‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 62 sur 145 · Byzance sous les Comnènes et les Anges · texte numérisé non relu

Byzance sous les Comnènes et les Anges

pour vrai ce que disent les auteurs que nous venons de citer: leurs récits, d'ailleurs, sont assez généralement puisés à des sources authentiques. Ainsi, nous serions ici en présence d'un cas particulier, celui d'un individu chargé d'abord d'une mission auprès de l'empereur et désigné à l'avance pour remplir, pendant plusieurs années 1 après l'accomplissement de sa mission, les fonctions de chef de la colonie. Dans des chartes appartenant à une époque postérieure, nous trouvons les fonctions d'ambassadeur et celles de chef de la colonie attribuées à des personnages différents; les premiers sont qualifiés de legati, missatici, nuntii, les seconds de vicecomites.* Les ambassadeurs pouvaient être accessoirement chargés de l'exécution de telle ou telle mesure organique dans la colonie; mais, en principe, du moins à partir de 1160, le représentant régulier et permanent de la mère-patrie dans la colonie était le vicomte, nommé d'année en année. Ainsi, en 1169, une ambassade fut envoyée à Constantinople ; aucun des trois personnages qui la composaient n'était désigné pour les fonctions de chef de la colonie, mais ils étaient accompagnés d'un fonctionnaire nommé à cet emploi, le vicomte Marcius. Ce Marcius est le premier d'une série de quatre à cinq vicomtes dont nous connaissons les noms.3 On ne trouve qu'une seule fois à côté du vicomte le nom d'un cornes Pisanorum (Raynerius);* mais ce qualificatif paraît être le titre personnel de ce Raynerius et non celui d'une fonction coloniale, et le personnage en question est probablement le même que celui dont on rencontre le nom dans une autre charte: Raynerius cornes de SegalariS Règle générale, on ne trouve que des vicomtes comme chefs de la colonie. Les détails de leurs fonctions officielles étaient réglés soit par des instructions spéciales auxquelles ils juraient de se conformer, soit6 par les lois en vigueur dans la mère-patrie, soit par les traités; dans les circonstances particulièrement graves, ils réclamaient l'assentiment de tous les membres de la colonie.7 Quelques documents administratifs, quelques textes de jugements nous seraient de la plus grande utilité

1 D'après Roncioni, p. 256, le séjour de Duodi à Constantinople se serait prolongé jusqu'après l'élévation au trône de l'empereur Manuel (1143).

* Doc. suite relax, tosc. p. 8, 10, 62; Monum. spect. hist. Slav. merid. I, 10.

s Marcius, 1169, Mon. Slav. merid. L L; Prior "ante persecutionem Andronici:" Doc. suite relax, tosc. p. 81; Gérard us Marzucci, 1195, 1197, ibid. p. 67, 72: Gerardua Arcossi (?) 1199: ibid. p. 76—78; Sigerius Cinami, 1199-1200: ibid. p. 74 et s., 82.

* En 1196; Doc. p. 67.

6 Doc. p. 94.

6 Cela semble indiqué par les expressions employés au début de la reddition de comptes de Sigerius Cinami: „prout suo sacramento vicecomitatus continebatur" Doc. p. 74.

' P. ex. quand il s'agissait d'équiper un vaisseau sur la réquisitiou de l'empereur; Doc. p. 77.

260 Deuxième période.

— I. Fondation des colonies commerciales.

pour nous donner une idée de l'importance de leur rôle à ces deux points de vue ; aucun n'est parvenu jusqu'à nous ; à peine possédons-nous quelques registres de recettes et de dépenses qui prouvent qu'au nombre de leurs fonctions était comprise celle d'administrateurs de la caisse communale ; en cette qualité, ils faisaient rentrer les loyers des maisons, des terrains, des échelles de débarquement, des boutiques de changeurs (banci) appartenant à la colonie en général, et la part afférente à la communauté dans les biens laissés par les colons décédés sans testament-, ils payaient les dépenses de la colonie; la reddition de leurs comptes se faisait en audience solennelle dans l'église de S1 Nicolas en présence des légats, lorsqu'ils se trouvaient à Constantinople.1 Us avaient sous leurs ordres d'autres fonctionnaires: des embolarii (surveillants des marchés) et des scalarii (surveillants des échelles); dans l'exercice de ses fonctions judiciaires, le vicomte était assisté par des judices.*

