hiouenthsang (Mém.

I, p. 16, 17 et s., 23 ; II, p. 190—195, 478 et s. ; cf. sa biographie par Hoeili et Yenthsong. p. 61).

3 Neumann, Asiatische Studien, I. p.

187 et «s.; Ritter, Asien, V. p. 563 et s.

Nous n'avons pas à nous occuper des trois routes commerciales que décrit, d'après des sources beaucoup plus anciennes, Abel Rémusa t. Remarques sur l'extension de l'empire chinois. 1. 1. p. 121 s.

4 Vivien de Saint-Martin, notes & Hiouenthsang, Mémoires, II, 263.; Ritter, A si en, I, p. 367.

• Ritter, Asien, vol. I, p. 879. Stanisl. Julien, dans le Journ. asiat., Série IV. Vm, p. 239. H me paraît un peu hasardé de ne faire qu'un du lac Pouloui et du lac Lop, comme le prétendent Neumann, Op. cit., p. 193 et Richthofen, China I, 530.

6 Sur les résidences de cette tribu, voy. Ritter, Op. cit, p. 345, 441.; Klaproth, Tabl. hist. de l'Asie, p. 127.

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trouvé établis (vers 630) des marchands de différents pays;1 la route traversait ensuite un fleuve coulant vers le nord, qui doit être le Syr- Daria (l'Iaxarte); à partir de là le rapport ne désigne plus que les points extrêmes, Byzance et la mer de l'Ouest, expression qui, chez les Chinois, a de nombreuses significations. Tandis que la route du nord passait par les territoires les moins cultivés de l'empire turc, la route du centre traversait les plus riches et les plus cultivés. Elle longeait au sud les monts Thian-Chan, passant par Tourfan, Kara - Char, Koutché, districts où Hiouenthsang trouva aussi un certain mouvement commercial et de riches mines en exploitation,8 traversait le col de Térek à l'ouest du Kaschgar, puis se dirigeait par les provinces du Ferghâna et de l'Osrouchnah sur les anciens marchés de la Sogdiane, Samarkand et Bokhara; de là elle s'infléchissait vers le sud-ouest, traversait Merv et atteignait l'empire des Sassanides. 3 Enfin la troisième route traversait la partie méridionale de l'empire turc. Le voyageur qui entreprenait de la suivre avait d'abord une longue traite à faire à travers le désert, au sud-ouest du lac Lop, jusqu'aux royaumes de Khotan et de Yarkand, qui, à cette époque, avaient atteint un haut degré de civilisation: après avoir dépassé ces royaumes, il traversait probablement les hauts plateaux du Pamir, les provinces du Badakschan et de Tokharestan, et atteignait enfin l'Inde par les défilés de Bamian et de Gazna (Afghanistan). *

Ainsi, quelle que fut la direction suivie pour gagner l'occident, la soie et les autres produits de la Chine et de l'Asie orientale en général passaient par le grand empire turc Nous ignorons dans quelle mesure les Turcs eux-mêmes, peuple de pasteurs et de guerriers encore à demi nomade, servaient d'intermédiaires; mais, sur le territoire commandé par eux, il y avait, çà et là, des tribus commerçantes sédentaires. Hiouenthsang traversa le territoire d'une de ces tribus, lorsque, s'écartant de la route du centre, après avoir traversé, au nord de la ville actuelle d'Aksou, le mont Muz-tag et longé le lac Issikoul, il faisait route de ce lac vers Talas. La tribu et la province avaient nom Souli, la ville principale Souché (actuellement Tokmak); il y avait là des marchands de divers

1 Mém. I, p. 14; Bretachneider (Notices ofthe mediœtal geography p. 38) et Richthofen (China 1, 642 et s.) démontrent que l'antique Talas devait se trouver soit, sur l'emplacement du fort actuel de Aulie-ata, soit dans le voisinage.

■ Mém. I, p. 2 — 4. Hist. de la vie de Hiouenthsang p. 47 et s.

* Pour cette route, voir la relation de voyage de Hiouenthsang, et Abel Rémusat, Nour. mélang. asiat., I, p. 200 et ss.

Klaproth, Magasin asiat. I, 120 et ss.; Ritter, Asicn, V, 570 et ss., 660 et ss.; Richthofen, China I, 530.

4 A sou retour en Chine, Hiouenthsang suivit presque exactement le même chemin ; en suivant sa relation et s'aidant de l'excellent commentaire de Vivien de Saint-Martin, on retrouve presque toutes les stations de cette route méridionale. Cf. Richthofen, loc. cit

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