‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 43 sur 145 · I. Les états croisés au 1er siècle de leur existence · texte numérisé non relu

I. Les états croisés au 1er siècle de leur existence

tapis et des étoffes entièrement en soie.1 Sous la domination franque, on continua à fabriquer dans cette ville des étoffes de toute beauté.* A Tripoli, le tissage de la soie occupait un grand nombre de bras. L'une des versions de la Description de la Terre -Sainte de Burkhard, conservée jusqu'à nos jours, porte le nombre des ouvriers occupés au tissage de la soie et du camelot, dans cette ville, à 4000 et plus.3 Il est à remarquer que ce chiffre correspond exactement à celui de Makrizi; cet historien dit, en effet, qu'à l'époque de la reprise de cette ville par le sultan Kelaoun, événement qui eut lieu peu d'années après le voyage de Burkhard en Syrie, il y avait 4000 métiers en activité.4 Tyr avait la spécialité de précieuses étoffes blanches qui s'exportaient au loin; les soieries sorties de ses fabriques s'écoulaient également en Occident,6 et les étoffes fabriquées par les tisserands syriens du quartier vénitien étaient tellement recherchées que bien souvent, dit -on, les vaisseaux vénitiens attendaient qu'elles fussent terminées pour les emporter en Europe. La plupart de ces étoffes étaient teintes de diverses couleurs ; la nature y avait pourvu et les matières tinctoriales se trouvaient dans le pays même; la vallée du Jourdain produisait l'indigo,6 les environs de Damas et la vallée de l'Oronte fournissaient la garance;7 enfin la mer déposait sur le rivage de Tyr la pourpre,8 ce coquillage célèbre dès l'antiquité. L'industrie de la teinture jouissait ainsi d'une prospérité égale à celle du tissage et, fait à signaler, elle était presque entièrement concentrée entre les mains des Juifs.9

Enfin la Syrie possédait des fabriques de poteries fines10 et des verreries. Le verre de Tyr conservait toujours l'antique réputation due à sa transparence extraordinaire; deux causes y contribuaient:

1 Ouill. de Tyr, V, 23.

" Edrisi, II, 131: Assises de Jtrus.

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