Si rares que soient les renseignements qui nous sont parvenus sur l'administration des colonies pisane et vénitienne, nous en possédons du moins quelques-uns, tandis que les sources génoises, celles du moins qui ont été publiées jusqu'à ce jour, ne nous fournissent aucun éclaircissement sur l'organisation de la colonie génoise de Constantinople ni sur son administration ecclésiastique. Sur ce sujet comme sur le précédent, nous devons nous borner à ce que nous savons des colonies vénitienne et pisane.

Toutes les fois que les colons vénitiens de Constantinople obtenaient en commun quelque nouvelle acquisition, la part des églises de Venise était largement assurée. D'une part, c'étaient les empereurs grecs euxmêmes qui, dans leurs actes de concession, assignaient expressément à l'église de S1 Marc de Venise8 telle ou telle part des revenus; de l'autre, c'étaient les doges qui faisaient donation d'une partie des bâtiments ou terrains concédés en faveur de leur patrie, à divers monastères tels que S. Giorgio Maggiore, S. Niccolô4 etc. A Constantinople même, les Vénitiens possédaient déjà, antérieurement au grand diplôme d'Alexis (1082). l'église grecque de S1 Akindynos,6 qui avait, par privilège, la garde des poids et mesures employés pour toutes les affaires traitées par des Vénitiens dans l'intérieur de la ville.6 Outre cette église, ils en avaient encore d'autres, fondées probablement par eux-mêmes : l'église de St Marc et son monastère, succursale de S. Giorgio maggiore de Venise, l'église de Ste Marie dite de embulo pour la distinguer d'une autre du même

1 Doc. tuile relax tose. p. 74—78; cf. 72.

» lbia\ p. 8, 18, 74 et s.

■ Taf. et Thom. I, 62 , 97, 117, 183.

4 lbid. I, 55 et sa. La donation faite à S1 Nicolas est mentionnée accessoirement dans le diplôme relatif à S* Georges.

6 Ibtd. I, 52, 68.

« lbid. I, 68. D est fait plusieurs fois mention de cette église ibid. 127, 12», 132, 227, 281.

IL Byznnce sotis les Cotnnhies et les Anges. 261

titre, l'église de S1 Nicolas; en tout, au moins quatre églises.1 Deux bulles des papes Adrien IV et Alexandre ELI 2 autorisaient le patriarche de Grado (Venise) à installer un évêque à Constantinople et dans les villes de l'empire grec, si l'importance de la colonie l'exigeait, ou si les Vénitiens y avaient plusieurs églises: aucun des documents connus ne démontre qu'il ait été donné suite à cette autorisation.

Les Pisans possédaient à Constantinople deux églises, S* Nicolas et S* Pierre; la première faisait partie de la donation primitive d'Alexis, l'autre avait été construite par eux dans leur quartier:8 leurs dépendances comprenaient un hôpital et un cimetière, et elles avaient une fortune assez considérable en maisons, et en revenus assurés sur les recettes des poids et mesures et des échelles de débarquement etc.* Les deux églises avaient un prieur commun,5 mais elles dépendaient étroitement de la cathédrale de Pise, de sorte que ce prieur n'était en somme qu'un gérant (baUitts) administrant au nom du maitre des œuvres de la cathédrale (operarius operœ S. Marîae Pisanœ majoris ecclesiae). Les revenus des deux églises se composaient tant de loyers et du produit de certaines taxes, que des rentes de fondations pieuses; à son entrée en fonctions, le prieur s'engageait par serment à les verser dans la caisse de la cathédrale de Pise, déduction faite des sommes nécessaires pour l'entretien des églises et du culte. Il était interdit de vendre, de mettre en gage ou d'employer à un but d'utilité publique les objets précieux appartenant aux deux églises, sans l'autorisation du maitre des œuvres de la cathédrale.6 En dehors de ces deux églises affectées au culte catholique -romain, les traités garantissaient aux Pisans une certaine place dans l'église grecque de Ste Sophie: l'objet de cette clause était probablement d'assurer au vicomte pisan une place dans les grandes

