I. Fondation des colonie* commerciales
les sources historiques ce mot de 2tev6v pour désigner le quartier juif. En 1077, c'est à dire quelques années avant l'époque où l'empereur Alexis Ier concéda aux Vénitiens la région "ab Hebraica ad Viglam", un terrible incendie réduisit en cendres les maisons des Juifs.1 Jusqu'au règne de Manuel, le stratège du quartier {ôrpatrjybç tov 2tevoù) était le seul juge auquel ils pussent avoir recours.2 Quand Benjamin de Tudèle visita Constantinople , il trouva encore ses coreligionnaires à Péra; ils n'allaient à Constantinople que pour les affaires de leur commerce et s'y rendaient en bateau.8 Us avaient également leur cimetière à Péra, c'est Nicétas qui le dit4 Enfin ajoutons, pour en finir avec le quartier juif (Juerie), qu'en 1203, les croisés ayant trouvé le port barré par une chaîne, ce fut dans le Stenon (VÈstanor) qu'ils allèrent s'établir.5
Il est donc bien démontré qu'il ne faut pas traduire par l'expression "quartier juif" le mot Hebraica qui se trouve dans le diplôme accordé par Alexis aux Vénitiens, ni le mot Judeca, désignant la même localité, qu'on lit dans un autre document vénitien, postérieur seulement de huit années. Le texte original grec ne nous fournissant pas l'interprétation authentique du mot, il ne nous reste qu'à la demander à un écrivain digne de foi, parfaitement au courant des actes d'Alexis et des localités de Constantinople, Anne Comnène; elle dit que le terrain concédé par l'empereur aux Vénitiens s'étendait depuis l'ancien quai des Juifs (anb rfiç naXmàç iâpaïxrjç 6xâ\aç) jusqu'au corps de garde dont nous allons reparler tout à l'heure. Maintenant^ sur quel point les Juifs avaient-ils l'habitude ou plutôt étaient- ils obligés de débarquer en venant de Galata? ce détail n'est malheureusement indiqué nulle part; cependant, dans deux documents du XIIIe siècle, il est question d'une jmrta ebraica comme faisant partie du quartier vénitien;6 de plus, il résulte du plus récent des deux documents que cette porte des Juifs menait au palais du Drangaiïos, ou, comme on dirait maintenant, à l'Amirauté;7 il est plus que probable que c'est la même qui portait, à la fin du siècle, le nom de porta Drungarii:6 mais nous n'en sommes pas plus avancés pour cela Voyons donc si, par un autre chemin, nous n'arriverons pas à nous rapprocher de notre but. Un siècle et demi plus
p. 190 et as.; Wilken, Vber dût Verhàltnime der Russen xum byxant. Reirhe dans les Abhandl. der Berlin. Akad., 1829, p. 85 et 8., 102.
1 Mich. Attal. p. 252.
* Zacharife, Jus graeco-ronianum, III,
1 Benj. de TudèL, éd. Asher, I, 65 et s.
4 Nicét. p. 382.
6 Villehardonin, éd. de Wailly, p. 88.
fl Taf. et Thom. II, 6, 271.
' "Porta qua exitur ad Drungarium, quae dicitur Ebrayki."
8 Taf. et Thom. m, 139. Le texte original grec, dans Miklosich et Muller,