1 Taf. et Thom. I, 98 et ss., 125-138, 280 et b.

' Armingaud, 1. c. p. 427 et ss.

* Le diplôme d'Isaac le repète par deux fois: Doc. suUe relax, tosc. p. 60, 55. Le practicum traditions, qui forme le complément de ce diplôme, désigne l'Église de S4 Pierre comme "a Pisanis erecta (àvtruf&tïoa)" ; plus loin, il dit que les deux églises ont été "a Pisanis ediftcatse (xTM>*fi<rai)u , p. 47, 56, mais ceci est en contradiction avec les termes du diplôme. L'église de S* Nicolas parait avoir été la plus ancienne; il est en parlé dès l'année 1141 (Doc. p. 4). Mais, de ce que, dans son privilège, l'empereur

Manuel ne parle que de l'église des Pisans, au singulier (Doc. p. 64), ce n'est pas une raison pour conclure que l'autre n'aurait été construite que postérieurement à 1170: on se tromperait, car on peut suivre l'historique des deux églises dans les chartes, à partir de 1160 (Doc. p. 8, 10, 12 etc.).

4 Doc. p. 10, 18 et s., 70, 75, 93.

5 En 1180, cette place était occupée par un certain Petrus (Doc. p. 18, 81 et s.); il eut pour successeur, en 1197, un nommé Benenatus (Doc. p. 79, 81 et s.) qui resta en fonctions longtemps après la prise de Constantinople par les Francs (ibid. p. 84 et .sa., 88, 93 et s.).

« Doc. p. 10, 18 et s., 70, 93.

262 Deuxième période. — Z Fondation des colonies commerciales.

cérémonies religieuses, de même que les colons avaient un certain nombre de places réservées à l'hippodrôme pour les fêtes civiles (courses etc.).1

Nous avons exposé à tous les points de vue l'état des relations des villes de Venise, de Pise et de Gênes avec l'empire grec avant la quatrième croisade ; il ne nous reste plus, pour terminer ce chapitre, qu'à donner, en quelques lignes, un aperçu des rares documents qui constatent les relations des autres pays d'Occident avec ce même empire. Nous avons vu que, par suite d'une disposition de l'empereur Alexis Comnène, les colons Amalfitains tenant boutique à Constantinople étaient tributaires de l'église de S1 Marc de Venise. Quand Amalfi fut tombée dans la dépendance des rois normands, les empereurs grecs lui retirèrent toutes leurs faveurs: de leur côté, au mois d'août 1135, les Pisans portèrent un coup funeste à cette ville et à sa marine; alliés de l'empereur allemand Lothaire dans sa guerre contre le roi normand Roger, ils prirent à la lutte une part active et profitèrent de l'occasion pour courir sus aux navires marchands de leur vieille rivale, les piller et les brûler en partie; ce désastre fut le point de départ de la décadence d' Amalfi. Elle s'obstinait cependant à conserver son établissement de Constantinople, En 1192, à propos d'une extension demandée pour le quartier pisan, l'empereur Isaac en fit faire une description: on y voit que le quartier et le quai des Amalfitains étaient limitrophes de ceux des Pisans.2 A côté de cette fondation d'ancienne date, prolongeant sans bruit son existence, nous pouvons en signaler une nouvelle. Si Amalfi avait perdu la faveur des empereurs, Ancône au contraire fut comblée par Manuel des témoignages de sa bienveillance; c'était la récompense de sa bonne volonté à se faire l'instrument des intrigues et des machinations de l'empereur. C'est probablement de cette époque que date l'existence d'une colonie anconitaine à Constantinople; en 1199, le prieur des Anconitains de cette ville signait un protocole dans une affaire concernant le prieur pisan; ce détail prouve que les Anconitains avaient leur église propre a Constantinople,8 d'où l'on est en droit de conclure à l'existence d'une colonie. D est bien permis de ranger encore au nombre des peuples italiens les gens de Ragnse, car l'élément slave, qui prit plus tard tant

1 Doc. p. 53.

* Doc. mile relax, tosc. p. 56 et 8. : ils étaient à l'ouest par rapport à ceux des Pisans: cela ressort des expressions rà A»[>Ti&trta toïç 'A ftahftfvoU; xorà to «(/ôç Svntv (compté à partir des Pisans) /"V**- et d'autres encore; voy. Paspati, SvU.. p.

156; Bx>l. fit)., p. 154, 156.

3 Doc. tulle relax, tosc. p. 82. Ils

faisaient des voyages d'affaires à Constantinople et dans l'empire grec en général ; témoin ces expressions de Jac. Boncompagni dans sa relation du siège d'Ancône en 1174 (Murât SS. VI, 930): uporro Anconitani multi abcrant qui causa nego-

tiandi erant in urbe Constantinopoli-

tana et Romania."

II Btfzance sous les Comnènes et les Anges

d'importance parmi eux, était alors à peine sensible: certaines annales rapportent que Manuel leur accorda le droit de bourgeoisie à Constantinople;1 il est vrai qu'elles sont d'une époque beaucoup plus récente et qu'elles ne mentionnent à l'appui aucun document authentique; néanmoins, il n'est pas impossible qu'il y ait là-dedans un fond de vérité, car on sait que, dans sa lutte contre Venise, Manuel comptait Ragusc parmi ses alliés.

Pour ce qui est des autres nations représentées dans l'empire grec, leurs sujets y étaient extrêmement clairsemés. En 1142, Conrad III, de la maison de Hohenstaufen, demanda à l'empereur Jean Comnène, en faveur des Allemands résidant à Constantinople, la concession d'un terrain suffisant pour la construction d'une église : cette demande fut accordée soit par Jean Comnène, soit par son successeur Manuel; dans une lettre postérieure, Conrad annonce à Manuel le départ d'Embrico évêque de Wurtzbourg, envoyé à Constantinople en qualité d'ambassadeur (1145), et le prévient que son agent est chargé de traiter quelques questions relatives à l'emplacement de cette église.* On a prétendu que cette église était fondée spécialement pour les soldats allemands ; il y en avait effectivement beaucoup à Constantinople, et le roi allemand en avait récemment envoyé au secours de Jean Comnène; mais il est impossible d'admettre ce fait passager comme motif de la fondation, d'autant moins que, précisément, dans sa lettre Conrad établit une distinction bien nette entre ces soldats et les Allemands pour qui l'église doit être construite. Il faut donc supposer que c'étaient des marchands, et si l'on en veut une preuve, on la trouvera dans le diplôme du mois de juin 1189, par lequel l'empereur Isaac, commettant un acte d'une illégalité flagrante, enlève aux Français et aux Allemands, pour les donner aux Vénitiens, deux quartiers avec échelles de débarquement, dont les premiers avaient eu jusqu'alors la jouissance en vertu d'une décision impériale.8 Pour sa justification, Isaac prétextait que l'acte de concession en faveur de ces colons n'avait pas précisé le loyer à payer par eux et que le montant en était abandonné au hasard, et que, de plus, la concession avait été faite non pas à l'ensemble des Français et des Allemands, mais à quelques individus obscurs et sans attaches avec leur nation (paucis quibusdam extorribus et maxime incognitis). Pour ne nous occuper que des Allemands,4 nous

1 Luccari, Copiaso rùtretto degli annali di ftausa^ Venise, 1605, p. 22. D'après cette source (p. 27), Alexis, ftls.de Manuel (ou plutôt ses tuteurs), aurait confirmé les privilèges des Ragusains.

» Otto Frising, dans Perte, SS. XX, 364, 365; cf. Jaffé, Konrad III, p. 101, 103; Oiesebrecht, Oesch. der detUscheti KaiserzeÙ, IV, 465, 468, 497.

3 Taf. et Thom. I, 208 et s.

4 Nous trouvons encore une mention de ces Allemands dans Guntherus, Hist.

Cpol. Il rapporte que lorsque Constantinople fut prise pour la deuxième fois par les croisés (12 avril 1204) un grand nombre de Grecs furent massacrés ua quibusdam Francis, Italis, Venetis, Teutonicis et aliarum nationum hominibus, qui prius

264 Deuxième période. — /. Fondation des colonies commerciales.

nous demandons d'où pouvaient bien venir ces marchands, assez dénués de liens avec leur pays pour n'avoir derrière eux aucune autorité capable de leur assurer respect et protection? venaient -ils des villes du Danube, de Vienne ou de Ratisbonne? étaient-ils arrivés par terre ou par mer? ou bien étaient-ils originaires des pays riverains de la mer du Nord, de Brème ou de Cœlln et s'étaient -ils rendus à Constantinople sur leurs propres navires? la concession de quais faite à eux personnellement semblerait démontrer que leurs vaisseaux leur appartenaient ; ou bien parcouraient-ils les mers sur des vaisseaux d'autre nationalité et n'avaient-ils choisi Constantinople que comme point d'attache ? nous nous abstiendrons de trancher ces questions. Quant aux colons français dépossédés également par Isaac, on peut affirmer, preuves en main, qu'ils étaient originaires des villes commerçantes du midi de la France, comme "les Français" qui fréquentaient à Thessalonique la foire de S1 Démétrius, concurremment avec les Espagnols et les Portugais.

L'empire latin.

Le monde grec vivait, à l'égard des croisés d'Occident, dans un état de transes perpétuelles ; on avait le pressentiment d'une catastrophe dont Constantinople serait la première victime. Plus d'une fois, les Grecs faillirent la faire éclater par leurs propres fautes. En 1147, pendant le passage de l'armée commandée par Louis VU, l'attitude des Grecs fut si provoquante, l'irritation si vive dans les rangs des croisés, que le roi eut toutes les peines du monde à se défendre contre leurs instances, qui ne tendaient à rien moins que de le pousser à une coalition avec le roi normand Roger, pour donner l'assaut à Constantinople.1 Dans des circonstances analogues, Frédéric Barberonsse agita pendant quelque temps dans son esprit le projet d'enlever de vive force la capitale de l'empire. Il avait pris ses quartiers d'hiver à Andrinople; comme il lui fallait une flotte pour avoir des chances de réussite, il chargea son fils Henri, par une lettre du 16 novembre 1189, d'entamer des négociations avec les villes maritimes d'Italie ; Gênes, Ancône, Venise et Pise sont nommément désignées; le prince devait leur proposer d'équiper une flotte et de l'expédier sur Constantinople au mois de mars de l'année suivante, de sorte qu'on pût l'attaquer simultanément par terre et par mer. Pisc consentit à donner son concours à cette entreprise et envoya à Barberousse un ambassadeur; quand celui-ci le rejoignit, l'empereur avait

cum eis in ipsa urbe habitare conmieve- Exuvùr zatrœ Opot. I, 102): c'était une

rant, sed tempore obsidionis expulsi pro vengeance.

eo, quod de proditione suspecti rivions 1 Kugler, Studien xur GcschichU <fc*

habebantur, nostris adhaeserantu (Riant, xtreitett Krmxxugs. p. 141, 142.

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